Alors que le moment approchait, je me rendais compte qu'une profonde colère m'envahissait. Dévastatrice et dangereuse. Je baissais le pare soleil et ouvrait le petit clapet pour y regarder silencieusement mon reflet une fois de plus.
Mon regard semblait brûlé de détermination.
Si l'hypothèse de Chris s'avérait juste, cet alpha allait me le payer.
~~
Après avoir roulé pendant environ une heure, qui fut très longue et désagréable, Chris emprunta une artère presque invisible qui se séparait de la grande route principale. Cette dernière n'avait pour l'instant, fait apparaître aucun panneau d'information sur notre destination. Le chemin était de plus en plus chaotique alors que nous nous enfoncions davantage dans la forêt aux couleurs chatoyantes. Apparemment, la décision de cacher le campement grâce à la forêt n'avait pas été spécialement prise par la meute de mon âme-sœur, ça avait l'air monnaie courante pour les meutes de loups.
Je balayai d'un regard toute la zone environnante, espérant peut-être voir par miracle ma famille qui m'appellerait pour leur venir en aide. Bien entendu, tout ça n'était que chimérique et je le savais très bien. Il n'y avait pas de doute sur le fait que cet Alpha les retenait plus profondément dans ses camps, cachés, afin que personne ne leur vienne en secours. Peut-être en fais-je trop ? Je ne sais pas, mon instinct me dit qu'il se passe quelque chose de très louche vis-à-vis de leur disparition.
Vous me diriez aussi : qui sait, peut-être que la vie là-bas les satisfait ?
Seulement, je savais que ma famille n'avait pas une réelle affection pour ces êtres - bien entendu, seule ma demi-sœur ne partageait pas cet avis avec mes parents.
Ils leur portaient même une certaine animosité, allez savoir pourquoi. Et ils ne m'auraient pas laissés sans nouvelle. Ce n'était pas dans leurs habitudes, même pour Hannah.
J'allais pousser mon énième soupir quand mes yeux rencontrèrent le haut d'une toiture de maison. Soudainement sur mes gardes, je me redressais et ne la lâchais pas du regard.
Nous y sommes.
Mes sens étaient aux aguets, alors que l'Alpha ralentissait au fur et à mesure la voiture. Il finissait par s'arrêter devant une immense grille noire aux extrémités pointues et tranchantes et en profita pour communiquer avec sa meute, au vu de ses yeux dans le vague. Il avait tenu à ce que nous soyons accompagné d'au moins dix de ses Omégas.
"Ne sait-on jamais" m'avait-il dit en voyant mon regard perplexe.
Cependant, en y repensant, je le remerciais de sa vigilance. Venir autant à découvert n'était sûrement pas une bonne idée. Surtout qu'en sachant que les personnes que je venais chercher n'étant pas censés repartir avec moi. Quelques minutes plus tard, le gigantesque portail finissait par s'ouvrir lentement pour nous laisser passer, donnant l'impression qu'il nous ouvrait les portes à un endroit où nous n'en ressortirons pas indemnes. Et c'était naïf de ne pas le croire. Sans même être habitué depuis des années au fonctionnement des meutes, il ne fallait pas être un génie pour deviner l'ampleur de notre geste. Je coulais un regard vers mon âme-sœur et le détaillait discrètement, prenant mon dernier moment de calme avant notre arrivée.
Ses prunelles vertes reflétaient une inquiétude certaine qu'il essayait de camoufler à travers une posture droite, imposante et confiante. Cependant notre lien ne lui permettait pas de me cacher ses principales émotions. Sans surprise, celles-ci venaient parfaitement s'emboîter avec les miennes; nos craintes n'étant pas si différentes que cela. Je reportais mon attention sur la situation présente dès lors que nous entrions dans une gigantesque allée de pierres blanches. Rapidement, une quantité impressionnante de maisons plus ou moins imposantes nous firent faces. Leur style était beaucoup moins chaleureux et attirant que celui de la meute de Chris. Les maisons blanches semblaient n'avoir aucune âme, se côtoyant froidement de quelques mètres. Leur toiture grise ou marron paraissaient peser lourdement sur les structures, ne faisant que renforcer ce paysage sans saveur. Malgré l'architecture assez moderne et la grandeur du camps, l'ambiance stricte et taciturne me fît sortir une grimace indistincte.
Notre énorme berline s'arrêta au milieu de l'allée, laissant tout le plaisir à nos hôtes de nous observer. Car malgré le silence et l'absence de personne pour venir à notre rencontre, chacun savait que nous étions scrutés minutieusement.
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Loups Possessifs [EN PAUSE]
Werewolf"Le danger, ce n'est pas ce qu'on ignore, c'est ce que l'on tient pour certain et qui ne l'est pas." M. Twain Les certitudes sont dangereuses. Elles peuvent entraver et fausser la vision d'ensemble que nous avons réellement sur le monde et autrui. E...
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