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Je suis couchée sur le dos, immobile, pendant que ses grandes mains aux doigts fins me caressent. Je fixe le vide au-dessus de moi.

- Vous êtes exquise, laissez-moi vous savourez ! Murmure une voix grave à mes côtés faisant frissonner ma peau.

Tournant légèrement la tête vers ma droite, j'aperçois deux yeux verts qui me percent avec convoitise. Je sens ses mains flatter mon entre-jambe et je tremble encore plus. Ma bouche s'ouvre doucement pour laisser sortir un soupir qui résonne en écho dans la pièce sombre où je me trouve pendant qu'il continue de me caresser.

Mon corps est paralysé pendant que je reçois ses intentions érotiques. J'ondule, j'ai soif de plaisir. Mes seins durcissent et mon cœur s'emballe. Sa bouche frôle ma joue et gémit de concert avec moi ce qui augmente mon excitation. Mon bassin ondule contre sa main, mon sexe à faim et sa sensibilité augmente rapidement pendant que ses doigts habiles frotte mon clitoris désireux d'être assouvie.

- Si belle... Si parfaite, dit-il en me procurant un orgasme saisissant qui traverse mon corps en entier.

Je m'assois d'un bond dans le lit. J'ai le sexe trempé, et quelques secondes ont bien le temps de s'écouler avant que je me rende compte que je ne suis pas dans mon lit, ni chez moi. Le lit est énorme et comme seule protection contre ma pudeur, un drap en coton gris foncé.

Quelle heure est-il ?

En me levant du lit, je m'enroule dans le drap et essai de voir où est Alex dans l'obscurité. Une faible lumière flotte dans son atelier. Sur la pointe des pieds, je vais m'immobiliser dans l'embrasure de la porte. Il est concentré à peindre, torse nue. Face à moi, son visage est captivé dans sa peinture et les mouvements de pinceau font gracieusement bouger ses muscles sous la faible lumière posée à côté de lui. Mon regard est captivé par son corps tatoué, une montre à gousset entouré de tribal est dessinée sur son pectoral gauche, et une phrase est inscrite en lettre attachée au-dessus. Ma vision se laisse tenter par les multiples dessins qui m'entourent sur les murs. Des paysages, des démons, des anges et plusieurs corps nus sans visage. Je m'attarde encore sur mon amant, totalement absorbé dans son travail. Son masque d'homme dominant et ravageur est tombé pour laisser place à celui d'un homme serein et doux. Il respire la bouche ouverte, ses lèvres charnues brillent elles aussi contre la lumière. Cette bouche qui m'a si bien arraché mon plaisir. Je roussis à cette pensée en baissant instinctivement les yeux au sol. Les boutons de mon chemisier ainsi que nos vêtements y traînent encore, inutilisable.

Comment peut-on être aussi féroce ?

Je revois la scène. Cette intensité, nos souffles qui se mélangent et cette sensation de voler comme si mon âme sortait littéralement de mon corps pour flotter autour de moi. Ses mains étaient si sauvages, je n'ai jamais été touché comme ça. C'est un animal. Ses dents dans mon cou et ses yeux ténébreux qui admiraient toutes mes réactions, cultivant chaque parcelle de mon euphorie. Il m'a dévoré comme s'il n'attendait que ça depuis très très longtemps.

En levant de nouveau les yeux pour m'émerveiller de son visage calme, je croise ses yeux pénétrant, assoiffés. Mon souffle devient saccadé devant la puissance de son regard dur.

- Quelle heure est-il ? Énonce ma voix sans rien trouver à dire de mieux.

- Environ deux heures ou peut-être deux heures trente du matin.

MERDE !

- Je dois rentrer chez moi ! M'exclame-je en ramassant rapidement mes effets sur le sol froid.

Alex se lève et vient me rejoindre s'accroupissant devant moi. Il pose sa main chaude sur mes mains glacées pour stopper mes mouvements. Je le regarde droit dans les yeux, cherchant sa ruse.

IndécenceOù les histoires vivent. Découvrez maintenant