Chapitre 4

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  La balle arrivait là où je voulais. Sander avait compris où je voulais viser. Le son de la balle me surprit, que je fermais les yeux et je reculais un peu.
  Quand je rouvrais les yeux, Di Castro était mort. La balle entre les deux yeux. Et le sang qui commençait à fuir le corps sans vie.
  Brodie et Sirsja arrivaient dans la salle.
- Cae, retourne à tes affaires, m'ordonnait Brodie.
  Je ne me plaignais pas et je me dirigeais en vitesse dans la salle. Il activa la porte pour que je puisse entrer. Je me remis à ranger sérieusement.
  Tout le monde devrait bien s'en sortir. Je l'espérais. J'y croyais.
  J'allumais ma carte pour écouter. Mais je me suis dite que s'ils me faisaient confiance, ils me diraient. La confiance avait besoin de temps. Alors j'éteignais. Et je me suis mise au boulot.
  C'était fini.
  Le cauchemar. Di Castro. C'était fini. J'espérais que personne n'allait prendre la mafia à la tête, même si je pensais que c'était impossible. Alors j'espérais que le prochain leader soit meilleur que Di Castro. Et qu'il ne cherchera pas à le venger.
  Je remplissais les coffres rapidement mais en prenant soin. Il fallait à tout prix qu'aucun objet ne se casse. Chacun avait une valeur sentimentale, plutôt de descendance, et un réel prix que je préférais ignorer.
  Je n'ai pas trouvé le compte de la mafia anglaise, mais celui de Brodie oui. Il est très bien protégé, et je me suis assurée qu'il soit encore mieux protéger. Le compte de Brodie tournait dans les dix milliards. Et il en dépensait comme il en gagnait. Enfin, il en gagnait toujours plus. D'après mes calculs, il gagnerait trois fois plus que ce qu'il dépense. Oui, donc, pas autant qu'il en dépense.
  Je demandais à déjeuner dans le Coffre, et un garde apportait mon déjeuner. J'en profitais pour réfléchir à comment ranger dans les coffres. Après avoir fini mon déjeuner, je renvoyais le plateau, et je me remettais au travail. Plus je finissais de ranger, plus j'aurais le temps de m'occuper des dossiers.
  Dans le coffre, le temps passait très vite quand on rangeait. Je n'avais même pas vu mon après-midi passé.
  Un garde frappait à la porte tandis que je déposais un paquet de dossiers.
- Monsieur Brodie vous signale que c'est le déjeuner.
- D'accord, merci.
  Le garde referme la porte du couloir. Je referme la porte du Coffre. J'appelle Brodie pour être sûre que ce sont bien ses ordres. Il ne s'agit pas de simples messages, ça c'est un message qui pourrait tenter un des gardes à voler des choses qui ont une valeur d'héritage et de richesse.
- Je vais venir te rejoindre, me dit-il.
  Je l'attends. Il vient en compagnie de Vic. Brodie verrouille tout et avec des gardes, ils commencent à remonter les coffres que j'ai rempli.
  Je me lave les mains dans la cuisine avant d'aller m'installer à la table. Doug et Sander sont assis, et semblent attendre que tout le monde soit présent.
  Je m'assis à côté de Sirsja qui tient Jo.
- Qu'est-ce qu'ils font ici, demandais-je en ramassant ma fourchette qui était tombée.
  Quand je lève mes yeux vers Sirsja, elle me sourit simplement. Et ça m'agace.
  Doug et Sander ne sont pas sur leurs cartes, ils regardent le décor de la pièce. Elle n'a pas encore vidé et les six tableaux sont toujours accrochés. Je me demande si certains ont été volés. Ou plutôt, ils ont été volés à qui.
  Ça devient gênant que Brodie ne se montre pas.
- Qu'est-ce que vous faites ici, demandais-je au bout d'un moment.
  Sander et Doug m'observent. Et tous les deux sourient comme Sirsja le fait. Mais en moins bien.
- On nous a invités à dîner. Tu n'es pas contente de nous revoir, demande Sander.
  Je ne suis pas très confiante. Je hausse les épaules.
  Ça ne sent jamais bon, quand tout le monde est réuni.
- En quelle occasion, me renseignais-je.
- Hum... Pour fêter que tu ais tué Di Castro ?
  Pourquoi quand il mentionne Di Castro, ça me fait ni chaud, ni froid ? Je ne me souviens même pas de m'etre lavée comme je l'avais fait avec Fernandes.
  Suis-je devenue une meurtrière sans raison au bout d'un deuxième meurtre ? Je suis une meurtrière. Tout est dit dans la nomination.
- Vous serez invités à dîner chaque fois que je tuerais quelqu'un, demandais-je ironiquement.
- Faudra juste nous prévenir si on ne l'apprend pas, dit Sander avec un sourire.
  Je passais mon regard de Sander à Jo. Innocent, et dans le futur, un futur assassin, à la tête d'une mafia. Je me demande quels âges avaient Brodie, Sander et Doug quand ils ont tué leurs premiers hommes.
- Garde moi Jo une petite minute, je vais aller chercher Brodie, me souffle Sirsja.
  Elle me pose Jo entre mes bras. Il tient assis tout seul, mais mes bras l'entourent.
  J'avais oublié la mission de ce soir.
- Tu te plais ici, demandait Doug.
  Jo tire sur la nappe en coton. Il joue avec.
- Evidemment, répondis-je avec un petit sourire.
  Je regardais Doug. Il esquissait un sourire de sympathie.
  Sander m'observait. Jo n'arrêtait pas de tirer la nappe de la table. Et j'avais sous-estimé sa petite force.
  Sirsja revenait rapidement avec Brodie. Il s'excusait du retard.
  Les serveurs nous servaient.
- T'es plus jeune que moi et tu as déjà un enfant, faisait remarquer Doug.
- J'espère surtout avoir le temps de lui apprendre tout ce que mon père a appris.
  Meurt-on jeune quand on fait parti de la mafia ? Je sais que mon oncle est mort. Mes parents aussi. Les Fernandes, Di Castro. L'age est de plus en plus bas.
  Monsieur et madame Carver ont une quarantaine et cinquantaine. Mais monsieur Carver a partagé l'héritage avec Doug. Quand je vois d'un point de vue externe, je ne vois que Sander comme une roue de secours.
- Vous devriez vous y mettre aussi, conseillait Brodie. Au début c'est dur, mais ça nous forge nous même. Et on a une raison de plus de se battre.
  Doug et Sander sourient large.
- Comment tu as rencontré Sirsja ? Demandait Sander.
  Sirsja tournait sa tête vers Brodie comme pour faire passer son avis.
- Longue histoire, répondit Brodie.
- Nous avons le temps, dit Sander.
  Nous finissons le plat.
- Pas assez, dit Brodie avec un sourire.
  Le dessert était apporté et ensuite, Brodie nous dit, à Sirsja et moi, d'aller coucher Jo.
- Bonne soirée mesdames, dit Sander.
- Bonne soirée.
  Je souriais à Sander et à Doug avant d'assoupir mon sourire à Brodie.
  Il était près de vingt heures et demie quand on a couché Jo. Ensuite, Sirsja m'a emmené dans une pièce avec pleins de vêtements.
- C'est une part de la vie d'appartenir à la mafia, c'est de jouer ton rôle. C'est la pièce où ton personnage vit.
  Je voyais ça. Il y avait des vêtements et des accessoires de partout que je ne comprenais pas comment Sirsja faisait pour se repérer.
- Il y a beaucoup de vêtements.
- Oui, confirmait Sirsja. Mais quand on aura fini le ménage, Brodie a prévu de déplacer tout ça dans une pièce adéquate.
- Tu as déjà porter tous ces vêtements, demandais-je en touchant certains matériaux.
  Cela passait de la soie à de la maille.
- Ce sont des générations de costumes. Tiens. Viens. J'ai trouvé ton costume.
  Moi j'avais perdu Sirsja dans les vêtements.  Mais je réussissais finalement à la trouver. C'était une petite robe noire. Une vraiment petite robe.
- Euh... Je pense pas pouvoir rentrer dans la robe.
  Sirsja jetait un coup d'œil à la robe.
- Pas du tout ! Tu vas rentrer facilement. Va l'essayer.
  Elle me donna la robe, me dit de passer derrière le paravent.
- Bon, j'espère retrouver les chaussures... Et le sac.
  Je l'entendais de moins en moins.
  Je mettais déshabiller pour enfiler la robe. Elle était en effet à ma taille, parfaite, mais beaucoup trop courte pour moi. Elle ne m'arrivait même pas mi-cuisse.
- Sors.
  Je n'arrêtais pas d'essayer de la tirer vers le bas. Je suis sortie du paravent.
- C'est vraiment très court.
- Non. C'est normal. Tu sais que les filles de ton âge portent ce genre de choses ?
- Pas pour draguer des vieux mecs.
  Sirsja haussait un peu les épaules.
- Ça dépend desquelles.
  Sirsja tenait dans ses mains des talons aiguilles avec plusieurs lanières.
- Je ne vais pas pouvoir marcher avec.
- T'as une heure pour apprendre.
  J'enfilais les chaussures sous le regard de Sirsja.
- Marche maintenant.
  Je marchais en essayant de ne pas tomber. C'était réellement compliqué.
- On dirait que tu te retiens de ne pas pisser, disait Sirsja.
  Elle allait presque en rire.
- J'ai pas l'habitude, dis-je en soupirant.
  Sirsja se leva de la chaise devant la coiffeuse.
- Imagine que tu es légère.
  J'essayais d'imaginer que j'étais légère. Je marchais surtout plus vite dans la petite allée.
- C'est un peu mieux. Mais on dirait toujours que t'as envie d'aller aux toilettes.
  Je soupirais.
- Déjà jamais tu soupireras. Tu te tiendras toujours droite, confiante. Les talons aiguilles, c'est beau...
- Ça fait mal, rajoutais-je.
  Sirsja se retenait de rire.
- Mais c'est surtout une arme. Tu peux transformer le talon en arme, insistait Sirsja. Installe-toi, je vais te coiffer et te maquiller.
  Je m'assis avec soulagement dans le fauteuil en velours.
- Tu as déjà tué quelqu'un avec le talon d'une chaussure ?
- Plus d'une mission.
- C'était le but des missions ?
- Non. Le but d'une mission c'est toujours d'attraper quelqu'un. Pas de le tuer. Mais si quelqu'un essaye réellement de te tuer et que tu ne peux plus le maîtriser, tu es obligée de devoir le tuer.
  Je vois à travers le miroir que Sirsja me brosse les cheveux. Elle semble prendre plaisir.
- Tu n'as jamais pensé à te couper les cheveux, me demande-t-elle.
  Je hausse les cheveux.
- Je les aime bien longs.
  Elle me fait un sourire bienveillant.
- Tu préfères que je te les coiffe ou que je te pose une perruque ?
- Comme tu veux.
  Sirsja me coiffait les cheveux. Elle les boucla serré à l'anglaise, mais mes cheveux s'assouplissent au bout de quelques minutes.
- Tiens. Il faut que tu règles la carte d'identité.
  Elle me passa une carte d'identité vierge.
- Un nom anglo-japonais, tu dois être majeure.
  Je réglais la carte d'identité.
  Sirsja me maquillait encore plus que j'ai l'habitude de faire.
- Ah oui...
- Tu parais plus jeune que ce que tu fais déjà. Et là, avec le maquillage, j'espère que tes dix-neuf ans le font.
  Je paraissais très artificielle et beaucoup plus mature.
- Bon. Là-bas il y aura Goto.
  Elle me montra une photo sur la tablette à côté de la coiffeuse. C'était un type dans la quarantaine, d'une corpulence généreuse et il semblait petit en taille.
- Il y aura probablement des gardes japonais autour. Ou peut-être pas, parce qu'il est plus libre. Tu devras le draguer, et l'amener dans les toilettes. Et tu l'assommes et tu frapperas deux fois contre le mur et claqueras quatre fois des doigts.
- Drôle de code.
- Pas de commentaire. Vic sera dehors et te rejoindra pour prendre Goto. N'oublie pas son statut : il est le meilleur ami de Sato, mais il est surtout l'associé de Sato, s'il disparaît, on aura des problèmes. Déjà qu'avec l'hôtel...
- J'ai compris.
- Bien. Allez essaye de remarcher.
  Je me suis levée et j'ai réajusté ma robe.
  Elle avait deux bretelles larges qui joignaient le buste en coeur avec une fermeture en argent au centre.
- C'est toujours pas ça.
  Sirsja enleva ses talons pour une paire semblable à la mienne.
- On va essayer dans le couloir.
  On ressortait en passant devant les tonnes de vêtements.
- Comme ça, dit Sirsja en marchant.
  Elle marchait facilement avec.
- Ta démarche doit séduire. Tu dois montrer que tu as confiance en toi.
  J'approuvais de la tête et je l'imitais.
- Ça va un peu mieux. Continue à marcher.
  Je faisais des allers et retours. Sirsja me remontrait parfois pour que je me rende encore plus compte.
- C'est pas grave, dit-elle avec un grand soupire. Il faudra que tu t'assis vite.
  Elle me sourit doucement.
  Sirsja m'accompagnait jusqu'au garage où Vic m'attendait, habillé en smoking. Les gardes d'extérieurs étaient toujours habillés en smoking. À l'intérieur du domaine, ils étaient libres. Et s'ils n'étaient pas de services, ils ne portaient pas.
  Avant de me laisser à Vic, elle me répéta tout :
- Vic va te déposer à quelques pas du bar. Toi, tu marcheras jusqu'au bar et tu entreras avec ceci.
  Elle me passa le petit sac à main que j'enfilais.
- Goto a l'habitude de s'asseoir au bar et de commander deux vodkas. Toi, tu commanderas un saké.
- On n'a jamais parlé d'alcools, dis-je avec un peu d'inquiétude.
- Ne t'inquiète pas. J'ai mis dans ton sac une pastille. Tu l'avaleras dans la voiture. La pastille va absorber l'alcool.
  J'étais rassurée que Sirsja ait pensée à moi.
- Donc, tu commanderas un saké à côté de lui et ça va l'intriguer. Tu inventes ce que tu veux pour le charmer, n'hésite pas avec le décolleté. J'aurais dû te passer un push-up, pensait Sirsja.
  J'espérais que Vic n'entendait pas. Parce que je crois devenir rouge.
- Tu l'emmènes dans les toilettes et tu l'assommes. Je ne t'ai pas demandé si tu savais le faire.
- Entre le cou et la clavicule ?
- Oui. Mais j'ai aussi ça.
  Sirsja sortit de son sac un bracelet en argent. Il était large et métallique.
- Tu mettras ça sous son nez, pendant de bonnes secondes et il va s'évanouir.
  Sirsja me l'attacha au poignet.
- Tu l'as inventé ?
- Il faut bien inventer certains gadgets pour filles. N'oublie pas de fermer sa bouche pour qu'il inspire le bracelet.
  Je hochais la tête.
- Dès qu'il est évanoui, tu frappes deux fois contre le mur avec la fenêtre, et tu claques quatre fois des doigts.
- Compris.
- Bien. File et apporte nous Goto.
  Sirja me souriait et je le lui rendais avant de rejoindre Vic.
- Prête ?
- Prête.
  Vic m'ouvrit la porte et je m'installais dans la voiture noire. C'était une voiture très classe. Je ne m'y connaissais pas en voiture, mais celle-là était très belle.
- Tu connais le code, me demandait Vic.
- Deux coups, et je claque des doigts quatre fois.
- Bien.
  J'inspirais et j'expirais doucement.
- Stressée ?
- Comment je ne le serais pas ? T'as l'habitude de faire ce genre de trucs ?
- Non. Je suis juste un garde.
  J'essayais de faire le vide dans ma tête.
- Mais quand c'était ma première semaine, je stressais un peu pour tout. Il fallait que tout soit parfait, que personne ne meurt. Mais des que j'ai répété tout ce que je faisais, j'allais mieux, disait-il.
- Tu crois que je vais continuer à faire ce genre de choses ?
- C'est ce que Monsieur Brodie et Madame Sirsja font tout le temps. Ils se maquillent pour piéger les autres.
  Je fronçais les sourcils.
- Ça parait horrible de ta bouche.
- Loin de là, avouait Vic.
  Je jetais un coup d'œil. Il esquissa un sourire.
- Ces hommes font du mal à notre famille. Notre famille, c'est la mafia, monsieur Brodie, madame Sirsja mais aussi tous les gardes, ceux qui sont ici et ailleurs. Quand quelqu'un fait du mal à ta famille, tu es obligé de riposter.
  Les paroles de Vic laissait à réfléchir. Et j'en oubliais un peu cette mission. Jusqu'à l'arrivée. À l'arrivée, j'étais complètement stressée. Et j'ai dû me vider la tête de force pour réussir à entrer avec assurance et ces talons de dix centimètres.
  Je n'étais pas tombée, ni foulée pour le moment. Et j'espérais pour le reste de la soirée.
  J'entrais dans le bar. Le parquet, en marbre, brillait. C'était un bar de luxe. Je repérais le Japonais. Heureusement pour moi, il y avait un bon nombre de clients, pour que je puisse rejoindre le bar sans attirer le regard du garde du secrétaire.
  Je m'asseyais à côté de lui. Il buvait déjà. Et il était sur sa carte. Malgré moi, c'était en japonais. Mais, je pouvais copier tout ce qu'il y avait sur sa carte.
- Qu'est-ce que je peux vous servir, me demanda le serveur.
- Un saké, demandais-je avec un large sourire.
  Certaines personnes aisées ne prennent pas le temps d'utiliser la politesse. J'intéressais justement Goto.
- Un saké pour une jeune fille comme vous ?
  Je me tournais en continuant de sourire.
- Pas si jeune que ça.
  Je trouvais ça tellement malsain consciemment. Mais pour l'instant ma conscience avait été remplacé par une autre conscience qui me disait de réussir à séduire Goto.
  Il sourit à son tour.
- Vous prenez un verre avec moi, proposais-je.
   Goto hésita. Mais je posais ma main sur la sienne.
- Vous n'êtes pas japonais ?
- Ça ne se voit pas avec mon accent ?
  Il demanda au serveur un saké pour lui aussi. Le serveur nous servit.
- Kampaï ? Demandais-je.
- Kampaï, confirma X surpris mais ravi.
  Nous trinquons avant de boire cul sec.
- Je n'ai jamais rencontré une fille aussi belle que vous.
   Je riais doucement.
- Vous n'êtes pas marié ? Demandais-je.
- Je n'ai pas eu le temps.
- Pas eu le temps, répétais-je surprise.
  Comment ne peut-on pas avoir du temps pour pouvoir rencontrer ? Surtout qu'il est l'adjoint du Yakuza, donc il doit rencontrer beaucoup de personnes.
- J'ai un travail qui m'occupe beaucoup.
- Et là ? Vous travaillez ?
- Non.
  Je sentais que c'était le moment de finir la mission.
- Peut-être... Que vous pourriez prendre du plaisir là...
  Je m'approchais de son oreille.
- Les toilettes.
   Le saké devait rejoindre ses vodkas, et évidemment qu'il acceptait de m'accompagner dans les toilettes. Je vérifiais qu'il n'y avait personne en entrant.
  Goto me poussa contre le mur que j'en fus plus que surprise. Il posa ses mains sur mes hanches et il essaya de m'embrasser.
- Viens m'embrasser, petite cochonne.
  Je passais une main derrière son cou et l'autre devant son nez.
  Goto fronça les sourcils. Ses mains baladeuses n'ont pas eu le temps.
   Je donnais deux coups dans les genoux pour qu'il tombe à terre, que je passe derrière lui. Je passais un bras autour de son cou, pour le menacer de l'étrangler, et un autre autour de son nez pour qu'il respirer le produit du bracelet, et fermer plus ou moins sa bouche.
  Quelqu'un entra dans les toilettes. Je regrettais de n'avoir pas bloqué les toilettes.
- Sander, demandais-je.
- Qu'est-ce que tu fous ?!
  Je sentis Goto m'attraper les bras et me jeter contre le mur en face de lui.
   Je confirmais qu'il avait beaucoup de force et j'eus du mal à respirer.
- Mafia. Mafia, répéta Goto.
  Sander alla s'occuper de lui et lui donnait un gros coup de poing. J'entendais la douleur.
   J'essayais de me relever même si ça faisait mal.
- San... Der, commençais-je.
  Ils se battaient à présent dans les toilettes. Les coups de poings de Sander fassent à des techniques bien différentes de Goto faisaient que le combat était plus qu'équitable.
  Sander comprit le point faible de Goto et attaqua dans les bras de Goto avant de le tenir par le cou. Un coup et il pourrait tuer Goto.
- Non Sander ! Stop ! J'ai besoin de lui.
  Je m'approchais de Goto et lui passais le bracelet en lui fermant la bouche jusqu'à ce qu'il s'évanouisse.
  Je jetais un regard contrarié à Sander. Il lâcha Goto qui glissait au sol. Au moins, il était évanoui.
- Tu devais le séduire ? Réclama-t-il.
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire ?
  Je m'approchais du côté du mur avec la fenêtre, et je frappais deux fois contre le mur avant de claquer quatre fois des doigts.
- Pars, conseillais-je.
  Je me tournais vers Sander. 
- Je suis en mission, me justifiais-je.
  Sander semblait un peu vexé.
- Rejoins moi après. Dehors du bar.
- Quoi ?! Pars.
- Rejoins-moi, insistait Sander.
- Non ! Pars ! Maintenant. 
  Je n'avais pas envie que Vic nous surprenne. Je ne voulais pas qu'il le dise à Vic. 
- Rejoins-moi, répétait Sander.
- Non !
- Rejoins-moi !
- D'accord, cédais-je. Pars maintenant !
  Au moment où Sander partait, Vic ouvrait la fenêtre.
- Ça va, me demanda-t-il.
- Oui, oui. Goto est évanoui. On fait comment ?
  La fenêtre me semblait trop petite pour que X puisse passer.
- Ne t'inquiète pas. Il va passer. Brodie a calculé ça avant.
- Okay.
  Ça m'étonnait que tout était millimétré.
- Attends, je vais entrer.
  Vic entrait facilement à travers la fenêtre. Il portait X et le sortait plus ou moins de justesse.
  Goto semblait gémir un peu. Se réveillait-il ?!
- Je vais vérifier dehors.
- Non, me retenait Vic.
- Le serveur va vouloir que tu paies.
- D'accord.
  Je m'inquiétais que Goto se réveille. Mais il passa finalement avec un bruit lourd qu'il était tombé dans le coffre de la voiture, mais qu'il ne s'était probablement pas fait trop mal. Et Vic en ressortait facilement. Il me tendit une main pour que je puisse sortir aussi.
  Vic ferma le coffre arrière où Goto dormait. Il alla m'ouvrir la porte et je pensais à Sander. Il voulait que je le rejoigne.
- Je vais appeler Brodie et Sirsja.
  Vic fronçait les sourcils.
- Ramene le au domaine. Brodie fera ce qu'il faut. Après tout ma mission c'était juste qu'il s'évanouit pour que tu le ramènes à la maison.
- Je ne suis pas sûr que je sois autorisé, avouait Vic.
- Je vais téléphoner là.
  Je sortais ma carte. Qui appelait ? Brodie ou Sirsja ? Sirsja me semblait plus compréhensive. Mais Brodie était le cousin et le chef. J'appelais Brodie.
- Il y a un problème ?
- Non. Goto est dans le coffre. Je voulais juste savoir si j'étais libre de la soirée.
   Je sentais Brodie surpris. Il réfléchissait. Après un moment de silence, à que j'observe Vic qui attendait une réponse, Brodie me dit :
- Oui, vas-y. Mais si tu rentres tard, ne fais pas trop de bruit.
- Ça marche.
  Je raccrochais. Quelques secondes plus tard, Vic reçut un message.
- Bonne soirée, me souhaita-t-il.
- Bonne soirée, dis-je aussi.
  J'étais un peu gênée mais des que Vic partait, je me retournais pour aller rejoindre Sander.
  Il se trouvait à deux pas du bar. Il était sur sa moto.
- J'ai cru que tu n'allais pas venir, m'avouait-il.
- Je tiens ma parole.
  Sander me sourit. Il me tendit un casque.
- Mets le.
  Je pris le casque et le mis. Il s'adapta à a tête et se forma.
  Sander enleva sa veste en cuir.
- Qu'est-ce que tu fais ?
  Il me passa la veste autour de mes épaules.
- Enfile là. Tu vas avoir froid.
- Et toi ?
- Tu me tiendras chaud.
  Je riais. Je montais à l'arrière de Sander. Il enfila son casque.
- Je pourrais te tenir par le cou, et t'étrangler.
  Sander tourna sa tête vers moi.
- Sérieux ? Je crois que les idées de morts te sont monter à la tête, dit Sander.
  Cela me calmait tout de suite.
- Et puis, si je m'évanouissais, je t'entraînerais dans ma chute.
  Sander démarra la moto.
- Ou pas, dis-je.
  Sander appuya sur l'accélérateur et on traversait Londres. Je m'accrochais à ses hanches. Je devais avoir peur de glisser. Et puis, je réchauffais Sander.
  Le vent emmenait mes cheveux. Je sentais les muscles de Sander. Et puis, ma tête posée sur le dos de Sander, j'observais le paysage de côté.
   On s'arrêta à un feu rouge.
- Où est-ce qu'on va ?
- Pourquoi ? T'es pressée de rentrer chez Brodie ?
- Non. J'ai tout le temps. Je suis juste curieuse.
  J'ai senti Sander sourire.
- Tu verras bien.
  Après le feu rouge, Sander a redémarré.
- Tu as peur des manèges ?
- Des manèges, répétais-je.
- Réponds.
- Euh...
  Sa question me déroutait.
- Non.
- Bah super.
- Pourquoi ?
  À ce moment Sander augmenta la vitesse de la moto. Je sais pas à combien on passa, mais je me tenais à Sander comme jamais. Je fermais les yeux et m'agrippait à lui.
  Et puis, je sentais qu'il ralentissait et je recommençais à ouvrir les yeux.
- Tu es sûr que tu n'as pas peur de la vitesse ?
  Il souriait, amusé. Il se moquait de moi.
- Tu voulais juste t'amuser à détruire mon brushing ?
- Depuis quand ça t'intéresse à quoi tu ressembles ?
  Je fronçais les sourcils.
- Explique-toi.
- Je dis que tu n'as pas l'habitude de te préoccuper de ton apparence.
  Sander me vexa. Je ne pense pas qu'une fille accepte cette critique.
- Tu fais la tête ? Demanda Sander.
- À ton avis, répondis-je d'un ton froid et cassant.
  Sander ne se corrigea même pas. Il n'essaya même pas de se rattraper.
  Je ne savais pas si c'était plus blessant que Sander se taise, ou s'il ne tente pas à me mentir.
  J'étais juste fatiguée et triste. Oui. J'étais triste qu'il pense que j'étais une fille comme ça. Je ne prêtais pas beaucoup d'importance à m'habiller, mais je faisais quand même attention à mon physique.
  On roulait sur une route vide, entouré d'arbres et Sander coupa pour rouler dans la forêt.
- Qu'est-ce que tu fais ?!
- Surprise !
  Plus on avança, plus je découvrais une terre d'herbe avec un lac.
  Sander éteignit sa moto. Ma robe s'était complètement relevée. J'étais plus que soulagée qu'il fasse nuit et que je portais la veste de Sander qui était très large. En me relevant, je réajustais la longueur robe en même temps.
- Et là, je ne me suis pas préoccupée de mon physique ?
  J'enlevais la veste.
  Sander m'observa des pieds à la tête.
- C'est pas toi. C'est un personnage.
- Qui te dit que je ne m'habille pas comme ça ? C'est noir.
- Oui, mais ce qui est court comme ça, pointa-t-il. C'est pas toi.
- Peut-être que si.
  Sander ria.
- C'est surtout peut-être que non. Sinon tu n'aurais pas dit "peut-être".
- Tu n'as pas eu l'occasion de me voir comme ça.
  Je montrais ma tenue.
- Alors ?
  Sander était perplexe.
- Vrai ou faux ?
  Je remettais sa veste. Il faisait trop froid.
  Je m'asseyais à côté de lui sur la moto.
- Je dirais faux.
- T'as bien raison, répondis-je avec un large sourire.
  On se tut pour regarder le paysage et entendre la nature.
  Il n'y avait réellement rien d'humain dans cet endroit, excepté la moto, Sander et moi. La nature régnait. Le lac qui bougeait à son rythme, les feuilles qui se touchaient, les animaux qui communiquaient.
- Ça t'a réellement blessé ce que j'ai dit sur ton apparence ?
- Sans rire.
  Je regardais les nuages qui commençaient à couvrir le croissant de lune. Puis qui se dégageaient.
- Evidemment que ça m'a blessé. À n'importe qui tu dirais ça, ça blesserait. Je me préoccupe de mon apparence comme tout le monde, mais j'y passe moins de temps que Sirsja ou n'importe quelle fille qui passe deux heures dessus.
- Désolé.
- Quoi ?
- Désolé.
- J'ai pas entendu.
- Hahaha, fit Sander ironiquement.
  Je riais et Sander m'imitait.
- Moi aussi j'ai été blessé, m'avouait Sander.
  Il me regardait.
- Quand tu as dis que je sortais avec cette fille, Lisara. C'était réellement juste une amie. Je l'aidais juste.
  S'il mentait, je lui aurais donné la palme de la palme du meilleur menteur.
  Sander soupira et se leva pour s'étirer.
- Viens. On va s'asseoir près du lac.
  Je me levais et je m'approchais du lac comme lui. On s'asseyait au bord de la terre.
- Quand j'étais petit, on venait pêcher. Les poissons sont petits et il est rare d'en pêcher. Mais de toute façon on les relâchait après.
- Tu habitais ici, demandais-je.
  Sander approuvait de la tête.
- Ouais. Pendant quelques jours ou semaines. Juste derrière toi.
  Je regardais derrière moi. C'était vide. Vivaient-ils dans les bois ? Dans une cabane ?
- Dans les bois ?
- Non, répondit Sander en riant. Juste derrière. Sur la terre plate. Là où on est assis.
- Il n'y a rien.
- Tout a été détruit par la mafia anglaise.
- Oh.
- Bref.
  Sander semblait vouloir oublier.
- Je pense qu'on est parti sur la mauvaise voie, déclara-t-il.
- Pourquoi ?
- Tamara et moi, dit-il.
  J'avais oublié Tamara.
  Sander se passa la main dans les cheveux.
- Hey. Moi c'est Sander, dit-il en souriant.
  Il n'avait pas tort.
- Cae.
- Cae tout court ? Demanda-t-il.
- Caenna, mais je préfère qu'on m'appelle Cae.
- D'accord, Cae.
  Je souris.
- Et toi ? Sander tout court ?
- Alecsander. Mais je préfère Sander.
- Pas de problèmes, Sander.
  Je le dis sur le même ton que Sander.
- Enchanté Cae.
- De même Sander.
  Nous nous sourions. 
__________________
Voici la suite !
Qu'en avez-vous pensé ?
Je dois vous avouer que je ne suis pas sûre de vous poster la suite la semaine prochaine, car j'ai pour le moment quelques lignes. Peut-être je vais vous poster un chapitre 1. :)
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⏰ Dernière mise à jour : Aug 18, 2015 ⏰

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