18 - LEONHARD

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J'ai clairement marqué un point en approuvant la jeune femme - je ne sais pas trop ce que j'ai dit qui a fait mouche, mais elle s'est instantanément détendue et parait désormais bien plus calme. Mon avis comptait vraiment à ce point pour elle ?... Pourtant en tant que soldat, je ne peux qu'approuver qu'elle sache se défendre. Et en tant qu'homme, je suis bien content qu'elle ait renvoyé ce McTavish de mes deux dans ses buts. Satisfaite, la jeune femme me plante là malgré mes protestations, et part chercher ses affaires – bon... de toute façon, elle sera sans doute mieux dans ses affaires à elle. Elle revient définitivement calmée, et me rend mon manteau avant de me demander mon briquet. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai bien compris que ça l'amuse de me le piquer... et ah, c'est donc ça.

- Un cadeau, répondis-je en haussant les épaules. De mon père. Il y a des années.

Je n'ai pas forcément pas très envie de développer - il est mort il y a des années maintenant... mais la perte de ma seule famille est toujours aussi douloureuse à évoquer malgré le temps passé. Et sachant que je suis devenu... alcoolique pour essayer de me libérer de la douleur du deuil, et que ce soir je lutte pour essayer de résister et poursuivre mon douloureux sevrage... ce n'est peut-être pas le moment idéal pour aborder le sujet. Heureusement et comme à son habitude, le babillage de la jeune femme me distrait de mes pensées avant qu'elles ne deviennent trop sombres. J'échappe un léger rire, et je secoue doucement la tête, faussement dépité.

- On peut vous faire confiance pour avoir toujours les mots qu'il faut miss Barns, m'amusais-je en écrasant mon mégot. Bon allez, il est temps de rentrer, soupirais-je, conscient que fuir plus longtemps serait déraisonnable. Nous y allons ?... demandais-je en présentant mon bras à la jeune femme, une lueur amusée dans le regard.

Après tout, nous avions en cours une partie d'un jeu très amusant... et très dangereux, mais je n'ai plus envie d'y penser. Je guide donc la jeune femme vers l'entrée principale, pour qu'on puisse repasser par les vestiaires déposer nos manteaux - mais en passant dans la foule des fumeurs amassés devant les portes, l'un d'entre eux, clairement bien aviné, éclate de rire et me bouscule allègrement en passant.

- Ooooh pardon l'ami !! Excusez-moi, je ne vous avais pas vu ! s'exclame t-il, hilare... en hollandais.

Surpris, j'ai une seconde de flottement... avant de lui répondre dans la même langue, le sourire aux lèvres.

- Pas de problème, c'est pas tous les jours qu'on tombe sur un compatriote, l'excusais-je avec bonne humeur.

- Ooooh effectivement ! me répond l'homme avec un grand sourire, visiblement ravi lui aussi. A ta santé, soldat ! me salue t-il en levant sa coupe de champagne à moitié renversée.

- A ta santé, répondis-je en touchant le bout de mon képi, avant d'entraîner de nouveau miss Barns à l'intérieur de l'édifice.

Je commence à avoir froid, alors vu sa tenue elle doit être frigorifiée...

Heart's Mechanic - New Year EveDes histoires addictives. Découvrez maintenant