Chapitre 21

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Felinka Klein

Pouvoir avoir Amalia dans mes bras est une chose que j'espérais secrètement pendant des semaines et voilà que nous sommes toutes deux dans son lit, enlacées.

— Tu as fini de me mater ?

Elle se tourne pour que nos regards se croisent et son visage endormi est l'une des plus belles choses sur cette terre. Il doit être neuf heure et demi, peut-être dix... Je m'en moque bien.

— Jamais, murmurais-je en guise de réponse.

Elle roule des yeux avant de chercher à s'extirper de mes bras, je la laisse faire, elle me tourne le dos pour s'asseoir au bord du lit. Son pyjama dinosaure a beau être adorable je préfèrerais milles fois voir sa peau encrée de noir.

Elle se redresse et s'étire tel un chat et je trouve ça adorable, même le petit couinement qu'elle laisse échapper me fait fondre. Elle se tourne pour me regarder.

— Debout chaton, toi et moi on a cours !

Je ne réponds pas immédiatement, elle veut vraiment aller donner cours alors que nous pourrions rester paisiblement  allongée dans un lit, au chaud et au calme.

— On pourrait rester au lit, tentais-je sans bouger d'un millimètre.
— Et se faire réduire le salaire ? Tu n'en a peut-être pas besoin mais moi si chaton et puis j'aime quand même mon travail l'air de rien !

Je soupire avant de céder à ses désirs quittant la chaleur du lit pour la suivre dans sa cuisine. Elle frotte ses yeux en baillant et je ne doute pas qu'elle doit être fatiguée. Je le suis aussi.

— Tu déjeunes avec quoi ?

Je m'approche tout en passant mes bras autour de sa taille, collant ainsi son dos à ma poitrine. Je pose quelques baisers dans le creux de son cou avant de répondre.

— Du café, répondis-je.

Elle s'active dans la préparation de café mais quelque chose sonne étrangement faux, je ne sais pas comment le décrire mais elle semble différente.

— Amalia, tout va bien ?

Elle ne se retourne pas directement et ne me répond que par-dessus l'épaule. J'attrape son coude pour la forcer à se retourner, elle me regarde différemment, comme si je la gênais.

— Tu as détesté à ce point ? Murmurais-je, tu regrettes ? Tu m'en veux ?

Elle fronce les sourcils avant de poser la tasse vide qu'elle tenait dans les mains.

— Pourquoi penses-tu ça ?
— Quelque chose cloche, Amalia, je le sens, alors dis-moi, qu'ais-je fais de mal ? Que t'est-il arrivé durant ces satanées épreuves ?

Elle soupire, vidant tout l'air de ses poumons entre nous, ses mains touchent mon corps avant que ses bras ne m'enlacent pour que son visage se loge dans mon cou. Tout se mélange dans ma tête, mon ressenti et la réalité se rentrent dedans frontalement.

— Je ne m'en souviens pas bien mais il y avait une petite fille au mieux d'un groupe, ils l'ont tuée alors que je devais le faire puis je les aient tués en hurlant à plein poumons, avoue-t-elle.

Je m'écarte pour croiser son regard peiné, la mort n'est pas un problème pour moi, enfin, c'est littéralement ma meilleure amie et je n'ai plus de conscience, rien n'est mauvais tant que cela est justifié.

— La fin justifie les moyens Mein Liebe, tu ne dois pas t'en vouloir de ce que tu dois faire pour survivre, il n'y a que les faibles qui se font dominer par la conscience morale d'un fait nécessaire.
— Non Felinka c'est un truc d'humain, me reprend-elle, et tu devrais en avoir.
Liebe je dois tuer pour me nourrir, tout comme toi, ripostais-je, la différence c'est que je m'attaque au fléau de la planète tandis que vous, les humains, vous tuez des bêtes innocentes.

𝐊𝐈𝐋𝐋𝐄𝐑 𝐐𝐔𝐄𝐄𝐍 [𝐓𝐄𝐑𝐌𝐈𝐍𝐄́𝐄]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant