Chapitre 9

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PDV Yuki :

Le gymnase se vidait doucement, et les derniers éclats de rire des joueurs résonnaient dans la pénombre, étouffés par les murs. La lumière dorée du crépuscule baignait les lieux d'une teinte douce, presque irréelle, contrastant avec ce que je ressentais. Aomine était là, entouré de filles qui semblaient toutes fascinées par lui. Encore. Collées à chacun de ses sourires, accrochées à ses mots. Je restais en retrait, adossée au mur, serrant mes bras contre moi et mordillant ma lèvre pour garder mon calme.

Depuis qu'on avait décidé de garder notre relation secrète, j'avais accepté de ne rien montrer, de rester discrète pour éviter les soupçons. Mais voir ces filles se presser contre lui, rire à chaque mot qu'il lâchait sans gêne, était un supplice silencieux. Il ne les encourageait pas directement, je le savais, mais le voir ne rien faire pour les repousser m'irritait. Une part de moi voulait hurler, attirer son attention, le ramener à moi pour marquer ce qui était censé être "à moi".

Finalement, Aomine se détacha du groupe et me rejoignit dans le couloir. À peine arrivé, je lui lançai un regard froid et commençai à marcher sans un mot vers la sortie. J'étais sur le point de lui dire ce que je ressentais vraiment quand la porte s'ouvrit brusquement devant nous, et Momoi apparut.

Momoi : Vous vous êtes encore disputés ?

Moi : Non, mais ça ne va pas tarder.

Elle haussa les épaules, un sourire amusé aux lèvres.

Momoi : D'accord, alors au revoir.

À peine Momoi avait-elle disparu qu'Aomine soupira derrière moi.

Aomine : Qu'est-ce que t'as ?

Moi : Tu ne vois vraiment pas ce qui me dérange, Aomine ?

Aomine : Si c'est à cause des filles de tout à l'heure, c'est rien, Yuki. Elles sont juste là pour le fun. Rien de plus.

Moi : Rien de plus ? Elles te tournent autour comme des mouches ! Elles te touchent le bras, rient à toutes tes blagues... et toi, tu restes là, impassible, comme si ça ne te faisait rien ! Tu ne leur dis même pas d'arrêter.

Il soupira, passant une main dans ses cheveux.

Aomine : Si je leur dis quelque chose, ça va paraître louche, non ? On s'était dit qu'on restait discrets. Ecoute, ce n'est pas parce que je leur parle que je m'intéresse à elles.

Je le fixai, sentant une tristesse sourde m'envahir.

Moi : Moi je veux juste sentir que je suis la seule pour toi, et que ça te dérange autant que moi quand quelqu'un s'approche trop. J'ai besoin de le sentir, même si personne ne doit le savoir.

Il me regarda, l'expression indéchiffrable. Il n'avait jamais été doué pour exprimer ce qu'il ressentait. Et, face à moi, il semblait à la fois perdu et sincèrement touché. Il finit par murmurer, hésitant :

Aomine : Je suis désolé. J'essaie juste de faire ce qui est le plus sûr pour nous deux. Peut-être que je n'ai pas réalisé à quel point ça te blessait.

Moi: Parfois, je me demande si ça en vaut la peine... si toi et moi, ça ne restera pas juste... un secret de plus.

Je vis ses yeux se durcir légèrement, comme si mes mots l'avaient blessé. Il s'approcha de moi, sa main trouvant mon visage avec une douceur rare chez lui.

Aomine : Ne dis pas ça. Bien sûr que ça en vaut la peine... Tu comptes beaucoup pour moi, Yuki. Ce n'est pas parce que je ne le montre pas en public que ce n'est pas vrai.

Moi : Alors... prouve-le. Montre-moi que je compte vraiment. Pas devant tout le monde, mais juste pour moi, ici, maintenant.

Il me fixa un instant, puis, sans un mot, posa doucement son pouce contre ma joue, son regard plus tendre que je ne l'avais jamais vu. Dans ce geste, il me montrait enfin cette tendresse qu'il gardait d'habitude si bien cachée.

Daiki Aomine x readerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant