Le lendemain matin, après une bonne nuit de sommeil, Hazel s'éveilla et découvrit que ses affaires se trouvaient au pied de son lit. Elle ouvrit sa valise et retrouva l'écrin, dissimulé sous une pile de pulls. Le coffret, devenu silencieux depuis son décapage, n'émit aucune protestation et elle l'enveloppa dans un collant avant de le cacher dans le tiroir de sa table de chevet. Elle s'habilla et se rendit dans la salle commune. Judy s'y trouvait déjà, assise au milieu d'une impressionnante montagne de paquets. Sa camarade lisait une lettre et ses yeux étincelaient d'une joie indescriptible.
- Bonjour Judy, la salua Hazel. Joyeux Noël.
La jeune fille releva la tête et la gratifia d'un sourire éclatant.
- Je te souhaite également un bon Noël, Hazel. Tu as bien dormi ?
La jeune sorcière acquiesça et s'assit aux côtés de sa camarade de dortoir. Celle-ci rougit et s'excusa pour le nombre indécent de cadeaux qu'elle venait de recevoir. Elle porta le bout de sa tresse à ses lèvres et la mordilla. Judy était une grande angoissée et se sentait parfois inférieure à certains camarades nés dans une famille de sorciers, alors qu'elle avait passé une grande partie de son enfance dans un orphelinat moldu. Hazel avait reçu quelques confidences de la part de sa camarade : elle avait été ballottée de famille d'accueil en famille d'accueil avant d'atterrir dans un orphelinat bien triste... certes, on ne le battait pas et son existence n'avait rien d'une enfance sordide à la Dickens, mais elle n'avait jamais été choyée ou gâtée comme elle l'était à présent par son mystérieux « bienfaiteur ».
Hazel esquissa un sourire amusé en entendant Judy vanter les mérites du généreux inconnu et s'inquiéter du présent qu'elle lui avait envoyé : une simple paire de chaussettes tricotées mains, qu'elle jugeait bien piètre à côté de tout ce déluge de cadeaux.
- Mon père dit que seule l'intention compte, la rassura Hazel. Une paire de chaussettes, c'est toujours utile en hiver.
- Au fait, des cadeaux t'attendent sur le fauteuil, fit Judy en repliant la lettre.
Laissant sa camarade déballer ses présents, Hazel se précipita sur le fauteuil, s'assit sur le tapis et entreprit de regarder ses propres paquets. Un silence s'installa dans la salle commune, ponctué de temps en temps par le bruit de déchirure du papier et des cris joyeux des deux Gryffondor. De la part des trois garçons, Hazel reçut des friandises diverses et variées ; Misty quant à elle, lui avait envoyé une tasse à thé mordeuse et Sofia, un élégant bracelet dont la couleur changeait en fonction des humeurs de sa propriétaire. Morgan lui avait tricoté un gros pull bariolé et les moufles assorties. Oliver, en plus du nécessaire à bricolage magique, lui avait offert un bonnet accordé au pull et aux moufles venant de Morgan. Hazel déplia le pull pour le mettre et un album photo en tomba. Elle l'ouvrit et y découvrit un petit mot, accompagné d'un dessin, portant les signatures entremêlées de Morgan et d'Oliver : À toi de le compléter à présent. Elle ouvrit la première page de l'album et esquissa un sourire amusé : les deux compères avaient patiemment réuni des photographies et grâce à la magie de Morgan, étaient parvenus à les animer. Les souvenirs d'une enfance simple et heureuse. Une enfance à deux essentiellement, Dahlia refusant d'apparaître sur les photographies familiales immortalisant les six premières années de la vie de sa fille unique. Pourquoi une telle absence ? se demanda Hazel en regardant les images la montrant en compagnie de son père. Pour ne pas laisser d'indices, pour se protéger et protéger ses proches ou alors - son cœur se serra à cette pensée -, parce qu'elle refusait d'appartenir à leur petite famille ? Elle retint ses larmes à grand-peine et pour se consoler, se concentra sur les images d'un bonheur perdu : Hazel nourrisson dans les bras de son père, Hazel lors de son premier jour d'école posant aux côtés de son père sous le noisetier, Hazel apprenant à faire du vélo, Hazel dévorant une barbe à papa, tenant la main d'Oliver. Elle tourna la page et découvrit de nouvelles photographies : le duo était devenu un trio. Eux trois dévorant une crème glacée, assis à la terrasse d'un café situé au bord de la mer, eux trois photographiés dans un parc bien triste, contrairement aux sourires illuminant leurs visages. Hazel s'attarda sur cette image. La ville poussiéreuse se dessinant en contrebas n'avait rien de bien réjouissant et ne possédait pas le charme bucolique de son petit village natal. Elle se saisit de la photographie et la retourna. Son père y avait inscrit ces quelques mots : Arrêt à Carbone-les-Mines - été 1982.
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L'Ecrin des illusions
Fanfiction" La fillette se rappela alors qu'elle était un pion et qu'il serait bientôt temps de se déplacer." De l'autre côté du miroir, Lewis Carroll Le jour du mariage de son père, la jeune Hazel Evans découvre l'existence de Poudlard et de la magie. Éme...
