La légère pression sur mon épaule me tira de mon sommeil sans problème. J'ouvrais les paupières en me sentant dans un état radicalement différent de la veille. Adonis venait visiblement de se réveiller lui aussi -ses boucles larges étaient plus désordonnées qu'à l'habitude-. Je pus constater au travers de la fenêtre que le soleil n'était pas encore levé et qu'il faisait toujours nuit noire à l'extérieur. Je me doutais que pour la nuit, les combats avaient dû cesser aux portes de l'empire. Nous allions bientôt nous aussi nous mettre en route pour rejoindre notre clan et se battre à ses côtés.
D'après tout ce que j'avais pu entendre et comprendre, j'en déduisais de moi même que la seule à pouvoir parer l'attaque mentale massive de Deleo c'était moi. Une nouvelle charge s'ajoutait sur mon dos, rajoutant toujours plus de pression. Si je ne voulais être la cause d'aucune mort, je savais qu'il était déjà trop tard pour cela.
Quelqu'un avait déposé dans notre chambre de fortune quelques vivres que venait de nous partager Adonis. La bulle encore calme dans laquelle nous nous trouvions m'allait bien mais je savais qu'elle ne serait plus la même dans les heures à venir. J'étais tout de même excitée à l'idée de me battre, je restais une guerrière après tout.
-Comment va Kara? Demandais-je en entamant mon repas.
-Il va lui falloir du temps pour soigner sa blessure. Elle va probablement perdre son œil mais sinon cela devrait aller, répondit le châtain.
-Elle ne peut pas se battre. Où va t-elle donc pour le moment?
-Pour l'instant, elle rejoint avec nous le reste du peuple. J'imagine qu'il y aura des blessés là bas aussi, nous ferons sûrement un convoi qui rentrera à la base, dit calmement Adonis.
-Elle aurait pu y passer, murmurais-je avec tristesse. Je n'ai pas envie de la voir mourir. Pas plus qu'Ignis, Asteria ou Agathos.
Et encore moins toi, soufflèrent mes yeux ce que sembla très bien comprendre Adonis. Il caressa avec tendresse le bas de ma jambe, ses yeux exprimant qu'il pensait la même chose à mon égard.
-Nous sommes en guerre Amoris. Des gens meurent, c'est inévitable.
-Mais pas toi, contrais-je futilement. Ne meurs pas, le prévins-je alors qu'il m'offrait un sourire affectueux.
Nous finîmes de manger en silence avant de nous préparer pour repartir au combat. Avant que je n'atteigne la porte pour l'ouvrir, Adonis attrapa mon poignet et y laissa courir ses doigts. Son regard traîna le long de mon corps jusqu'à arriver à mes lèvres sur lesquelles il bloqua un court instant. Il rencontra finalement mes yeux, le souffle court mais pourtant maîtrisé. Si nos corps n'étaient pas collés, je constatais pourtant entre nous une grande proximité. Je lisais beaucoup de mots dans ces yeux, complètement captivée par ces prunelles ambrés.
Lorsque enfin je commençais à esquisser un mouvement dans sa direction, Adonis lâcha mon bras et me dépassa pour sortir de notre chambre un sourire malin au coin des lèves. Je restais médusée pendant de longues secondes en essayant de comprendre son attitude. Son sourire voulait tout dire, il jouait avec mes nerfs et trouvait cela amusant. Je me promettais de me venger à la première occasion.
Je sortais à sa suite et attendis patiemment que toute notre escouade nous rejoigne. Une fois au complet, nous partîmes en direction du lieux de combat. Ignis restait constamment aux côtés de Kara, au petit soin envers la blonde. Elle la couvait d'un regard tendre et je voyais l'inquiétude courir dans ses yeux. Kara avait le visage bandé, ne laissant que son œil en bonne santé de libre. Je n'imaginais pas la douleur qu'elle devait ressentir avec sa blessure. Privée d'une vision complète, elle allait devoir ré-apprendre à se battre avec ce handicap.
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Quoi qu'il nous en coûte
Science FictionLe monde tel qu'il a été a disparu. En 2333, il y a eu une explosion tellement énorme que tout est parti en fumée et il n'y a eu que 50 survivants dans le monde. En 2862, plus de 5 siècles plus tard, deux clans s'affrontent depuis des siècles, les r...
