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❝ goodbyes ❞
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LE LENDEMAIN MATIN, après n'avoir dormi que quelques heures, Maura prétendit être malade quand Pansy Parkinson la réveilla d'une voix particulièrement énervante. Cette dernière vit à travers ce mensonge grotesque, mais ne protesta pas pour autant. Personne n'osait contester la Serpentard ces derniers temps, où elle était assez irritable, mais personne ne prenait la peine de lui en demander la cause non plus. Celle-ci se rendormit aussitôt, n'ayant pas profité d'une bonne nuit de sommeil la veille, cependant elle fut une nouvelle fois dérangée aux alentours de dix heures.
— Je peux pas dormir en paix ? Grogna-t-elle en fourrant sa tête dans son oreiller.
— Heu... Dumbledore veut te voir.
La deuxième ou troisième année fila aussitôt, ayant sans doutes peur d'un éclat de colère de Maura, qui se leva à contre-cœur avant d'enfiler le plus rapidement possible sa robe de sorcière au dessus de son pyjama, songeant que personne ne le remarquerait. Elle ne souhaitait pour le moins du monde sortir du cocon qu'était sa chambre. En dehors de celle-ci, ce devait être la zizanie : avec le retour de Voldemort, l'absence d'Ombrage, l'ancien directeur de nouveau à son poste, les commérages à Poudlard devaient fuser dans tous les sens.
Sur le chemin jusqu'au bureau de Dumbledore, Maura pensa à la raison de sa convocation. Si il se demandait pourquoi elle n'avait pas assisté à ses cours, elle lui dirait tout comme à Pansy qu'elle était malade. Mais ce ne pouvait être cela, il ne prendrait pas la peine de la faire venir pour une chose aussi futile.
Elle croisa le professeur McGonagall en arrivant, elle la salua poliment, puis monta les escaliers qui menaient au bureau. Il était encore teinté d'un rose bonbon affreux, et d'assiettes avec des chats représentés dessus, bien que la moitié avait été négligemment jeté dans un coin. Dumbledore se tenait près d'une pensine, et Maura se demanda s'il n'était pas en train d'extraire ses souvenirs.
— Bonjour, professeur, déclara-t-elle dans le but de faire remarquer sa présence.
— Bonjour, Maura. Je t'en prie, assis-toi. J'ai appris que tu étais malade, es-tu allée voir madame Pomfresh ? Elle a d'excellents médicaments pour vous remettre d'aplomb.
— Je ne suis pas malade.
Elle ignorait pourquoi elle faisait preuve d'autant d'honnêteté face au vieil homme, qui hocha doucement la tête.
— C'est bien ce que je pensais.
Elle fronça les sourcils, s'asseyant finalement sur la chaise qu'il lui avait désigné.
— Pourquoi suis-je là, alors ?
— Tu sais sans aucun doutes ce qui s'est passé hier, commença-t-il.
— Oui. J'aurais dû être là.
— Non, tu n'avais pas à risquer ta vie, aucun de tes camarades n'aurait dû le faire, mais ce n'est pas de ça dont je voulais te parler. (Il marqua une pause) Ta tante est portée disparue, j'en suis navré.
— Je le sais, elle a soudainement arrêté de m'écrire du jour au lendemain, je n'ai pas mis longtemps à le réaliser. Des mangemorts, je le parierais, elle doit être morte à l'heure qu'il est.
— Ne pense pas comme ça.
— Je ne peux pas non plus me permettre d'espérer, c'est un luxe que je ne peux plus m'offrir. C'est tout ce que vous vouliez me dire ?
C'était suffisamment difficile de le mentionner pour la première fois à voix haute, elle ne voulait pas s'éterniser sur ses sentiments.
— Non. Si quelque chose devait lui arriver, elle voulait te transmettre un objet. Un objet, qui je t'avoue, a été d'une grande surprise même pour moi.
— Comment ça ?
Elle tentait en vain de prendre un ton dégagé, alors que sa curiosité - son plus grand défaut - était piquée au vif.
— Ta tante t'as légué un retourneur de temps, mais pas de ceux qui peuvent seulement remonter quelques heures en arrière, on parle ici d'un retourneur de temps si puissant qu'il pourrait aisément t'emmener au Moyen-Âge.
Des milliers de pensées se rencontrèrent dans la tête de la jeune femme. Aucune n'était joyeuse, cependant elles menaient toutes à un monde meilleur. Une lueur de malice s'éclaira dans ses yeux jusqu'alors éteints, une lueur qui n'échappa pas au directeur. Malgré son âge, il était perspicace, et possédait une sagesse inouïe.
— Vous ne m'en empêcherez pas, souffla-t-elle en le devançant.
— J'en suis conscient, mais il y a des risques, et tu pourrais empirer les choses.
— Si vous appelez comme ça le fait de sauver ses innombrables victimes et le monde de la terreur, je veux bien les empirer. J'ai juste besoin de dire au revoir à quelqu'un, d'abord.
☽
— Je m'en vais, Draco.
Elle l'avait dit d'une façon si légère et insignifiante qu'il ne la prit pas immédiatement au sérieux.
— Mais bien sûr, Maura, ironisa-t-il.
Elle était retournée dans la salle commune, Draco avait une heure de libre, et elle avait pensé juste en imaginant le trouver là. Il était installé sur un des fauteuils devant le feu crépitant, elle avait pris place sur le canapé à côté de lui d'une démarche légère.
— Je suis sérieuse.
— Et où irais-tu ?
— Je ne peux pas te le dire.
Il daigna lui accorder un semblant de crédibilité en entendant le ton on ne peut plus sérieux qu'elle utilisait. Maura focalisa toute son attention sur la cheminée, observant les flammes danser entre elles, tant que ça lui permettait de ne pas croiser son regard.
— C'est parce qu'il est de retour ? Ça fait des mois que je te le dis, et je te l'ai annoncé pour te ménager. Tu ne vas pas me dire que toi, Maura Swanson, s'apprête à fuir ?
— Non, tu me connais, je ne fuirais pas. C'est compliqué, je tenais juste à faire mes adieux.
— Tu peux pas me faire ça.
— Je suis tellement désolée. On se verra bien assez tôt, je te le promets.
— Maura, ne pars pas, insista-t-il d'une voix mêlant autorité et crainte.
— Je sais que je suis ta seule véritable amie ici, et tu me manqueras autant que je vais te manquer. Fais-moi confiance, s'il te plaît, c'est tout ce que je te demande.
— T'es une putain d'égoïste, tu le sais, ça ?
— Tu n'as jamais eu aussi tord.
Elle lui adressa un sourire rayonnant malgré les larmes qui commencèrent à embuer sa vision sans qu'elle ne puisse le contrôler. Les au revoir étaient bien trop douleureux, c'était pourquoi elle avait écrit des lettres aux personnes qui importaient. Mais à Draco, elle se devait de le faire en personne, et elle ne le regretta pas quand il la prit vivement dans ses bras.
Le prince et la princesse, tous deux réunis pour la dernière fois.