Lucas et Clémence *
DRING
La sonnerie de l'entrée me réveille en sursaut.
Je me relève d'un bond brusque.
Putain.
Où suis-je ?
Je vérifie soudainement le réveil sur ma table de nuit et constate qu'il est déjà 21h passé. J'ai autant dormi que ça ? Il faut croire que j'en avais besoin...
Je me recoiffe approximativement devant le miroir de ma chambre et trottine vers la porte d'entrée, le coeur battant.
Et j'ouvre la porte.
Beaucoup d'émotions me submergent en même temps. Je fixe mon cousin derrière Arnold, la respiration coupée.
Il n'a pas changé ou du moins presque, il a toujours la même coupe de cheveux brune pas trop longue, cette même lueur dans ses yeux depuis tout petit. Comme si tout ce qu'il l'entoure est incroyable.
Je ne peux que le fixer à cette instant précis, le revoir après tant de mois me fais presque suffoquer.
Tout ce qui se passe autour de nous deux n'a plus d'importance, il n'y a que nos deux regards ancrés l'un dans l'autre.
Et j'ai peur. Peur de ce qu'il doit penser à cet instant là.
Arnold entre comme si de rien n'était, ne se doutant de rien. Il commence à parler de tout et n'importe quoi sans que personne ne l'écoute.
Lucas, mon cousin, ne bouge pas d'un pouce. Resté sur le perron de la porte il a l'air paralysé. Je dois être à peu près dans le même état que lui.
Arnold s'arrête de parler soudainement se rendant compte qu'il parlait tout seul. Il se dirige entre nous deux et brise notre échange de regard. Il nous regarde tour à tour, les poings sur les hanches.
- J'en étais sûr ! Vous vous connaissez ! Ça se voit à des kilomètres à la ronde ! S'exclama Arnold théâtralement.
- De quoi est-ce que tu parles ? Répondis Lucas les sourcils froncés.
Sa voix rauque et grave m'avait manqué, j'ai l'impression de ne pas l'avoir entendue depuis des siècles.
- Arrête un peu chou, vous avez eu exactement la même réaction quand j'ai parlé de l'un à l'autre. Railla-t-il sévèrement. Maintenant j'aimerai savoir la nature de votre relation. Déclara Arnold les bras croisés sur sa poitrine.
- C'est mon cousin. Dis-je d'une petite voix en baissant les yeux sur mes chaussures. C'est lui qui s'est occupé de moi après la mort de mon père, c'est lui qui m'a consolé quand je n'allais pas bien, c'est lui qui m'a sorti de la dépression, c'était lui ma bouée de sauvetage.
Il eu un long silence. Comme si quelque chose s'était abattu sur nous.
Je n'ose pas relever les yeux après ça. Mais je me force à le faire car tout est de ma faute.
Sur le cul, Arnold ne dit rien. Tandis que Lucas me fixe intensément.
Arnold rompt le silence en s'adressant à son petit ami.
- C'est vrai ? Mais pourquoi tu ne m'as rien dis ?
Lucas le regarde quelques instants et se gratte ensuite la nuque.
- À vrai dire, je ne sais pas. Savoir que Clémence était aussi proche de moi alors que je n'ai plus eu de nouvelle d'elle depuis des mois m'a semblé irréel.
J'ai la gorge noué après ce qu'il vient de dire.
Une larme coule d'elle-même sur ma joue car la culpabilité est insupportable.
Arnold décide de nous laisser discuter tranquillement en allant commander les sushis.
Je regarde Lucas et lui indique de me suivre.
Il m'emboîte le pas et nous nous dirigeons vers le balcon.
Je m'installe sur une des chaises en fer et mon cousin en fait de même.
Je regarde la nuit qui tombe sur Seattle, l'esprit perdu.
- Il faut qu'on parle Clémence. Suggéra Lucas.
- Je sais. Dis-je simplement.
Il embraye la seconde d'après.
- Pourquoi ? Je veux dire...pourquoi t'es partie ?
Sa voix se brise à la fin de sa phrase.
Il me lance un regard profondément blessé.
Mon cœur se mit à battre plus fort. C'est de ma faute s'il est devenu si vulnérable. Du jour au lendemain je n'étais plus là.
- Je suis désolée. Tellement désolée si tu savais.
Je baisse le regard ne pouvant plus soutenir le sien.
- Désolé ? Tu te fous de moi ? C'est tout ce que tu trouves à dire ?
- Lucas... Écoute-moi...
- Non ! Toi tu vas m'écouter ! Je crois que tu ne te rends pas compte, tu es partie du jour au lendemain sans explications. J'ai cru que je t'avais perdu comme oncle Mark ! Putain !
Il se prit la tête entre les mains.
Je baisse le regard et prend une grande inspiration.
- Je croyais que se serait simple. Que j'aurais juste à suivre leurs directives, et que je pourrais aider papa. Mais ça ne s'est pas passé comme prévu. La situation m'a échappée, je ne savais plus quoi faire et cela faisait déjà quelques mois que j'étais partie. Et puis ils ont essayé de me retrouver, j'ai cru que j'allais y passer. Murmurai-je.
Une larme coule alors toute seule sur ma joue silencieusement, je ne pus ne rien dire de plus. Il n'a pas dû comprendre mes explications quelques peu brouillonnes.
Il me regarde surpris voire un peu désarçonné.
- Attends Qui c'est "ils" ? Et comment ça aider oncle Mark ?
Des flashbacks des péripéties de ces derniers mois me revinrent en mémoire.
L'enlèvement.
Les dettes.
Le chantage.
Le braquage.
La paranoïa.
La fuite et l'incertitude.
Ma respiration s'accélère. Sans que je ne puisse y faire quelque chose.
Je sèche rageusement cette larme et me lève. La colère monte en moi, c'est comme une soudaine prise de conscience. J'ai putain de mal agit. Tous les gens que je perds, c'est de ma faute. Je blesse tout le monde, je ne suis qu'une putain de grenade qui explose dès que je perds le contrôle et ça fais des ravages autour de moi.
Je tape dans un pot de terre cuite présent sur mon balcon et me tire les cheveux le plus fort possible. Je pousse un juron, mais la douleur n'est rien comparée à celle en moi. Et ça me fais tellement chier.
Ni une ni deux, Lucas me prends dans ses bras et me serre le plus fort possible. Je lui cris de me lâcher mais il n'en fit rien. Malgré que je fasse de la boxe depuis des années, Lucas a toujours plus de force que moi. Alors doucement Lucas renforce sa poigne envers moi et me murmure quelque chose pour me calmer.
Tout en me caressant la tête, il me dit ce qui permet de m'apaiser. Il n'a rien oublié.
Quelques minutes après, il se détache de moi et nous restons à discuter calmement cette fois de ma vie à Seattle.
Une vingtaine de minutes plus tard, nous rejoignons le salon.
Arnold est là en train de dresser les sushis dans une assiette. Il relève les yeux vers nous et esquisse un sourire.
Il n'a pas besoin de parler pour voir que cette discussion plutôt animée nous a fait du bien à tous les deux.
Nous nous installons sur mon canapé et passons la soirée à regarder des films en mangeant.
La soirée se passe finalement assez bien, nous avons même beaucoup rigolé.
Je suis soulagée.
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Hello !
Qu'avez-vous pensé de ces retrouvailles ?
J'espère que vous avez aimé ce chapitre !
Bisous !
1201 mots.
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Si seulement tu savais...
Teen FictionPrise dans l'engrenage d'un célèbre gang de rue, Clémence va devoir échapper à l'envers du décor. Commencé le 26/02/17. #432 dans la catégorie Dépression 17/11/18 #900 dans la catégorie Rencontres 16/04/19 #603 dans la catégorie Espoir 06/06/19 #1 d...
