Chapitre 1 :

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« Si vous trouvez ce message, même par le plus pur des hasards, souvenez-vous d'une chose : ne faites confiance à personne. Un traître peut se cacher derrière un ami. Je sais ce que je dis. J'en paye le prix fort, en ce moment. Mais j'ai compris certaines choses également. Votre entourage n'est qu'un vulgaire tissu de mensonges, une illusion à peine crédible pour façonner un semblant de réalité. Vous n'êtes jamais en sécurité, nulle part. Les gens comme moi ne sont pas censés exister en même temps que vous. Nous sommes différents. Nous ne sommes pas à notre place dans ce monde, mais la mort nous attend sagement dans les autres. Vous n'êtes pas seuls, humains, à vivre sur Terre. Des êtres bien plus forts, bien plus dangereux et vicieux, foulent le même sol que vous. Mais je ne peux pas en dire plus, on risque de me repérer.

Et quoi qu'on puisse vous raconter à mon sujet, ne le croyez en aucun cas. Sachez seulement que je n'ai rien fais, que je suis innocente.

C.K.R »


La jeune fille posa son stylo, plia soigneusement la feuille en deux, et la déposa sur le comptoir en verre du magasin désert. Il devait être aux alentours de 1h du matin, aussi avait-elle du désactiver le système d'alarme pour entrer. Elle enfonça deux boîtes de sandwich, des paquets de biscuits et une bouteille d'eau dans son sac à dos, qu'elle balança sur son épaule gauche. Malgré ses cernes qui trahissaient son évident manque de sommeil, son regard était alerte et furtif, semblant analyser le moindre détail de son environnement, comme un animal traqué prêt à détaler. Elle ouvrit prudemment la porte, et sortit de l'épicerie pour s'engouffre en vitesse dans une ruelle étroite, à peine éclairée par la lumière rassurante de la lune, et sa silhouette se perdit dans l'obscurité.


Cinq jours plus tôt...


-Catherina Rodriguez, 15/20. On a rarement vu des notes pareilles en 1ère année, je vous félicite Mademoiselle.

Catherina esquissa un sourire satisfait en entendant les éloges de son professeur. Cependant, elle s'abstint de tout commentaire jusqu'à la fin des cours, à midi pile, ne souhaitant pas s'attirer les éventuelles foudres des autres étudiants. Elle rangea son bloc-notes et sa trousse dans son sac à main et sortit. Le soleil était aveuglant, et il baignait de sa chaleur la cour de l'université de droit de Sao Paulo. La jeune fille s'empressa de retirer sa veste en jean, et se dirigea vers le parking de la fac pour récupérer sa voiture, un cabriolet Mustang d'un rouge éclatant qui faisait sa fierté. Elle balança son sac et sa veste sur la banquette arrière et démarra le moteur. Elle roula un quart d'heure pour retrouver ses amies dans leur bistrot préféré, proche d'une immense galerie marchande regorgeant de magasins de vêtements, de chaussures et de maquillage. Elle trouva rapidement une place dans un parking sous terrain, et s'empressa de rejoindre le lieu de rendez-vous. 

Sofia et Paula étaient déjà là, installées en terrasse. Sofia était en fac de médecine, et projetait de devenir une chirurgienne de renom : c'était une jolie brune pétillante aux yeux noisettes, au sourire chaleureux et à l'allure sportive qui témoignait de ses nombreuses séances de natation. Quant à Paula, c'était une fille énergique et pleine d'entrain, à la longue chevelure de feu retenue en une épaisse natte sur le côté et aux grands yeux bleus. Elle étudiait dans une brillante école d'art et de design, ce qui correspondait parfaitement à sa personnalité décalée.

Catherina tira une chaise et prit place près d'elles après les avoir saluer. Elles bavardèrent une bonne dizaine de minutes avant que Carmen, la dernière représentante de leur quator, arrive enfin. Stéréotype de la brésilienne, Carmen était plutôt petite, et son épaisse chevelure de jais encadrait un ravissant visage aux yeux verts émeraudes, qui faisait des ravages dans les couloirs de l'université de chimie dans laquelle elle étudiait. Lors de leurs sorties en ville, assez fréquentes, le petit groupe ne passait jamais inaperçu. Les filles appréciaient, certes, mais elles restaient toujours correctes et naturelles, ne cherchant pas l'attention des autres. Dès que Carmen fut installée, la petite bande passa commande. Malgré leurs inscriptions dans des universités différentes, elles n'avaient pas perdu le contact, et elles se voyaient fréquemment après leurs cours respectifs. L'ambiance était légère, et les quatre filles riaient aux éclats en sirotant leur bière et en dévorant leur plat.

Demonic Game [Tome 1]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant