Chapitre 5 :

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-Chambre 26, au deuxième étage. Cela vous convient ?

Catherina hocha la tête.

-C'est parfait, merci.

Elle s'empara des clés que l'hôtesse lui tendit et sans un mot de plus, se dirigea vers l'ascenseur, son sac balancé sur l'épaule. Lorsqu'elle entra dans sa chambre, elle verrouilla immédiatement la porte et recula, comme si elle craignait que quelqu'un ne l'ouvre malgré tout. Elle resta quelques secondes plantée devant, avant de soupirer, soulagée, et de se retourner pour observer sa chambre. Cette dernière n'était pas la plus grande : elle avait du prendre une chambre premier prix pour éviter de gaspiller trop d'argent. Mais cela lui convenait, et elle soupira de plaisir en voyant la salle de bain. Sans attendre, elle se déshabilla et se précipita sous la douche. L'eau chaude, quasi bouillante, la fit frissonner. Elle ne s'éternisa pas, et ressortit rapidement. La jeune fille enroula une serviette autour d'elle et s'échappa de la pièce au miroir embué par la vapeur d'eau. L'air frais de la chambre la fit hésiter à y retourner, mais elle brava le froid et décida de fermer les rideaux, avant d'attraper la télécommande du téléviseur fixé au mur. Elle l'alluma, et se mit à zapper. Les chaînes françaises étaient pour elle un grand mystère, mais elle en trouva une, sur la TNT, qui diffusait les clips musicaux tendances du moment. Elle augmenta raisonnablement le volume, et acheva de sécher son corps trempé avec la serviette tout en fredonnant les paroles des chansons qu'elle connaissait. Elle enfila rapidement un jean et un t-shirt blanc, et pencha sa tête en avant pour secouer ses cheveux humides. Elle se redressa, retourna dans la salle de bain en se dandinant au rythme de la musique, et observa son reflet dans le miroir maintenant désembué. Catherina se mordit les lèvres en voyant le visage pâle et épuisé que lui renvoyait la glace. Elle secoua nerveusement la tête et se passa le visage sous l'eau du robinet avant de frotter un savon offert par l'hôtel sur peau pour la nettoyer. Cela lui fit un bien fou, et en relevant la tête, son reflet la fit sourire. C'était déjà bien mieux. Elle essuya sa peau et sortit à nouveau de la salle de bain. 

Et pour la première fois depuis sa fuite éperdue, elle s'autorisa à relâcher la pression. 

Elle augmenta encore un peu le volume de la musique, ferma les yeux, et commença à onduler ses hanches, à tourner sur elle-même en balançant sa tête de droite à gauche en faisant voler ses cheveux platine. Finit, les danses sensuelles des boîtes de nuit brésiliennes, son verre à la main, encadrée de ses amies. Elle n'avait personne à séduire, puisque l'homme qu'elle aimait reposait maintenant dans une tombe. Elle n'avait même pas pu être présente pour son enterrement, ni celui de ses trois amies. Mais Catherina chassa bien vite ses pensées négatives et s'obligea à vider son esprit en tournoyant dans sa chambre, pieds nus, bras écartés, yeux clos. Lorsqu'elle se laissa tomber sur son lit, elle était épuisée. Toute la fatigue qu'elle avait accumulé durant ces derniers jours lui tomba dessus. Son souffle était saccadé. A mesure qu'elle retrouvait une respiration plus calme, sa poitrine se soulevait de manière plus régulière. 

Elle se redressa, enfila sa paire de baskets ainsi qu'une veste et sortit de sa chambre. Elle voulait visiter brièvement les environs, et dans le meilleur des cas, trouver une épicerie ou un supermarché pour acheter un peu de nourriture. Elle s'empressa de rabattre sa capuche sur ses cheveux platine et de baisser la tête dans la rue, fixant obstinément le sol et ne jetant que de rares coups d'œil aux alentours. Elle repéra alors une petite boutique d'épicerie, et se dépêcha d'entrer dans le magasin. Elle ne souhaitait pas perdre de temps ici. C'était beaucoup trop risqué, et elle préférait éviter de traîner trop longtemps dans les rues. De plus, l'échoppe allait fermer d'ici un quart d'heure. Elle attrapa plusieurs boîtes de sandwich, des bouteilles d'eau, des paquets de biscuits. En réfléchissant, elle se souvint de la petite kitchenette dans la chambre d'hôtel. C'était l'occasion pour elle de manger autre chose que ces sandwiches immondes qu'elle avalait depuis une semaine déjà. Catherina attrapa alors un paquet de pâtes, un pot de crème, une barquette de lardons fumés et du gruyère râpé. Elle raffolait des pâtes à la carbonara, et cette escale à Paris lui offrait la possibilité de renouer avec ce petit plaisir. Elle tendit un billet de 20€ au caissier, récupéra la monnaie, et se dépêcha de repartir à l'hôtel. Elle gardait la tête baissée et marchait vite, se forçant à ne pas ralentir.

Demonic Game [Tome 1]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant