Il n'y a rien de plus fascinant qu'une horloge. Celle-ci datait d'une autre époque, bien trop incertaine pour que quelqu'un pût vous donner une réponse claire. Certains diraient que les aiguilles avaient été forgées à partir de métaux pauvres parce qu'il n'y avait que ça à l'époque, d'autres vous diraient que de riches pierres précieuses se cachaient à l'intérieur, procédé souvent utilisé pour repousser les voleurs, bien trop fréquents quelle que fût l'époque.
Peu importe ce que les gens vous diraient, une chose persisterait : cette horloge avait traversé les époques. Elle était le seul témoignage que tout ne mourrait pas d'une atroce manière. Mais son autre atout était bien plus grand. Elle donnait sur toute la ville de Downfall et à travers son cadran transparent, j'observai les maisonnettes qui s'alignaient à perte de vue. D'ici, je pouvais voir ma maison au fin fond de la forêt tout comme le bar où je passais de temps à autre.
En fait, je connaissais le moindre recoin de cette ville. J'étais une de ces personnes que la plupart redoutaient parce que jamais, au grand jamais, je ne me posais quelque part, mais aussi parce que ma présence se faisait toujours ressentir, marquant pour toujours mon absence après mon passage.
Cela faisait un bon bout de temps que je contemplais cette ville qui m'était à la fois familière et étrangère et je compris que le temps était passé trop vite en apercevant les dernières lueurs du soleil, désormais remplacées par la douce lune. Mon moment préféré était sur le point de commencer. Voilà pourquoi j'étais une étrangère dans cette ville, je n'étais pas comme la plupart, bien trop nocturne dans le genre, seule la lune était mon amie.
Alors que mon regard se plongeait davantage dans les profondeurs de la vie, quelques bruits assez brusques m'interpellèrent. Des armes, des cris... La conclusion était évidente : une agression. C'était souvent la conclusion la plus logique à Downfall, en particulier la nuit.
Mon repérage fut assez rapide. J'aperçus un homme entouré de trois autres qui tentaient de lui escroquer de l'argent, comme toujours, le motif le plus classique et évident. Rien n'était plus destructeur que l'argent... et seul l'argent pouvait vous apporter les pires problèmes.
Avant de me jeter à l'aventure, je tentais de voir quelles étaient mes possibilités et surtout, si ça valait le coup. Bon nombre de personnes étaient comme moi, des personnes qui se démerdaient comme elles le pouvaient.
L'agressé, en raison de ses vêtements luxueux, venait sûrement de la haute bourgeoisie et n'importe qui pourrait vouloir l'agresser. L'argent. Je vais vous épargner mon monologue pour cette fois, mais pour la prochaine, je ne me retiendrai pas.
D'habitude, j'aurais regardé la scène d'un air muet, à la limite, en m'amusant. Il était évident que je n'aimais pas ce genre de personnes et de toute manière, leurs actions ne me plaisaient jamais, au contraire, elles m'horripilaient. Cependant, un des agresseurs me semblait familier.
Chernobog.
N'importe qui le connaissait. N'importe qui savait à quel point sa cruauté n'avait pas de limites, en particulier moi. J'avais subi à plusieurs fois les frais de ses atrocités et mon envie de vengeance me poussait à vouloir agir.
Alors qu'il prenait au cou sa victime, la plaquant contre un mur, et que ses acolytes riaient en chœur, je sautai d'un bond impulsif les étages qui nous séparaient, atterris à ses côtés et le pointai immédiatement d'une arme, la collant à sa nuque. Tous mes gestes, malgré leur rapidité, avaient été entièrement calculés.
Il ne tarda pas à me reconnaître. Il me connaissait par cœur, ce qui n'était certainement pas à mon avantage...
— Oh Lilith... Quel plaisir de te revoir et comme toujours, tu ne peux pas t'empêcher d'abuser de ton arme ! lança-t-il d'un ton sarcastique.
VOUS LISEZ
Downfall | TOME 1 & 2
FantasyDownfall paraîtra, pour n'importe qui, comme une ville normale dont personne ne voudra s'attarder dessus. Je peux vous assurer qu'au contraire il s'y passe des choses là-bas. La lutte des classes n'est que le quotidien de tous jusqu'à ce qu'une couc...
