16 - LEONHARD

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La cigarette qu'elle m'a rendue était quasiment consumée jusqu'au filtre... alors je la coince entre mes lèvres le temps de poser mon manteau sur ses épaules, et puis pour la peine je m'en grille encore une autre. Fumer m'apaise et me fait un peu oublier le manque... et surtout, la jeune femme en colère vient m'offrir une distraction bienvenue. Le vêtement parait ridiculement large sur ses frêles épaules, et le manteau, déjà long pour moi, traîne quasiment par-terre une fois qu'elle le porte. Mais autrement... il lui va plutôt bien. Je secoue la tête alors qu'elle propose d'aller récupérer ses affaires - c'est bon, je peux bien tenir cinq minutes comme ça... on ne va pas s'éterniser voilà tout. De toute façon, il faut que j'arrête de fumer, à ce rythme là tout mon paquet va y passer, et j'en ai pas amené d'autre pour la soirée.

Par contre... elle a l'air franchement remontée, en fait. Je la regarde, un peu étonné et... curieux. Les épaules raidies, la nuque bien droite, elle regarde droit devant elle, mâchoire crispée, avant de finalement trouver le courage de me raconter. Je sens immédiatement un coup de colère m'échauffer les nerfs - ce McTavish... je vois parfaitement sa tête de con. Un anti-amplifié notoire, connu sur la base pour effectivement les quelques traits de caractère que la jeune femme liste sur un ton qui démontre clairement qu'elle a été témoin des travers du soldat. Pourquoi on lui a assigné un fanatique pareil comme garde du corps ?... Et d'abord... pourquoi elle a besoin d'un garde du corps ??...

Intrigué... je ne dis rien, mais je l'observe avec attention. Je la découvre clairement sous un autre jour, ce soir - est-ce que ça a quelque chose à voir avec les travaux de son grand-père, son histoire de garde ?... Est-ce que sa famille est menacée ?... C'est vrai qu'elle n'en parle jamais, au boulot. Et il faut dire que je ne l'ai jamais vraiment questionnée non plus. Mais j'avoue qu'en même temps... je ne saurais pas vraiment par où commencer. La jeune femme me tire de mon état contemplatif en m'expliquant comment elle s'est débarrassé de l'encombrant garde - sa remarque m'arrache un petit rire, et je la gratifie d'un regard appréciateur.

- Bien joué, lançais-je en soufflant un nuage de fumée. Et ce ne sera pas...

... Nécessaire. La voilà partie. Secouant doucement la tête, un léger sourire aux lèvres, elle revient vite pour me rendre mon manteau, que je me contente de draper sur mes épaules, j'ai la flemme d'enfiler mes manches. Je lui tends mon briquet quand elle me le demande - j'ai noté l'amusement dans sa voix, et je hausse un sourcil sans détourner le regard.

- Un problème, miss Barns ?... demandais-je, l'air de rien.

Heart's Mechanic - New Year EveDes histoires addictives. Découvrez maintenant