Le réveil d'Harry fut aussi compliqué pour lui que pour moi. Déjà pour lui car il ouvrit les yeux dans la douleur, dans des draps remplis de sang et en pleurs. Ensuite, pour moi car je n'ai pas pu fermer l'œil de la nuit et que j'ai essayé d'écrire mais rien ne m'étais venu. En plus de ça, trop de questions m'étaient venues en tête et je m'étais énervé dans mon coin, restant dans l'incompréhension. Résultat des courses, j'étais de mauvaise humeur.
-Tu vas m'expliquer ?!
Sans le vouloir, j'avais haussé la voix. J'étais énervé car je n'aimais pas rester dans l'incompréhension et surtout, j'avais eu tellement peur en le voyant arriver ainsi... On avait passé une journée tellement excellente ensemble, je l'avais observé rayonner quand il souriait ou riait et le voir dans la douleur à ma porte et en sang m'avait complètement retourné. Il me regardait, toujours en larmes mais aussi surpris que je prenne mon air froid et hautain que je détestais chez moi.
-Lou... J'ai mal...
Je me radoucissais à la seconde et je venais m'assoir près de lui. Je soupirais longuement et je lui donnais un anti douleur qu'il prenait immédiatement. Après ça, il bougeait un peu de moi et je comprenais qu'il voulait que je le prenne dans mes bras. Je le serrais fermement mais pas trop fort non plus pour ne pas lui faire mal.
-Merci de m'avoir recousu...
-Ce n'est pas moi... C'est ma mère. Elle m'a dit que la balle n'était pas rentrée, elle t'avait juste frôlé mais c'était un peu profond.
Je revalais difficilement ma salive, me rappelant de tout ce sang –encore présent sur les draps, ses vêtements, ses mains et ses cheveux- et surtout, la chair. Ca me donnait encore des nausées... Il restait silencieux un moment, pensant qu'il dormait, j'allais le rallonger pour qu'il se repose, mais il resserra notre étreinte en sanglotant.
-Reste...
Je caressais son dos et j'embrassais son front avec tendresse. Je posais ma joue contre le haut de son crâne et je fermais les yeux, me détendant un peu. On restait comme ça de longues minutes puis je le lâchais lentement.
-Je vais aller préparer le petit déjeuner... Tu vas prendre une douche en attendant ? Ca va te faire du bien.
Je passais ma main dans ses cheveux et je l'aidais à se relever. Je l'aidais même à aller dans la salle de bain puis je lui disais que s'il avait besoin de mon aide ou s'il avait un problème, il devait m'appeler.
Je galérais avec mes pancakes, sachant qu'il adorait ça, je voulais lui faire plaisir mais j'étais un assez piètre cuisinier. Cependant, je commençais à m'inquiéter car j'entendais l'eau couler mais ça faisait un peu de temps qu'il y était. J'arrêtais alors ma préparation et j'allais le voir. Je frappais à la porte mais aucune réponse alors je me risquai d'y rentrer. Je le retrouvais, allongé contre le mur de la douche, recroquevillé et les yeux fermés.
-Harry ?!
Je retirais mes chaussures et je courais à ses côtés. Il se réveillait et me sourit alors que j'étais à genoux devant lui, habillé et trempé.
-Eh... Tu m'as fait peur...
-Je suis endormi.
Il sourit encore et je ne pus m'empêcher de rire car malgré son état, il était adorable. Il me disait qu'il était épuisé alors je l'aidais à se relever et je l'aidais à le laver. Il se frottait le corps et moi je m'occupais de ses cheveux, retirant tout le sang sec. L'eau sous nous pied était rouge et étrangement, je me sentais mieux en le voyant partir dans les égouts. Je sortais de la douche pour lui donner une serviette et je retirais mes vêtements trempés pour les mettre au sale. On allait ensuite dans le salon pour qu'il s'allonge le temps que j'aille lui chercher des vêtements propres mais je me sentais de nouveau nauséeux en voyant mes draps maculés de sang... Je les retirais tous et soupirais en voyant que ça avait taché mon matelas. Tant pis. Je remettais des draps propres après m'être habillé puis je revenais voir Harry qui dormait sur le canapé, seulement vêtu d'une serviette autour de sa taille. Je ne pouvais pas le nier, il était vraiment bien foutu. Bref. Je m'asseyais sur la table basse avec tous ce dont j'avais besoin pour refaire son pansement. Je décollais celui que ma mère avait fait avec délicatesse, mais je me débrouillais quand même pour le réveiller.
- Rendors-toi, je refais ton pansement.
Je me concentrais alors sur ce que je faisais. Je désinfectais la plaie recousue sans lui faire mal puis je découpais une compresse.
-Hum... Je me ferais tirer dessus plus souvent si j'ai le droit d'avoir un infirmier personnel. Et sexy en plus.
Il rit mais grimaçait car ça avait dû lui faire mal. J'aurais rougi en temps normal à son compliment, même si je doutais qu'en jogging et en t-shirt, je sois aussi sexy qu'il prétendait.
-Ce n'est pas drôle Harry, dis-je un peu plus froidement qu'espéré.
-Lou...
-Non ! Putain mais comment tu peux rire face à une situation comme ça ?! et puis pourquoi tu t'es fait tiré dessus hein ?!
J'haussais la voix et je déposais les ciseaux sur la table basse où j'étais assis, avec la main tremblante. J'étais clairement sur les nerfs. Je soupirais longuement, passant mes mains sur mon visage afin de me détendre un minimum.
-Je suis désolé Haz... Je ne..
-Non, me coupait-il, je te dois la vérité... Mais avant, finis mon bandage.
Je m'exécutais alors puis après, on décidait de retourner dans ma chambre pour qu'il puisse enfiler un de mes caleçons –étrangement trop grand pour lui- et un bas de jogging –trop petit- et il s'allongeait près de moi. On se regardait un moment, comme s'il essayait de trouver du courage dans mon regard, et finalement, il s'allongeait sur le dos.
-Je t'ai parlé du type qui m'a recueilli... Tu sais on en a parlé chez Mme Olivia. J'hochais la tête pour l'inciter à continuer. Et bah c'est en quelque sorte mon... Mac. Fin non, c'est mon patron et hum...
Il soupirait, cachant son visage avec sa main alors je prenais celle-ci dans la mienne pour la serrer et lui faire comprendre que je l'écoutais même si c'est vrai que j'étais assez dérouté par ce que j'entendais... Il se tournait vers moi de nouveau, faisant une légère grimace de douleur.
-Quand il m'a recueilli, je pensais vraiment avoir trouvé un père Louis... Il croyait en moi, comme un père aurait pu tu vois... Pendant trois mois, je suis resté chez lui, j'étais heureux... Puis du jour au lendemain, il m'a dit que s'il voulait que je reste, il fallait que je travaille pour lui parce que je n'étais pas gratuit. J'ai accepté. Il m'a proposé de coucher avec des gens pour du fric et au début je trouvais ça cool parce que je pouvais me taper des nanas ou des mecs même mais au bout d'un moment... Un jour je suis tombé malade, un type m'a refilé une putain de MST et je te jure je pensais que j'allais crever ! J'ai eu peur que ce soit le Sida mais heureusement ça ne l'était pas.
Il eut un rire jaune et moi je ravalais mes sanglots dans ma gorge. J'avais toujours cette culpabilité qui pesait en moi... Il aurait dû être adopté à ma place...
-Fin bref... Après être sorti de l'hôpital, j'ai supplié mon boss qu'il me fasse arrêter la prostitution et il a accepté mais je devais faire autre chose à la place. Je suis devenu son bras droit l'année dernière. Je dois me taper tout le sale boulot, celui qui tache les mains. Je dois aller chez les types qui lui doit de l'argent et les menacer jusqu'à ce qu'ils crachent les thunes. Hier, le gars avait une arme et Marcus, mon homme de main, a tiré après que le gars m'ait tiré dessus...
Je lâchais sa main, me mettant sur le dos pour reprendre mon souffle. J'avais l'impression d'être dans un putain de roman policier, ça me tordait l'estomac.
-On s'est barré en courant et ce fils de pute m'a laissé en plan, du coup je suis venu chez toi... Tu es la seule personne sur qui je peux compter Lou...
-Tu peux compter sur moi Haz...
-Promis ?
-Oui, promis.
Il venait se réfugier dans mes bras, s'endormant en une minute alors que moi, j'essayai d'assimiler ce qu'il venait de me dire et un truc me percutait enfin : il était allé voir mon père...
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Laugh, I nearly died
FanfictionSt Georges est réputé comme le meilleur orphelinat de l'Angleterre et par le malheur des choses, deux gosses s'y retrouvent. Cependant, on peut dire parfois, "c'est un mal pour un bien" et les deux garçons se rencontrent. Le plus âgé protège le plus...
