#27 - Guilbe - Orphelins

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Petit aparté ! Cette histoire est légèrement différente des autres : elle possède trois fins differentes et indépendantes ! Une happy end, et deux bad ends. Le corps commun est dans cette partie, les fins sont séparées dans les trois parties suivantes de ce recueil. Bonne lecture !

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Le Loup. C'est le nom que l'on me donne. 

Pourquoi ? C'est simple : je suis le plus puissant de mon groupe. Les flics nous appellent des délinquants, ou des voyous : nous essayons juste de survivre dans ce monde de merde.

- A quoi tu penses, Libe ?
- Aux flics qui nous font chier.
- Ils t'auront jamais, t'en fais pas pour ça.
- Je le sais, Nannox, je le sais bien.

Nous continuons de discuter jusqu'à ce qu'un gars arrive en courant et nous dise qu'ils avaient trouvé un fils de bourges blindé. Nous nous dépêchons de rejoindre le reste du groupe, resté avec le riche qui sera aujourd'hui notre victime.

Tous ceux qui me connaissent pensent que je n'ai aucune faiblesse, aucun moyen de me faire souffrir ; en réalité il y en a un. Un seul et unique. Son nom ?

- Guillaume ?!
- A... Axel ?! Aide-moi ! Sauve-moi je t'en supplie !
- Tu le connais, boss ?
- Ouais. Dépouillez-le et ramenez-le moi.

Je tourne les talons sous les cris et les pleurs de Guillaume.

Et merde. Fallait que ça tombe sur lui. En plus ce con a dit mon vrai prénom ! Putain ! Fait chier !

- MERDE !
- Libe, du calme ! Ou plutôt... Axel ?
- Ferme la Nannox, je connais le tien aussi je te rappelle.

Echec et mat. Je connais toute les identités des membres du groupes, sans qu'eux ne soient au courant. Sauf Nannox, mon bras droit, et amant à nos heures perdues. Il est celui qui a le plus d'infos sur moi, c'est à dire le fait que je vienne d'un orphelinat pour bourges. 

Ce qu'il ignore, en revanche, c'est que j'y ai connu Guillaume, et que nous étions très proches jusqu'à nos quatorze ans ; il a ensuite été adopté, me laissant seul. A seize ans j'ai fugué, et me voilà, à 21 ans, chef d'un groupe invaincu, respecté et craint. 

Le retour de Guillaume dans ma vie est une catastrophe : il a une sorte de pouvoir sur moi, une influence telle qu'à chacun de ses mots je l'écoute. Je suis attiré, indéniablement, et le fait qu'il va me dire de me "ranger" est une catastrophe. 

- Chef, le voilà.
- Merci, tu peux partir.

Mon subordonné sort en laissant devant moi Guilluaume, ligoté et apeuré. Je lui enlève ses liens puis enfin son bâillon.

- Axel ! Axel ! Qu'est-ce qui se passe ?! Aide-moi ! Je t'en supplie ! C'est quoi tout ça ?!
- Calme-toi, arrête, reprends ton souf...
- Que je me calme ? Mais ça va pas ou quoi ?! Nan mais tu te rends comp...
- SILENCE !

Il se tait, surpris. Plutôt choqué, en fait ; le petit Axel apeuré qu'il a connu n'existe plus.

- Il faut que tu quittes la ville. Je peux te trouver de quoi te prendre un logement, ou quelqu'un qui peut t'héberger le temps de la transition.
- Mais... Pourquoi ?
- Parce que des gars vont te chercher la merde chaque instant de ton existence à partir de maintenant s'ils apprennent qu'on se connaît. Il faut que tu partes.
- Axel...
- Libe.
- L...Libe... Qu'es-tu devenu...?
- J'ai appris à être fort, après ton abandon.
- Ax... Libe ! Je ne t'ai pas abandonné !
- Ah ouais ? T'étais où toutes ces années ?
- Je... Je n'ai pas pu sortir de chez moi pendant quelques années. Et quand j'ai enfin pu... Tu n'étais plus là.
- Pauvre chose enfermée dans sa cage dorée... En effet, je n'étais plus là. Je suis parti ; personne n'a voulu l'adopter, alors j'ai appris à me débrouiller seul. Me voilà actuellement au sommet, sans obstacle. Sauf toi. Mais ce ne sera bientôt plus le cas.
- Au sommet ? De quoi ? De la délinquance ? Tu te rends compte de ce que tu...
- Chhht... Je ne veux pas de ta morale. Pars dans une autre ville et ne reviens jamais.

Je siffle un coup pour qu'un gars amène Guillaume de force à la sortie. Il hurle de ne pas faire ça, qu'il veut rester avec moi. Qu'il m'aime.

Gros con.

Je me lève de mon bureau et sors prendre l'air. Je veux être tranquille. Inconsciemment, mes pensées se dirigent vers Guillaume... Il sait ce que je suis devenu, et c'est une très mauvaise chose : le connaissant, il va vouloir "m'aider". Mais, pour cela, il devra se rapprocher de moi à nouveau... Et ça il en est hors de question.

- Non ! Non arrêtez je vous en supplie ! Pitié !
- C'est toi le bourge qui connais Libe ?

Ces voix... Je distingue celle de Guillaume, et une autre que je ne connais pas. J'en déduis que c'est celle d'un mec d'un groupe adverse... Et merde.
Je cours vers les éclats de voix et les bruits de coups : j'arrive dans une petite ruelle délabrée où deux hommes, de dos, battent un troisième homme au sol. J'en déduis que c'est Guillaume.

- Lâchez-le.
- Oh ? Le grand Libe se montre pour sauver un bourge ? T'es malade ? Ou...c'est quelqu'un d'important pour toi ?
- Ferme-la, tu me donnes mal au crâne. Dégagez d'ici.
- On sait qu'on fait pas le poids contre toi, alors on se casse. Mais le message est passé... N'est-ce pas, Axel ?

Stoïque, je les laisse passer. Sans réellement me contrôler, je cours vers Guillaume et le prends dans mes bras. Je ne sais pas pourquoi je fais ça... Je saï juste que j'en ai envie. Et que j'ai eu très peur pour lui.

- A...A...Libe... M...Merci...
- J... Derien. Dépêche-toi de partir, ou cela se reproduira dès que tu sortiras de chez toi.
- Mais... Je ne veux pas partir sans toi. Je... Je t'aime, Axel.
- Je ne suis plus celui que tu as connu.
- ... Non, en effet. Mais je suis persuadé que cela n'est qu'une carapace... Je sais que tu peux redevenir l'être attentionné que tu étais.
- Attentionné ? Tu sais ce qui arrive à ceux que j'affectionne ?
- Fais-moi confiance... Je t'en pris, Ax...Libe ! Donne-moi une chance !
- Non c'est non. Tu pars demain à 7h. Sois à l'heure.

Je quitte la ruelle et rentre à l'endroit qui me sert de maison : le quartier général. Guill n'a même pas essayé de me retenir. Je m'en doutais, mais cela le blesse tout de même. Et c'est la raison pour laquelle il faut qu'il parte.
Je m'enferme à clé dans ma chambre, prends un somnifère, et m'endors.

***

- Libe ! Libe réveille-toi putain ! LIBE !!

Je me réveille en sursaut sous les hurlements de Nannox qui tambourine à ma porte, fermée à clé. Je me lève et il m'explique la situation : un corps sans vie a été accroché sur la porte de notre QG. Il est très clair que c'est la mise à exécution de la mise en garde d'hier.

C'est moche d'utiliser un innocent pour...

Oh mon dieu.

C'est Guillaume.

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