Catherina se réveilla en sursaut. Ces terreurs nocturnes étaient récurrentes et semblaient ne jamais prendre de repos. Chaque fois, elles revenaient lui saper son énergie. Chaque fois, les cadavres laissés derrière elle revenaient la hanter. Elle aurait donné n'importe quoi pour retrouver Rwan et ses amies en vie. Comme si toute cette affreuse histoire n'avait été qu'une pure invention de son esprit. C'était peut être le cas d'ailleurs, elle aurait très bien pu devenir folle soudainement. Mais cela semblait peu probable, et les visages de ses morts étaient bien trop précis pour n'être qu'une création d'un esprit malade.
Elle se redressa mécaniquement et repoussa la lourde couette. Le soleil éclairait maintenant les pièces de la vieille bâtisse, dans laquelle un silence pesant régnait. Catherina se leva et chercha la salle de bain. Lorsqu'elle l'eu trouvé, elle entreprit de vérifier l'installation d'eau courante. Curieusement, tout fonctionnait parfaitement alors que la maison semblait abandonnée depuis quelques mois. Mais elle n'allait pas s'en plaindre, et la jeune fille ôta ses vêtements et entra dans la cabine de douche. Lorsque le jeu d'eau chaude heurta son corps, elle frissonna. Cela faisait cinq jours qu'elle n'avait pas ressenti le plaisir que pouvait apporter une simple douche bien chaude. Elle retrouvait durant un moment restreint un semblant de confort et d'humanité dont elle avait été brutalement privée. Elle leva la pomme de douche au dessus de sa tête, et l'eau imbiba ses longs cheveux blonds platine. Elle avait en effet préféré se teindre les cheveux afin de ne pas se faire repérer facilement par les « membres » mystérieux de l'organisation qui avait fait assassiner ses amies et Rwan. D'abord réticente, elle avait finalement été plutôt contente du résultat, et en quelques jours, elle s'y était habituée. Ce changement n'altérait en rien sa beauté naturelle, bien au contraire : sa nouvelle couleur s'accordait parfaitement avec ses prunelles d'acier, l'ensemble lui conférant un côté mystérieux et froid, quasi glacial. C'était ce qu'elle désirait : elle ne voulait pas que quelqu'un s'approche d'elle. Elle ne souhaitait plus répandre de nouvelles souffrances autour d'elle. Elle avait l'habitude de tout cela, et elle n'en pouvait plus. Elle était épuisée de voir les gens qu'elle aimait mourir sans qu'elle ne puisse faire quoi que se soit pour les retenir.
Elle finit par sortir de la douche, et enveloppa son corps svelte dans une épaisse serviette de bain bleue ciel qui avait été épargné par les moisissures. Elle s'approcha du miroir fixé au dessus du lavabo. La fille à la chevelure platine, aux cernes épais et au teint blême que lui renvoyait le reflet ne pouvait pas être elle. C'était impossible. Comment ces types étaient parvenus à la briser ainsi en si peu de temps ? Une larme roula sur sa joue et s'écrasa dans le lavabo, tandis que ses mains tremblaient de rage.
Quatre ans plus tôt...
-Rodriguez, qu'est ce que tu fabriques ? Aller, magne toi où le boss va encore nous gueuler dessus par ta faute !
Catherina pressa le pas pour rattraper Sergio Gomez, son ami d'enfance. Aussi longtemps qu'elle s'en souvienne, elle avait toujours fais les quatre cent coups à ses côtés, et elle le connaissait par cœur. Ils se complétaient littéralement, mais depuis quelques temps, Sergio et elle essuyaient quelques disputes à propos du trafic. Après le drame qui frappa la famille de Catherina, elle s'était davantage isolée avec Sergio, qui trempait à ce moment là dans quelques affaires douteuses. Cependant, elle s'en moquait bien, et avait fini par elle-même aider son ami dans son trafic de drogues. Elle y avait goûté. Rien de très fort, juste quelques joints et de l'ecstasy une fois, à l'occasion d'une soirée arrosée sur la plage. Et puis, plus tard, elle avait sauté le pas en s'enfonçant une seringue d'héroïne dans le bras. Mais elle commençait à se rendre compte dans la merde dans laquelle elle se trouvait, alors que Sergio refusait d'ouvrir les yeux. Il ne voyait que l'argent qu'il gagnait, et se moquait ouvertement des risques qu'il courait. Catherina ne le comprenait plus, et cela l'inquiétait, car elle craignait pour la vie de son ami.
VOUS LISEZ
Demonic Game [Tome 1]
FantasíaLes gens ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être. L'oeil humain se fait souvent tromper, et ces êtres en sont la preuve. Leur charisme les rend désirables tout en se fondant parmi les hommes, et sous leurs formes réelles, leurs pouvoirs dépasse...
![Demonic Game [Tome 1]](https://img.wattpad.com/cover/116943638-64-k623721.jpg)