CHAPITRE 68

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POV : NARUTO.


Pendant quelques secondes, je reste immobile, incapable dee bouger. Non pas parce que je ne sais pas quoi faire, mais parce que je suis déjà en train de combattre un ennemi encore plus redoutable que Sloan. Mes traumatismes.

Tout remonte.

Absolument tout.

En l'espace d'une seconde, je redeviens ce gamin de douze ans coincé dans foret de la mort obligé de faire face au shinobi le plus redouté et le plus dérangé de son époque: Orochimaru.

Je me souviens encore de cette peur viscérale qui m'avait noué les entrailles. De cette impression d'être une souris observée par un serpent qui avait déjà décidé de la dévorer. À l'époque, je pensais avoir survécu à cette rencontre.

J'avais tort.

Parce qu'au fond, une partie de nous n'en est jamais revenue. Malgré moi, mon regard dérive vers Sasuke encore inconscient derrière moi, puis vers les marques qui rongent son corps depuis des mois. Et soudain, tout devient limpide. Orochimaru ne nous a jamais vraiment quittés. Il a laissé sa trace partout.



Dans les cicatrices de Sasuke.

Dans les années que j'ai passées à lui courir après.

Dans les choix que nous avons faits.

Dans nos erreurs.

Dans les cauchemars qui nous hantent encore.

Dans les monstres qui continuent encore aujourd'hui de marcher dans ses pas.



Putain, tout reviens toujours vers Orochimaru.Il ne nous laissera donc jamais tranquille ? Naturellement, mon regard revient sur Sakura ou plutôt sur Sloan. Parce que ce n'est pas Sakura. Je dois me rappeler que les yeux émeraude braqués sur moi ne sont pas ceux de ma meilleure amie.

La mâchoire crispée, les poings serrés à m'en faire mal, je m'oblige à détourner le regard. Mes yeux tombent aussitôt sur le corps de Mebuki, étendu quelques mètres plus loin. Le kunaï est toujours planté dans son crâne. Quant à la mare de sang qui s'est formée sous elle, elle s'est tellement étendue qu'elle semble désormais engloutir son corps tout entier. Et cette vision suffit à anéantir les derniers mensonges auxquels mon cœur essayait encore de s'accrocher.


Sakura n'aurait jamais fait ça.


—Mais c'est que ça cogite là-dedans.


La voix de Sakura me tire de mes pensées alors que je sens mon estomac se retourner aussitôt. Ce connard utilise la voix de mon amie exprès pour me faire réagir. Prendre son corps n'était pas suffisant, il veut vraiment niquer ma perception des choses pour me faire souffrir. C'est comme s'il s'amusait à porter son visage jusque dans les moindres détails.


Parce que pour cet enfoiré, tout ça n'est rien d'autre qu'un jeu.


Cette prise de conscience suffit à elle seule à éveiller chez moi quelque chose d'encore bien plus sombre que la haine ou la colère. Quelque chose d'innomé mais de suffisamment vivant pour me donner la force de mettre mon chagrin et mes doutes de côté pour me concentrer sur la dernière certitude qu'il me reste :

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