Les vacances arrivèrent avec une vague de chaleur, et Tobio réalisa assez vite que s’il voulait revoir Oikawa, ce serait extrêmement irrégulier. D’une part, leurs deux facs avaient des camps d’été de volley-ball dans deux régions différentes (enfin, valait mieux ça que de se retrouver dans le même centre pendant une semaine avec des matchs l’un contre l’autre chaque jour et les repas communs) et sur des créneaux légèrement différents. Ensuite, Hinata avait des milliers d’idées de projets, la plupart concernant des sorties avec sa petite sœur, Yachi ou Kenma, dans des lieux divers, et dont certains impliquaient d’y passer la nuit. En plus de cela, un mail de volleywood informait Tobio que « les postes 4 devraient avoir plus de présence sur le terrain », autrement dit qu’Iwaizumi avait des jours de congé.
Hinata l’avait cru quand il avait menti sur son retard. Peut-être que fréquenter Oikawa augmentait ses capacités à déformer la vérité, le principal étant qu’il pouvait continuer sur l’embellie que son couple officiel connaissait. Du moins, il était certain que les sorties continueraient à resserrer leurs liens, et qu’un équilibre, encore une fois, était possible ; seulement, Hinata ne devait pas savoir, il n’avait pas à vivre avec ça. Ils avaient essayé et cela avait été un échec. Tobio savait à quoi s’en tenir.
D’ailleurs, il déculpabilisait à sa façon. Il n’avait pas cherché à retrouver Oikawa, c’était Oikawa qui était venu à lui. Et, comme il l’avait appris au fil des ans, on ne résistait pas à Oikawa Tooru. Tobio ne savait pas vraiment comment qualifier la phase dans laquelle il était, mais c’était proche de la liberté totale. Il n’avait pas honte. Tout ce qu’il fallait était de se montrer prudent, et d’aimer Hinata.
Cependant, un coin de son esprit était tracassé par un petit changement dans ses rapports avec Oikawa, qu’il avait déjà ressenti, dans ces toilettes. Il avait été déçu, il s’était senti rejeté après l’appel, et quand il avait compris que ce n’était qu’une ruse, qu’Oikawa n’avait jamais eu l’intention de renoncer à lui…Ça lui faisait quelque chose. Il se sentait un peu flatté, et rassuré. La confiance était quelque chose qu’il n’accordait pas facilement, et avec les rapports qu’il entretenait avec Oikawa au temps du collège et du lycée, il aurait dû être la dernière personne à en bénéficier. Et pourtant…
Tobio n’avait jamais été très doué pour réfléchir à autre chose qu’au sport, mais un plan finit par s’établir dans son esprit. Puisque Kuroo ne semblait pas arriver à convaincre Kenma (ou qu’il n’essayait pas vraiment ; mais Tobio doutait qu’Oikawa lui laisse du répit et en plaignait presque le grand central), il prit les choses en main. Après tout, il avait une personne à qui il pouvait se confier, à qui il avait toujours pu, alors autant la mettre à profit. D’autant qu’elle en serait ravie. Enfin, il fallait d’abord s’assurer que ça convenait à Oikawa.
Un mail suffit.
Il utilisa une heure d’absence d'Hinata, le premier lundi des vacances –celui-ci accompagnait Yachi chez le dentiste, sachant que celle-ci en avait une peur bleue- pour tout mettre à exécution, le cœur battant de l’excitation de l’interdit.
-Mai ? commença-t-il dès qu’il l’entendit décrocher.
-Tobio ? répondit aussitôt la voix enjouée de sa cousine, visiblement heureuse d’être tirée de son ennui.
-J’ai besoin de toi.
-Toujours dispo ! Raconte-moi tout.
C’était bien elle, une oreille constante et jamais lassée, et Kageyama se sentit heureux d’être la priorité de quelqu’un à ce point. Il sentit ses joues s’embraser et commença d’une voix qu’il essaya de rendre ferme :
-Je…Je vois toujours ce mec, tu sais…
-Ton plan ?
Il l’entendait rire au bout de la ligne et serra les dents un instant, mortifié.
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Des Coeurs et des Corps
FanfictionCela faisait deux ans que Hinata et Kageyama filaient le bonheur parfait. Finir ensemble, à vrai dire, était une évidence pour eux. Jusqu'à ce qu'un fantôme du passé ne surgisse à nouveau, ne vienne s'immiscer entre eux. Et avec lui, un marché t...
