Le cœur de Tobio s’était arrêté au moment où il avait reconnu le visage d’Iwaizumi.
Son regard fixé sur lui le liquéfiait. Avant qu’Oikawa ou lui n’aient pu réagir, il avait disparu ; Tooru se redressa comme électrocuté, le visage d’un blanc de craie, et bondit hors du lit. Tobio se releva doucement, comme assommé, et ils se rhabillèrent sans échanger un mot ni un regard.
Kageyama n’allait pas se mentir : il avait peur. Qu’allait lui faire Iwaizumi, certainement dans une colère noire ? Comment allait-il réagir exactement ? Révéler à tout le monde la tromperie ? Le tabasser ? Il se souvenait des avertissements d’Oikawa et ne pouvait pas se dire prêt à prendre des coups dans l’immédiat. Tobio déglutit, sentait le sang se drainer de son visage. Il ne voulait pas quitter la chambre, il imaginait ce qui l’attendait dehors. Un rapide coup d’œil à Oikawa l’obligea à reprendre ses esprits et dissiper la panique : Tooru, rhabillé, était assis à l’extrême bord du lit et son teint avait pris une couleur de cire absolument inquiétante. Il tremblait, le regard fixe et vide, l’air prêt à perdre connaissance, et Tobio ne le comprenait que trop bien.
Il s’avança doucement vers lui en essayant de mettre un masque résigné sur son visage et passa doucement sa main sur sa joue et dans ses cheveux en espérant l’apaiser.
-Tooru, murmura-t-il le plus bas possible.
Les yeux d’Oikawa n’arrivaient pas à rester fixés aux siens, et sa respiration se précipita.
-Ça va aller… Viens.
Tobio lui tendit la main et resta là, paume ouverte, tournée vers son amant comme une invitation. Vers quoi ? Le nœud qui entravait la gorge de Tobio se resserra. Peut-être qu’Iwaizumi était juste parti et qu’ils n’auraient pas de problèmes… Et après ça, que faire ? Quelques secondes s’écoulèrent sans qu’Oikawa ne bouge, hormis ses tremblements qui semblaient s’intensifier à chaque instant. Tobio laissa tomber sa main et s’accroupit pour mieux voir son visage, et le forcer à le regarder en retour. Il n’avait jamais été à l’aise avec les mots, au grand contraire de Tooru ; mais là, il devait prendre les choses en charge. C’était à lui d’agir. Il inspira profondément et essaya de ne pas penser, de laisser les mots venir d’eux-mêmes.
-Tooru. Ecoute-moi. Je sais que ce qui se passe maintenant est grave. Je sais que ça n’aurait jamais dû se produire mais… A qui la faute ? Est-ce qu’on a pas été assez prudents ? Est-ce que c’est le hasard ? Ça ne sert à rien de s’interroger là-dessus. C’est arrivé. Et je pense qu’on savait tout deux les risques, et qu’au fond, on ne voulait pas se l’avouer, mais qu’on était bien conscients qu’on allait finir par se faire prendre. Il y avait une échéance, et voilà, c’est arrivé. C’est tout. On y changera rien, il n’oubliera pas, il faut juste…
Il soupira, avec l’impression d’enfoncer les choses encore plus au lieu d’aider. Il se désespéra d’être aussi direct. Comment donc Hinata ou Oikawa trouvaient-ils toujours spontanément les mots justes ? Mais il devait continuer à parler, il ne pouvait pas s’arrêter là et laisser tomber Tooru.
-Moi aussi, j’ai peur… On a peur parce qu’on ne sait pas ce qui va arriver maintenant. On ne peut pas le savoir avant de sortir d’ici… Mais je sais quelque chose.
Sa main alla chercher celle d’Oikawa sans que ses yeux ne quittent son visage ne serait-ce qu’une seconde.
-Il y a encore six mois, passion, ivresse, désir, n’étaient que des mots pour moi. C’est toi qui les as rendus réels, tu les as fait vivre... Et tu m’as fait vivre avec eux.
Tobio pressa doucement sa main.
-Je suis complètement, irrémédiablement, fou amoureux de toi.
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Des Coeurs et des Corps
Fiksi PenggemarCela faisait deux ans que Hinata et Kageyama filaient le bonheur parfait. Finir ensemble, à vrai dire, était une évidence pour eux. Jusqu'à ce qu'un fantôme du passé ne surgisse à nouveau, ne vienne s'immiscer entre eux. Et avec lui, un marché t...
