o9 | nightmare

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HUITIÈME CHAPITRE.

HUITIÈME CHAPITRE

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❝ nightmare ❞

MAURA SWANSON SE TENAIT DEBOUT DEVANT UNE PORTE EN BOIS. Elle fixa la poignée quelques minutes, songeant qu'elle lui était familière. La Serpentarde posa sa main dessus, et commença à la tourner d'un geste délicat, comme si elle pouvait se briser d'un instant à l'autre. La porte ne s'ouvrit pas, ce que Maura ne comprenait pas. Elle s'apprêta à abandonner, marcha dans une autre direction, quand une odeur monta à ses narines. Elle fronça les sourcils et tourna la tête, elle avait reconnu du feu mais s'efforça de penser que ce pouvait être cela. Un cri déchirant éclata soudain d'une voix dont elle connaissait l'appartenance.

— Maman ! S'écria Maura, paniquée. Papa !

Elle tenta d'ouvrir la porte une nouvelle fois mais elle ne céda pas. Alors elle tapa furieusement contre elle, déchaînant sa colère et tristesse. Maura apercevait une couleur orangée propre au feu, ainsi que des lueurs vertes indiquant un sort. Les cris se turent soudain, entraînant un silence mortel.

— Maman ? Papa ?

Ce fut son cri à elle qui retentit ensuite, alors qu'elle se laissa tomber sans ménagement par terre, ne pouvant supporter plus longtemps son poids.



Maura se réveilla en sursaut, tremblant légèrement. Elle se ressaisit tout en s'asseyant en tailleur, prenant son visage entre ses mains. Heureusement, elle n'avait pas perturbé le sommeil de ses compagnes de chambre, et elle s'extirpa discrètement hors de ses couvertures. Dormir pour elle était devenu impossible après ce cauchemar, elle craignait si elle fermait les yeux d'en refaire un semblable. Elle attrapa donc un livre au hasard dans la petite bibliothèque installée par Edelyn, et descendit dans la salle commune.

Celle-ci était complètement vide, ce qui était normal vu l'heure (plus de trois heures du matin), Maura s'installa à sa place habituelle, c'est-à-dire sur un gros fauteuil confortable. Cependant, elle réalisa rapidement qu'elle ne pouvait juste s'asseoir et lire, elle avait besoin de bouger. Et son regard avait tendance à dévier vers la cheminée, ce qui éveillait de mauvais souvenirs.

Elle repoussa donc son livre, et entreprit à la place une balade dans les couloirs. Ces virées nocturnes l'avaient toujours apaisées, de retour en 1995, même si elle devait se montrer extrêmement prudente à cause du concierge. Mais Rusard n'était plus à Poudlard en 1942, à son grand plaisir.

Comme attendu, Maura ne croisa personne, excepté les tableaux qui dormaient à poings fermés. L'air frais était revigorant, et puis la jeune femme pensait que Poudlard était d'autant plus beau la nuit. La vue était somptueuse à travers les fenêtres, la lune éclairant le lac, et c'était pour profiter de ce sublime spectacle, et pour une nostalgie passagère, que Maura se dirigea vers la Tour d'Astronomie ; l'endroit où elle avait fait ses adieux à Harry.

Son amitié avec Harry avait été soudaine, sortie de nul part, pourtant elle lui avait donné l'impression qu'elle était destinée à être depuis le début.

Maura cessa de songer à Harry lorsqu'elle aperçut l'ombre d'une silhouette. D'un vif réflex, elle prit sa baguette, et murmura "lumos" pour y voir clair. Elle reconnut aussitôt Tom, et se demanda qu'est-ce qu'il pouvait bien faire ici à une heure pareille. Une voix dans sa tête, en revanche, lui hurlait de lancer un sortilège impardonnable.

« Vas-y, Maura.
Tout sera fini.
Tu reverras tes parents.
Tu reverras ta tante.
Et tous tes amis.
Vas-y, Maura.
Tu seras heureuse.
N'est-ce pas ce que tu désirais ? »

Maura tint fermement sa baguette par peur de la lâcher, et la pointa sur Tom, déterminée à achever sa tâche. La rage qui l'habitait faisait trembler sa main, et la peur lui donnait les larmes au yeux. Néanmoins, elle se concentra sur la colère qu'elle ressentait, ouvrit la bouche pour prononcer le sort, avant qu'il ne se retourne.
Alors elle rangea rapidement sa baguette et reprit ses esprits.

– Maura, c'est toi ? La questionna Tom en marchant dans sa direction.

Les détails de son cauchemar revinrent la hanter, jamais Maura fut moins capable de "jouer la comédie".

— Ne t'approche pas de moi !

Il ne l'écouta pas pour autant, cherchant à comprendre.

— Reste là ! Ne viens pas plus près ! Putain, tu ne peux pas faire ce que je te dis pour une fois ?!

Sans pouvoir le contrôler, elle éclata en sanglots, et tout comme dans son rêve, elle se laissa glisser sur le sol froid. À ce moment, elle se fichait royalement de la présence de Tom, du fait qu'il la voie ainsi, si vulnérable.

Elle savait que ce ne serait plus le cas le lendemain, ou plutôt plus tard dans la journée.

— Laisse-moi tranquille, ajouta-t-elle en pleurant, pars. S'il te plaît, Tom, pars.

— Je ne partirais pas.

Contre toute attente, il s'assit à ses côtés.

— Pourquoi ?

Il haussa simplement les épaules.

— Ce n'est pas ce que font les amis ?

— On n'est pas amis. Je ne suis même pas sûre que tu en ai vraiment.

Il ne s'énerva pas, peut-être car il le savait au fond. Ce qu'annonçait Maura n'était qu'une triste vérité.

— C'est vrai. Je ne me soucie de personne. Si mes sois-disants "amis" viendraient à mourir, je ne les pleurerais pas.

— Alors peux-tu m'expliquer pourquoi tu es là, à côté de moi, à trois heures du mat alors que je chiale comme une faible ?

— Tu n'es pas faible, Maura.

— Ça ne répond pas à ma question.

— Je ne peux pas continuer de m'ouvrir à toi, comme un ami le ferait, si toi tu ne fais rien.

Tom avait raison. Maura fit donc un effort en lui révélant ce que peu savaient.

— Mes parents ont été assassiné quand j'avais quatre mois. Un incendie magique impossible à reverser, expliqua-t-elle. Ils étaient coincés dans leur chambre et ne pouvaient en sortir. Moi, j'étais dans la pièce d'à côté, et honnêtement, je ne me souviens de rien. Pourtant, ça m'empêche pas d'en faire des cauchemars.

— Tu en as fais un, tout à l'heure, devina-t-il.

Elle hocha gravement la tête.

— Je suis partie vivre chez ma tante, la seule famille qui me restait. Mais elle était... disons qu'elle n'était pas faite pour élever un enfant. Irène me disait souvent qu'elle était veuve, je l'ai cru sur parole jusqu'à que je n'apprenne que l'homme qu'elle aimait en avait épousé une autre. Il était mort à ses yeux, alors peut-être que finalement, d'une manière tordue, elle l'était. Ce n'est pas pour autant que je n'ai pas grandi avec de l'amour, seulement ce n'était pas celui de ma tante. Elle avait une pensine, un peu comme celle de Dumbledore, et quand j'ai été assez grande pour comprendre, elle m'a confié les souvenirs qu'elle avait de mes parents. Alors oui, j'ai vécu avec le fantôme de ma mère et mon père, et à travers ces souvenirs, je les ai aimés.

Dark Soul | T. JEDUSORDes histoires addictives. Découvrez maintenant