La silhouette était restée de marbre à l'extérieur, immobile dans la fraîcheur.
Mais tout autre chose se produisait en son fort intérieur.
Une révolution était en marche, inconnue encore de l'organisme patriarche.
Cette ombre se fondit dans la pénombre, rejoignant brièvement ses ténèbres.
Son but en vue, elle ne le lâcherait plus. Tiens bon, surtout, car désormais il joue.
*
Le frère et la sœur se regardaient avec de grands yeux horrifiés. Non seulement, il fallait trouver un moyen de libérer leur père lors du transfert, mais en plus, il allait falloir trouver ce moyen rapidement, parce qu'ils n'avaient plus le temps.
Heureusement pour eux, Thundarius était là et avait l'expérience nécessaire aux situations urgentes. Il les interrompit dans leur échange et les fit redescendre sur terre.
Pendant qu'ils paniquaient, le Général avait vu l'escorte arriver et se mettre en place devant l'imposant bâtiment. Cette dernière était composée de dix soldats à pied, d'un Caporal et d'un Lieutenant, tous deux à cheval, et de trois Chevaliers, aux aguets.
On avait alors amené les prisonniers destinés au transfert, tous menottés et reliés entre eux par une longue chaîne en acier, métal peu supporté par les Alfides et les autres peuples féeriques.
D'ailleurs, en examinant les malheureux, Thundarius avait remarqué que seuls deux ou trois d'entre eux étaient humains. Tous les autres faisaient partie du monde surnaturel, preuve que les humains commençaient à mettre leur nez là où il ne fallait pas.
Dès que cette mission serait terminée, il devrait parler à Cornelius, le roi des Alfides, pour que ce dernier demande à l'Empereur des Féeriques de renforcer le Voile. Celui-ci, séparant les humains des autres espèces, servait à les protéger de leur malfaisance, permettant à tous de vivre sur la même terre sans s'entre-tuer.
Le Général avait encore froncé les sourcils, avant d'interrompre ses compagnons qui paniquaient. Il leur montra une faille, qu'ils pourraient exploiter lors de l'attaque. Il l'avait repérée juste avant, lui redonnant un peu d'espoir. Avec leur atout, ils pourraient réussir.
Salia se tourna vers Thundarius avec un air interrogateur sur le visage. Comment ce petit détail pourrait-il les aider à sauver les quelques dix prisonniers du transfert ? Elle regarda plus attentivement l'escorte, qui se mettait doucement en place, plus bas.
Le Lieutenant menait la marche, suivit d'un Chevalier. Venaient ensuite trois soldats, puis les prisonniers, qu'entouraient quatre autres soldats. L'escorte se terminait par les trois soldats restants, les deux derniers Chevaliers, et le Caporal fermait la marche.
Lorsque le Lieutenant fit un geste de la main, le convoi se mit en route, laissant derrière lui les gardes et le bâtiment de la guilde. La jeune femme jeta un coup d'œil à son frère, qui ne disait plus rien. Il avait les yeux fixés sur l'un des prisonniers, qu'elle avait aussi remarqué.
Il se tenait droit, fier, malgré les blessures et ecchymoses parcourant son corps. Les yeux devant lui, il soutenait ses camarades avec de légers gestes du menton ou des mains. Il était presque au milieu du convoi, le rendant encore plus difficile d'accès. Salia le regarda, les larmes aux yeux, oscillant entre la joie, la tristesse et la colère.
Ils l'avaient enfin retrouvé. Leur père, Jacriph, le cinquième Général du Royaume de Nox, du peuple des Alfides. Le maître du camouflage.
*
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La Silhouette
AvventuraUne silhouette se balade dans une ville endormie... Pendant ce temps, Salia essaye de réaliser son objectif. Nuit pleine de mystère, nuit pleine d'ombres, une chose est sûre, après celle-ci, plus rien ne sera comme avant. Les bouleversements que cel...
