Une nuit agitée...

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C'était une nuit sombre, pleine d'ombres, remuant dans les recoins obscurs...

Une ville endormie, aux heures les plus profondes de la nuit...

Le ciel était à peine illuminé d'une lumière discrète, par la voie lactée brièvement éclairé.

Dans cette agglomération, agrégat d'âmes humaines souvent en peine, une silhouette se glisse, serpente et virevolte.

Elle évite les obstacles urbains aisément, se faufilant dans ce labyrinthe nocturne...


                                                                                   *


Elle brossait sa chevelure, fière d'avoir su l'entretenir assez longtemps pour qu'elle atteigne le bas de son dos. C'était un peu un exploit car garder les cheveux longs était mal vu dans cette ville et on encourait des punitions variant selon la gravité du crime... Salia avait recouru à un nombre incalculable de stratagèmes pour cacher ses cheveux, et ça n'avait pas été facile ; nouvellement arrivée dans la cité, elle avait été surveillée intensivement les quelques semaines qui avaient suivi, jusqu'à ce que, ne trouvant aucun élément suspect chez elle, les Gardiens de l'Ordre la laisse libre de ses mouvements.


La jeune fille se regarda dans le miroir et sourit. Elle avait fait honneur à l'héritage de son père. En effet, même si la surveillance avait été intense, les gardes n'avaient jamais pu apercevoir sa véritable identité. Jamais ils n'avaient vu ses longs cheveux noirs-bleutés, ni sa peau parée de reflets argentés ou ses yeux couleur nuit étoilée, ni-même ses oreilles légèrement pointues... Salia pouvait donc affirmer haut et fort qu'elle avait repris avec brio les capacités de camouflages de son père.


La chambre qu'elle avait choisie était agréable, même si elle était plutôt exiguë... Salia avait réussi à dénicher une perle rare dans cette grande ville, une petite auberge pas forcément reconnue mais extrêmement bien tenue. La chambre était plutôt simple, avec un lit assez confortable, une armoire rudimentaire pour ranger sommairement ses affaires, une chaise et une petite table, surmontée d'une cuvette d'eau et du miroir devant lequel elle se tenait. Une bougie diffusant une douce lueur complétait le tout, posée sur la table, près d'une fenêtre affublée de volets, plus sûrs à cette époque que des rideaux. Salia soupira et regarda son chronomar, tout en fronçant les sourcils. Son rendez-vous était en retard...

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