Chapitre 29 : La Belle endormie (deuxième partie)

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Les jours passèrent et le printemps s'installa pour de bon à Poudlard et avec lui, la perspective des prochains examens à passer. Hazel était retombée dans un relatif et serein anonymat. Hydra Jekyll avait été enterrée aux côtés de son père, un ancien Auror mort lors de l'avènement de Voldemort et suite à une enquête minutieuse et scrupuleuse du Ministère, Altaïr Hyde avait été déclaré mort. Rita Skeeter avait d'ailleurs consacré deux pages à l'ancien Mangemort et en avait profité pour distiller quelques rumeurs fort désagréables sur le compte de Dahlia et de Hazel, dont elle n'avait pas réussi, à son grand regret, à obtenir une photo. Des changements avaient également été effectués à l'école : la petite fée du robinet avait déserté la treizième salle de bain pour rester avec Brûlepot dont elle s'était entichée ; Flitwick avait passé une petite annonce dans Sorcière-Hebdo et avait obtenu deux ou trois rendez-vous galants à Pré-au-Lard et Peeves avait fini par noyer sa peine de cœur en terrorisant la pauvre Miss Teigne. Rusard était le seul à ne pas avoir fait le deuil de son « idylle ». Un jour, en passant dans un couloir, le quatuor avait surpris Rusard en train d'essuyer avec tendresse, une peinture bucolique tout en murmurant des mots d'amour. Le concierge veillait avec un soin jaloux et presque maniaque sur chaque tableau avec l'espoir de voir réapparaître la dame de ses pensées. Dumbledore, après une semaine d'absence, avait décidé de faire retirer les tableaux ensorcelés par Hyde et les avait transmis au Ministère. La quiétude était de nouveau de mise entre les murs du château.

Un samedi après-midi, alors que les élèves vaquaient à diverses occupations, Hazel et ses amis s'étaient installés à la table des Gryffondor et s'étaient lancés dans une bataille explosive. Deux hiboux vinrent déranger leur jeu en déposant trois lettres à leur tablée : l'une d'elle était destinée à Misty, les deux autres, à Hazel. La Serpentarde ouvrit sa missive, la lut d'une traite avant d'éclater d'un rire hystérique qui lui valut quelques regards courroucés de la part des préfets chargés de faire régner l'ordre parmi leurs condisciples.

Misty fit circuler la lettre entre ses amis. Hazel et Seren, penchés l'un vers l'autre, parcoururent les lignes avec curiosité.

- Ta sœur a rompu ses fiançailles ! s'écria le Serpentard.

- Mais, s'indigna Sofia, ça n'a rien de drôle !

- Parle pour toi ! Ma frangine me pompe l'air depuis des lustres avec sa foutue pièce montée ! Et le plus beau, c'est qu'elle a été plaquée pour une Moldue !

Misty repartit dans un grand éclat de rire, songeant aux parents du fiancé, des sorciers tellement fiers de leur lignée ! Sans compter que la jeune fille était plus que ravie d'échapper à l'immondice vestimentaire, que sa sœur osait qualifier de robe, choisie pour elle. Millie s'épanchait dans cette lettre, racontant à sa cadette que son ancien fiancé était tombé amoureux, en septembre dernier, d'une Moldue rencontrée sur le quai du métro : elle avait fait tomber son étole, il l'avait ramassée et le coup de foudre avait été immédiat.

- Adieu au crétin et à son chapeau ringard ! cria la Serpentarde en se voyant gratifier d'une remarque de la part de sa préfète, dont elle ne tint absolument pas compte, ma sœur mérite mieux que ce crapaud de toute façon !

Hazel lui redonna sa lettre et s'empressa d'ouvrir son courrier. La première lettre venait de son père. Depuis leur dernière séparation, son père était resté très évasif sur son avenir... sans doute obéissait-il aux directives des Aurors mais Hazel, qui l'avait tenu informé, sans trop entrer dans les détails, de la mort de Hyde, ne comprenait pas pourquoi, son père se faisant toujours aussi discret. Elle savait seulement qu'il avait regagné l'Allée des Cerisiers et qu'il avait été heureux de retrouver leur vieille bicoque. Dans cette missive, plus longue que les précédentes, Oliver s'enquerrait de sa santé, échangeait quelques banalités. Hazel tiqua au bout de quelques lignes : son père lui écrivait qu'il avait retrouvé son petit bureau douillet dans l'unique banque de Haworth, disant ainsi adieu à son poste dans la City.

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