Après qu'il soit parti de chez moi il y a une semaine, je me sens étrange. Je crois que je me sens un peu plus léger à vrai dire, moins coupable. Avec son câlin, il me faisait comprendre qu'il m'avait pardonné alors je devrais faire autant pour moi-même. Au début, j'avais été surpris de son élan tactile et je faillis même le repousser mais j'en avais besoin alors je l'ai serré dans mes bras. D'ailleurs, ça m'avait fait vraiment sourire quand j'ai vu qu'il se plaçait dans mes bras comme s'il était le plus petit de nous deux alors que je fais une tête de moins que lui.
-A quoi tu penses ?
Je sortais de mes pensées et tournait mon visage vers Cameron. Il venait de se réveiller alors que ça faisait à peine une heure que j'étais venu me coucher à ses côtés. J'haussais les épaules et il embrassait mon épaule.
-Non parce que tu souris.
J'haussais un sourcil et il embrassait ma joue. J'étais en train de sourire ? Je n'avais même pas remarqué. Mon petit ami sortait du lit pour s'habiller car il devait aller travailler plus tôt aujourd'hui. J'enfonçais mon visage dans mon oreiller et je ne tardais pas à m'endormir. Au moins, j'évitais un baiser de Cam. D'ailleurs, on s'était expliqué sur son comportement de la dernière fois et il m'avait assuré qu'il n'avait uniquement dit ça pour se mettre ses collègues dans la poche. Il m'avait même dit qu'ils étaient incompétents mais qu'ils avaient plus de pouvoir que lui donc il fallait qu'il se fasse bien voir. Je n'y crois pas. Bon, je peux bien croire que dans ce monde de requin, tout le monde peut se trahir à tout moment et je l'ai assez entendu dans les repas de famille entre mon père et mon oncle. Cependant, je ne le croyais pas quand il disait que ses collègues sont incompétent car mon père veut le mieux pour sa banque, il est parti de rien au départ alors ça m'étonnerait qu'il embauche des moins que rien pour la garder à flot.
Je me réveillais en fin de journée et je mangeais des gaufres congelées dégueulasses mais je n'avais que ça. Fin non, j'avais juste la flemme de me préparer à manger. Je retournais dans ma chambre et je m'habillais chaudement. Il neige dehors et je ne veux pas attraper froid, quand je suis malade, je suis l'homme le plus insupportable du monde. Encore plus que d'habitude. Je mettais mon écharpe en laine grise, un coup de parfum et je sortais. Le froid me faisait un peu du bien tout de même, en une semaine, je n'étais pas du tout surtout de mon appartement. En fait, j'avais décidé d'aller voir Harry. J'avais quand même hésité pendant deux ou trois jours mais quand on dit, la nuit porte conseil –fin plutôt la journée pour moi- et donc j'étais en route vers Poortown. Après une demi-heure de bus, j'arrivais dans la ville et immédiatement, je restais sur mes gardes. J'ai toujours vu que dans ce quartier, beaucoup de violence faisait rage et je n'avais pas envie d'en subir. J'en avais déjà eu assez avec le chien de garde d'Harry. En fait, je suis ici mais je ne sais pas où il habite et je n'ai pas son numéro de téléphone non plus. Je suis un idiot.
-Tu cherches quelqu'un mon chou ?
Je me retournais vers la personne et je tombais sur une femme habillée très vulgairement. Elle avait une jupe noire qui était très courte et un haut rose flashy avec des motifs léopards qui cachait seulement sa poitrine tombante. Bon après tout chacun son style hein...
-Tu veux une pipe ? C'est 20 livres.
J'écarquillais des yeux, choqué par sa proposition. Au moins elle était cash mais bon je ne m'y attendais pas du tout. Maintenant, un peu mieux ces vêtements, bien que je trouve ça dommage qu'elle alimente ce cliché sur les prostituées. Je secouais la tête pour lui dire non mais elle insistait en baissant le prix.
-En fait je cherche un homme... Est-ce que vous connaissez un Harry ? Il a les cheveux bouclé, les yeux verts et il est assez grand.
Je demandais tout de même parce qu'un mec comme lui ne passait pas inaperçu, fin en tout cas pas par chez moi. Elle me dévisageait un peu puis me dit qu'effectivement elle le connaissait et qu'elle pouvait me conduire jusqu'à son immeuble. J'acceptais mais j'avais quelques appréhensions. De là, des scénarios remplissaient mes pensées. Allait-elle m'emmener quelque part et me violer puis me dépouiller de mon fric ? Allait-elle m'emmener à son proxénète pour qu'il me tue et me dépouille de mon argent lui aussi ? Je commençais a flipper puis une fois devant un immeuble, elle m'indiquait que c'était chez Harry et qu'il était dans l'appartement 206.
-Dit lui que Celeste D lui passe le bonjour. C'est moi mon beau.
Précisait-elle quand elle vit que je ne comprenais pas qui était cette Celeste D. Alors comme ça il l'a connaît ? Ew... Me dites pas qu'il va voir les putes quand même... Je soupirais longuement et j'arrivais à son étage, heureusement que ce n'était que le deuxième et pas le dernier car il n'y avait pas d'ascenseur. Je ne suis pas très sportif non... Le couloir était sombre, il y avait encore des prostitués qui me demandaient si je voulais une pipe alors j'accélérais le pas pour trouver sa porte. Je frappais vite contre le bois et il mit du temps à me répondre alors je refrappais. Derrière sa porte, je l'entendis grogner en disant qu'il arrivait. A l'ouverture, je lui souris grandement et remarquais qu'il avait les cheveux en bataille et des petits yeux. A mon avis, il devait dormir.
-Louis ? Mais qu'est-ce que tu fais là ?
J'eu à peine le temps de lui répondre qu'il me tirait à l'intérieur de chez lui et avant de refermer la porte, il regardait dans le couloir, comme pour vérifier qu'on ne m'ait pas vu ici.
-Je voulais te voir.
Lui répondis-je tout simplement. J'avais l'impression qu'il était surpris de me voir ici et surtout d'avoir trouvé son appartement mais bon moi aussi je peux me débrouiller ! Il enfilait un bas de jogging et un t-shirt puis s'asseyait sur son lit qui grinçait. Je détaillais sa pièce de vie, c'est à dire sa chambre-cuisine-salon et constatait que c'était vieux et pourri. Pourtant, il a un club non ? C'est ce qu'il m'avait dit l'autre jour...
-A cette heure-ci ?
Je regardais l'heure, il était dix-huit heures. Ça va, il n'est pas si tard non plus.. J'haussais les épaules et venais m'assoir à ses côtés sur son lit. Je pouvais sentir le matelas sous mes fesses et il était horriblement inconfortable.
-Je me disais qu'on aurait pu aller manger un morceau ensemble. Bref.
Il soupirait longuement, j'avais l'impression de le faire chier en fait mais finalement il acceptait. Il prenait alors son jean et le mettait sous mes yeux. On était entre mecs après tout alors ça ne me dérangeait pas. Après un grand débat sur l'endroit où nous allions manger, on capitulait pour commander des pizzas chez moi afin de les manger devant un film.
-Ton mec n'est pas là ?
-Non, il n'habite pas ici.
Dis-je en enlevant ma veste et la mettant sur le porte manteau. Harry lui l'a balançait sur le canapé mais elle finit vite auprès de la mienne, maniaque du rangement que je suis. Je l'avais vu lever les yeux au ciel à mon geste mais il n'avait pas fait de remarque. Je crois qu'il fut soulager d'apprendre que Cameron ne venait pas ce soir et je dois dire que moi aussi parce que je n'aurais pas supporté qu'ils refassent comme la dernière fois qu'on était tous les trois. Il regardait ma collection de DVD pendant que j'appelais pour commander et évidement, son choix se portait sur Star Wars.
-Comme à l'ancienne.
Il souriait comme un gamin en me disant ça et je ne pus que sourire à mon tour car ça faisait du bien de retrouver un peu de mon passé, surtout lui. On s'asseyait sur le canapé avec nos bières et on discutait, plus lui que moi en fait. Il me racontait qu'il était parti de l'orphelinat deux ans après moi. Une famille l'avait seulement adopté pour recevoir les allocations qui allaient avec lui. Ca me fit mal au cœur mais je ne pense pas que si je lui disais que j'étais désolé, ça changerait quelque chose donc je ne disais rien et il continuait en disant qu'il s'arrangeait à se trouver des amis riches pour pouvoir profiter de leur maison et de leur nourriture. Il me précisait avec gêne qu'il ne faisait pas ça avec moi ce soir parce que j'étais différent. Il est parti à l'âge de seize ans, il s'est trouvé un job d'agent de sécurité, d'où l'arme mais que ça ne payait pas assez. Bien qu'il me dise la vérité jusque-là, la dernière partie je n'y croyais pas trop, mais bon... Les pizzas arrivaient et vite on lançait le film. Au final, on s'est fait trois Star Wars avant qu'il s'endorme sur mon canapé. On avait passé la soirée à dire les répliques du film, à rire quand l'un se trompait et même à un débat sur quel côté de la force on était. J'allais lui chercher une couverture que je m'étais sous lui, ainsi qu'un oreiller sous sa tête, ce qui me valut un grognement mais il se rendormit immédiatement.
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Laugh, I nearly died
FanfictionSt Georges est réputé comme le meilleur orphelinat de l'Angleterre et par le malheur des choses, deux gosses s'y retrouvent. Cependant, on peut dire parfois, "c'est un mal pour un bien" et les deux garçons se rencontrent. Le plus âgé protège le plus...
