Des meurtres. Des incendies ravageurs. Des conditions climatiques plus que préoccupantes. Des inondations. Une économie à la baisse. Des braquages à répétition.
En soupirant, Catherina ferma les yeux et verrouilla son téléphone pour ne plus avoir à lire ces atrocités. Elle s'était enfuie de chez elle et voilà le résultat. Son pays allait finir par être détruit. Elle pensait être en sécurité en partant loin, mais elle se trouvait toujours autant en danger depuis son arrivée à Paris. Elle jeta un coup d'œil à sa montre : une heure trente du matin. Heureusement, elle prenait l'avion dans huit heures, à 9h35. Elle pria mentalement pour ne rencontrer aucun problème d'ici là.
Derrière elle, le bruit familier d'une canette qu'on ouvre se fit entendre. Catherina ne prit pas la peine de se retourner, sentant déjà son aura.
-Comment avez-vous su que me « tuer » allait le faire fuir ?
-Je ne le connais que depuis peu, mais c'est dans la nature humaine. J'ai vécu à leurs côtés pendant dix-neuf ans. Assister à la mort de quelqu'un est quelque chose de traumatisant, même sans connaître la personne. Jesse n'allait pas se raisonner seul et je n'y arrivais pas, même en tentant la méchanceté. J'ai fait la dernière chose qu'il restait à tenter pour qu'il parte, et ça a marché. Et puis...
Sa voix semblait absente. Sur ses genoux repliés, elle appuyait un carnet aux pages blanches blanc qu'elle noircissait d'informations, de schémas, de données.
-Je n'ai pas non plus pris le temps de réfléchir. Lorsque j'ai quitté le Brésil à la hâte, c'était comme si je ne contrôlais rien. Comme si on me guidait intérieurement pour ce que j'avais à faire, qu'une petite voix dans ma tête me murmurait des choses. Je crois que je les écoutais sans en avoir totalement confiance, souffla-t-elle.
-Pourquoi ne pas l'avoir tué lui ?
Cette fois, Catherina releva la tête et posa un regard presque atterré sur l'homme devant elle. Ses larges épaules et sa carrure imposante ne semblait pas l'impressionner, pas plus que son pantalon noir et sa veste épaisse en treillis militaire qui cachait à peine sa masse musculaire. Une paire de lunettes aux verres sombres étaient remontés sur le haut de son crâne chauve et ses petits yeux de fouine paraissaient très sérieux, attendant la réponse à sa question.
-J'espère que c'est une blague, Magoa.
-Je ne suis pas spécialement réputé pour faire des blagues Katalina.
-Peut-être, mais tu peux garder ce genre d'allusion pour toi. Je suis revenue parmi vous, mais cela ne m'empêcha pas de conserver des liens très forts avec les humains. Et je ne laisserai aucuns démons s'en prendre à ceux qu'il me reste. Jesse Anderson fait partie de ceux que vous ne devez pas attaquer, répondit calmement Catherina.
Depuis sa discussion avec Jesse, elle se sentait si... Différente. Elle savait qu'elle avait fait le bon choix en « chassant » ainsi Jesse. C'était pour lui, pour sa sécurité. Mais avait-elle eu raison de laisser sa nature démoniaque reprendre le dessus sur sa nature humaine ? Elle ne ressentait plus rien, à part une sorte de lassitude, d'indifférence totale. Le sort de Jesse la préoccupait, mais n'occupait pas ses pensées comme elle l'avait cru en le voyant s'enfuir horrifier. Ses sentiments paraissaient s'être mis en veille, voire complètement éteint.
Catherina n'avait plus le dessus : c'était Katalina qui avait pris les commandes.
C'était effrayant. Catherina aurait aimé dire qu'elle s'était faite manipulée, mais c'était faux. Elle avait volontairement laissé sa nature démoniaque revenir. Elle avait volontairement laissé Katalina s'installer en elle.
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Demonic Game [Tome 1]
FantasyLes gens ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être. L'oeil humain se fait souvent tromper, et ces êtres en sont la preuve. Leur charisme les rend désirables tout en se fondant parmi les hommes, et sous leurs formes réelles, leurs pouvoirs dépasse...
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