CHAPITRE 53

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Joyeux Noel les mioches <3


Un hurlement transperce l'air. Le mien. La douleur m'arrache littéralement à moi-même. Je souffre le martyr. Mon corps n'est plus qu'un amas de nerfs à vif, une cage trop étroite qui se contracte, se tord, se brise sous une souffrance sans nom. Je ne ressens plus rien d'autre. Plus de pensées claires. Plus de repères. Juste cette écrasante douleur écrasante qui me submerge vague après vague, sans me laisser le temps de respirer.

La dernière fois que j'ai enduré une telle torture, c'était lors de mon premier accouchement. Et encore... même là, je suis presque certain d'avoir moins douillé que maintenant. Là, c'est différent. Plus violent. Plus profond. Comme si mon corps refusait tout simplement ce qui est en train de se produire.

— Putain... je vais crever !

Ma voix se brise dans un cri rauque tandis que mamie Tsunade me déchire la blouse d'hôpital sans la moindre hésitation. Ses gestes sont rapides et précis. Et la voir aussi sûr d'elle en cet instant m'apporte un semblant de réconfort parce que, moi je suis complètement paumé. Trop perdue dans cette agonie, je suis incapable d'éprouver la moindre honte au fait que mamie Tsunade est en face à face avec mon intmité.

Allongé sur le dos, cloué à ce lit trop étroit, je me tortille dans tous les sens, incapable de trouver une position supportable. Tout en moi hurle que ce n'est pas comme ça que je dois être. Mon corps réclame autre chose. J'ai besoin de bouger. De me mettre à quatre pattes.

Oui, j'ai besoin de me mettre à quatre pattes, je le sens. C'est ce qu'il faut que je fasse.

Suivant mon instinct, j'essaie de me redresser mais une main ferme me plaque aussitôt contre le matelas.

— Non, il faut que tu restes allongé sur le dos pour que je puisse procéder à la césarienne. Essaie de respirer, Naruto. Ça calme les contractions.

La voix de Tsunade est étonnamment douce, presque apaisante, en décalage total avec le chaos qui me traverse.

— Je vais faire mon possible pour te libérer de cette douleur au plus vite. Tiens le coup, Naruto.

Tiens le coup.

Plus facile à dire qu'à faire. C'est pas son corps qui est en train de se faire broyer de l'intérieur. Je n'ai même pas le temps de répondre qu'elle hurle déjà des instructions dans le talkie-walkie qu'elle garde toujours dans la poche de sa blouse médicale. Tout s'accélère autour de moi. En quelques secondes à peine, Shizune déboule dans la pièce, les bras chargés de matériel médical. Les bips des machines s'emballent de plus en plus, intensifiant cette atmosphère déjà chaotique. Et au milieu de ce maelström, je croise le regard de Sasuke. Ses pupilles sont empruntées d'une inquiétude à peine voilée. Debout à côté de mon lit, sa main dans la mienne, ses yeux ne quittent pas mon visage.

Instinctivement, je m'immobilise. Je veux lui montrer que "ça va". Que je vais bien, que je suis assez fort pour surmonter cette épreuve. je l'ai déjà fait une fois, je peux le refaire une deuxième fois, et même une troisième fois. Je veux qu'il ait l'impression que je peux recommencer autant de fois que je le souhaite. Que c'est du gâteau pour moi. Je fouille désespérément en moi pour retrouver cette force que j'ai toujours utilisée comme armure. Mais... je n'y arrive pas. La vérité c'est que je n'y crois pas moi-même. Mon mental ne suit plus, la douleur est trop forte..

Je craque.

La douleur me traverse de part en part, me déchire, me broie de l'intérieur comme si quelque chose cherchait à m'ouvrir en deux. Un nouveau hurlement m'échappe et je vois quelque chose se briser dans les yeux de mon Sasuke. Il est aussi impuissant que moi face à la douleur. Je ne suis plus qu'un corps en souffrance. Iincapable de penser, incapable de lutter. Puis sans trop savoir pourquoi, je me remets à penser à mon premier accouchement. J'étais entouré de mes amis. Sakura et Shikamaru. Je douillais ma race, je n'en pouvais plus, mais j'ai tenu le coup. Et aussi peu naturel que ce soit, j'ai réussi à donner naissance à ma précieuse Himiko. Et aujourd'hui la vie m'a donné le malheur (ou la chance - je ne saurai trop dire, j'ai vraiment trop mal pour le prendre comme une bénédiction-) de refaire la même chose.

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