- C'est bon, je vais y aller, accepta-t-elle après s'être relevée de l'imposante table en acajou sur laquelle elle s'était appuyée, nous prenant tous au dépourvu.
Elle avança jusqu'à la porte et pivota légèrement la tête vers nous.
- Inutile de faire cette tête-là, plaisanta-t-elle avant de s'en aller.
Je restai un moment impressionnée avant de me ressaisir. Nous étions là pour autre chose et je m'impatientai de savoir ce dont il s'agissait. Je faillis questionner Alice immédiatement, avant de renoncer en constatant l'air concentré qu'elle affichait. Je promenai mon regard à travers la pièce en attendant le retour d'Esmée et de Rose, ainsi que celui du reste des membres de la famille.
Personne n'avait jugé bon d'allumer la lumière apparemment, exactement comme au rez-de-chaussée. L'éclat sélène passant au travers des vastes fenêtres de la pièce suffisait amplement à éclairer celle-ci, tout en lui fournissant cette même atmosphère clair-obscur un peu effrayante de tout à l'heure.
Carlisle était assis dans son fauteuil, les mains jointes contre le bas de son visage, un peu comme s'il priait. Alice, elle, s'était adossée à l'un des murs lambrissés, en plein dans le rayon de la lune. Le contraste entre le bois sombre des bibliothèques derrière elle et la pâleur de son visage, renforcée par la lueur laiteuse de la pièce, avait quelque chose d'inquiétant.
Edward et moi allâmes nous placer près des fenêtres et je scrutai l'espace d'une seconde la forêt à l'extérieur, avant de revenir à l'endroit présent. Nos ombres, générées par la lumière de la lune que nous dissimulions en partie, étaient immobiles sur le sol et sur le mur d'en face, cachant à demi le visage d'Alice.
La porte s'ouvrit tout à coup sur Esmée et ses deux fils. Jasper rejoignit immédiatement sa moitié et passa un bras autour de sa taille, tandis qu'Emmett fronçait les sourcils en constatant l'absence de Rosalie. Sa mère le remarqua et s'approcha de son mari, qui quitta sa posture proche de la prière.
Une communication silencieuse s'installa entre eux. Je ne vis pas ce qu'Esmée lui demanda mais en revanche, je lus sur ses lèvres la réponse de Carlisle. Parti chercher Jacob, déchiffrai-je, alors qu'il se penchait légèrement sur le côté pour qu'Emmett puisse le voir également. Celui-ci ne fit aucun commentaire et alla s'installer près de la porte, à côté d'une toile d'un gris un peu trop terne à mon goût.
Esmée, quant à elle, alla se poster derrière son mari, les mains posées sur le dossier du fauteuil en cuir. Personne ne semblait vouloir troubler le silence qui s'était installé dans la pièce peu après notre arrivée. Tout était étrangement calme et bizarrement apaisant.
Peu à peu, l'atmosphère avait perdu de son côté inquiétant et respirait progressivement la sérénité. Je mis un certain temps avant de soupçonner Jasper d'y être pour quelque chose. Il n'avait pas fait cela depuis si longtemps que je n'avais pas immédiatement repéré le rôle qu'il jouait dans le calme qui régnait à présent.
Mon beau-frère semblait en effet aller un peu mieux et je devinai pourquoi. Les personnes présentes dans la pièce n'étaient plus - pour un temps du moins - animées par la douleur et le désarroi, mais au contraire, par des énergies positives. L'excitation, l'espoir également.
VOUS LISEZ
TWILIGHT - RÉVOLUTION (Tome 2)
Fanfiction"Je me demandais combien de sillons le chagrin creuserait encore dans ma poitrine. Combien de temps encore allais-je devoir me débattre avec ma peine ? [...] Je me mis à sangloter en silence, le cœur douloureux. C'était inutile, je ne m'en sortirais...
