Réconfort

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En sortant de la douche, mon corps me mène machinalement vers le paquet que j'ai reçu ce soir. Une odeur douce a pris place dans la pièce, et pourtant, la boite que je m'apprête à ouvrir ne me dit rien de bon. La vision du présent me prends aux tripes et comme si on m'observait, mon regard fait le tour de la pièce pour m'assurer que tout n'est qu'une illusion de ma paranoïa. Ma main se pose sur le bouquet et j'observe les fleurs avec attention. Recevoir un tel bouquet est si rare, si bizarre.

Des orchidées noires

Des orchidées

Noires

Noires

Morbide.

Mes pensées macabres m'obsèdent. Qui a bien pu m'offrir des orchidées noires. Après avoir recherché leur symbolique sur internet, les frissons et le malaise qui parcourent ma peau ne veulent pas disparaitre. Je ressasse les mots qui emplissait la carte et une sorte de peur s'installe dans mon estomac. Qui peut bien être ce personnage. Je sais que la psychose est ma spécialité, alors je refoule souvent les signaux que m'envoie mon corps. Cependant, ce soir, mon instinct me cris à l'aide et mes sens sont en alerte.

« Bismillah » je murmure avant de défaire le noeud qui décore la boite.

Un hoquet de surprise me prend en ouvrant la boite en carton. plusieurs dizaines de pétales de roses rouges emplissent la boite. Des pétales rouge bordeaux, un rouge très foncé. Mais plus surprenant encore, les fleurs son sèches, mortes. Entre mes doigts, elles s'effritent et se brisent.

Je fouille la boite et en ressort une lettre

« Alyah,

Un prénom exquis et plein de sens pour une femme exquise, délicate et pleine de passion. Et comme un secret murmuré au creux de l'oreille, ma passion pour toi est intime et discrète. Mon attention ne t'est pas familière, elle t'est même étrangère. Je suis un spectateur invisible, un inconnu dans ton monde et pourtant, toi, Alyah, tu es tout ce que je connais, tout ce que je veux connaître.

Tapis dans l'ombre, mes yeux ont vu en toi une lumière que tes yeux ne reflètent pas. Parfois, quand les regards ne sont pas braqués sur toi, ton masque tombe et l'âme de la petite fille fragile qui dors en toi se révèle au grand jour. Tes mains tremblent légèrement et le rouge qui empourpre tes joues habituellement prend repos. Ton sourire vacille, et comme une fissure dans mon âme, mon coeur rate un battement. Et quand tes joues, si souvent baignées de cette douce lumière, perdent leur éclat pour se teinter d'une pâleur désespérée, je sais que ton âme crie à l'aide. Une supplique silencieuse que seuls ceux qui te comprennent vraiment peuvent entendre.

Chaque fois que ton cœur se brisera, je serai là pour en ramasser les morceaux. À mains nues, s'il le faut. Même si les éclats me lacèrent la peau, je ne reculerai jamais. Ton désespoir n'est pas un fardeau pour moi, il est un appel. Un lien. Ton chaos intérieur est la plus belle chose qui soit, car il te rend réelle, authentique. Nous sommes faits de la même matière, toi et moi : le désespoir et la colère. Alors, ton âme et la mienne sont jumelles, âmes soeurs.

Il est vrai, que certaines beautés ne peuvent être possédées mais la tienne ne résulte pas de celles qui me sont inaccessibles. Tu ne le sais pas encore, mais ton âme m'appartient.

N'aies pas peur. Je serais toujours là, derrière toi. J'attendrais que ton coeur s'ouvre à moi et lorsque tu seras fin prête, alors tu m'apercevras au loin. Un jour, tu te laisseras tomber, et je serai là pour te rattraper avant que le vide ne t'avale.

Et ce jour là seulement, tu sauras.

S. »

Mon corps entier se crispe et ma vue se brouille, comme sil était prêt à briser ma cage thoracique, mon coeurs bat à une vitesse inquiétante. Il bat à s'en rompre. La pièce tourne autour de moi et l'atmosphère change. La lettre entre les mains, je la lis et la relis, en long et en travers.

DestinOù les histoires vivent. Découvrez maintenant