L'envie

213 35 26
                                        

Tu ne connais pas toi cette douleur lancinante qui me vrille les reins, celle qui lacère ma poitrine et me plombe l'estomac à chaque fois que je vois ton visage se peindre de bonheur auprès d'une autre. Tu n'imagines pas un instant la consternation et le supplice que cela m'impose. Je suis anéantie et brisée de toute part, je murmure silencieusement mon envie de me jeter du haut d'une falaise aux prises avec cette détresse. Et devant les autres je tente de rester impassible mais si tous mes gestes me couvrent mon regard me trahit. On peut y déceler cet élan d'amertume, cette agonie profonde, et ce battement de cils quand je je détourne le visage de ce spectacle infâme. La dépendance affective, celle qui te transforme en un pantin que l'être aimé agite au gré de ses désirs. Tu me dis que tu appelles et j'attends en vain que mon téléphone s'agite. Tu promets de m'accorder du temps et je découvre qu'une nouvelle morue s'est entichée bêtement de toi, et tu l'assumes aux yeux des autres. Quatre ans.. Quatre putain de longues années à courir une chimère avec l'infime espoir d'être au moins reconnue comme une amie. Une véritable amie, pas un caprice, pas une envie irrépressible, encore moins un vulgaire cinq à sept quand l'envie d'une vraie femme se fait ressentir. Une lionne impitoyable avec elle même parmi les chatons qui minaudent. C'est bien mignon les gamines mais ça n'apporte rien de nouveau, de palpitant il en faut toujours plus au manipulateur égocentrique, et c'est là que l'amoureuse éperdue intervient. Moi, avec mes sentiments stupides contre lesquels je ne saurais lutter parce que vivre dans un monde où tu n'existes pas m'est inconcevable.
Tu ne vois pas tout ça, je ne pleure pas, je ne me mutile pas désespérément, je ne dis rien. Sourire, en croquant chaque morceau de vie que j'arrive à dérober au temps qui court, tout en me consumant de l'intérieur. Retire moi ces chaînes ! Frappe-moi, fais moi mal, blesse-moi jusqu'à ce que le dégoût prenne le dessus sur l'admiration. Rend moi ma liberté ou je saute dans ce putain d'avion sans jamais me retourner...

Beautiful PainOù les histoires vivent. Découvrez maintenant