En écrivant le chapitre précédent où l'on parle de comment je crée des personnages (vous en faites ce que vous voulez), j'ai réalisé que j'ai oublié d'évoquer un détail : mes personnages, ils sont pas tous un peu bizarres ?!
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Ashley Atkins est une adolescente de 15 ans qui a démoli une partie du mur de sa chambre pour y creuser un passage entre son appartement et celui inhabité de ses voisins pour s'échapper en douce... d'après ses dires, elle a su déverouiller une porte avec un trombone avant de savoir marcher (je crois qu'elle exagère : elle devait avoir cinq ans) et elle a su tirer sur une cible en mouvement avant d'entrer à l'école primaire.
Walter Atkins a construit un robot ultra performant (un jour, on pourra le rencontrer... un jour... dans le Tome 2, en fait mais patience) pour draguer Jessica alors qu'il avait juste 12 ans. Vingt ans plus tard, il arrache régulièrement les câbles de son téléphone parce que la sonnerie, ça le fait chier... et il a caché un double des clefs de son bureau dans la batterie d'un cadre photo numérique trafiqué.
Max Black connaît (presque) toutes les insultes du monde dans (presque) toutes les langues du monde, elle a lu et appris le Code Pénal à sept ans pour monter toute seule un dossier contre sa famille abusive et elle a utilisée ses connaissances pour gagner un procès du haut de ses 13 ans. Si vous l'attaquez... Gare à vous : elle maîtrise beaucoup d'arts martiaux et s'entraîne à combattre tous les jours depuis qu'elle a trois ans. Si vous décidez de l'attaquer dans son sommeil, elle dort avec plusieurs couteaux (rangés dans des fourreaux quand même) sous son oreiller et si vous attendez qu'elle soit tout juste levée mais pas encore réveillée... sachez qu'elle a un flingue dans sa robe de chambre !
On pourrait continuer comme ça pendant des heures... ça remonte loin, les personnages étranges. Et encore... on a tout juste effleuré la surface :
• ils ont tous une façon de se tenir, s'exprimer et un langage corporel bien à eux !
• parfois, ils maintiennent leur regard beaucoup trop longtemps pour que ça soit confortable... parfois, ils évitent tout contact visuel...
• toujours, ils ont une façon bien à eux de s'alimenter (et ça a souvent l'air profondément dégueulasse : oui, Michael : JE TE JUUUGE !!! toi et ton fichu Ketchup)
• ils ont souvent un rapport particulier avec leur nom ou ceux des autres.
• sans parler de leur rapport au temps et à l'espace : ils sont tous paumés, c'est pas vrai !
• etc. etc. etc.
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Mais... pourquoi ?! En fait, c'est très simple et j'en ai déjà parlé : je suis neuroatypique, tout simplement. Ça sera toujours plus facile pour moi d'écrire un personnage autiste que d'écrire un neurotypique ! Je n'ai jamais voulu écrire avec un personnage OUVERTEMENT autiste (enfin si, j'ai voulu mais je l'ai jamais fait et je le ferai pas à cause du spectre : un autiste n'est pas tous les autistes et les autistes souffrent souvent de la popularité d'un autiste avec certains symptômes qui peuvent être l'inverse des leurs, on en reparlera si vous voulez) mais je crois pas que j'ai déjà écrit un personnage neurotypique... ou alors, c'est qu'il est vraiment pas important !
Peut-être qu'Élisabeth Leroy est neurotypique ? Je pense qu'un accident peut arriver, parfois...
Je ne cherche jamais à créer des personnages neurotypique pour la même raison qu'un auteur neurotypique ne devrait écrire des personnages neuroatypiques qu'après de très très trèèès longues recherches (j'ai failli écrire NE PAS mais bon... laissons-leur une chance) : ça risque de sonner faux, anormal et stéréotypé. Alors si par accident, j'arrive à créer des personnages neurotypiques... tant mieux pour eux. Tant qu'ils ne le revandiquent pas, tout reste possible.
Alors ouais, on se retrouve avec une héroïne qui pense à démonter le cadre photo numérique pour trouver la clef que son père a préalablement placé là... on se retrouve avec un chauffeur privé qui ne peut pas parler d'autre chose que des voitures, il leur donne des noms et les drague un peu quand même... on se retrouve avec un flic qui ne dort jamais dans un lit et qui pisse directement dans des bouteilles pour pas quitter son bureau... qui porte toujours les mêmes vêtements parce qu'il ne sait pas comment les ajuster aux situations sociales (qu'il ne vit même pas, d'ailleurs) et qui peut construire un robot ultra-performant mais qui est incapable de parler normalement dans un combiné de téléphone.
Je sais pas vous mais je trouve que c'est ÇA, la neuroatypie qui les rend tous terriblement attachiants.
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Ellie Miller : Un truc marrant, je dois en parler avec quelqu'un... Brian m'a proposé de sortir avec lui. Alec Hardy : Brian. Pourquoi il ferait une chose pareille ? Ellie Miller : Merci beaucoup.
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Ellie Miller : Je vous invite à dîner. Alec Hardy : Quoi ?! Ellie Miller : Choisissez un soir. Alec Hardy : Chez vous ? Pourquoi ? Ellie Miller : Vous connaissez des gens, dans le coin ? Alec Hardy : Non. Ellie Miller : Vous vous nourrissez exclusivement à l'hôtel ? Alec Hardy : C'est pas une très bonne idée... Ellie Miller : Soyez pas un connard, ça ne me plaît pas plus à moi qu'à vous, croyez-moi. C'est juste ce que les gens civilisés font. Alec Hardy : Ah bon ? Ellie Miller : Ouais, ils inventent leur patron... on ne sera pas obligé de parler du boulot... Alec Hardy : De quoi on va parler ? Ellie Miller : J'en sais rien, dites oui ! Alec Hardy : Eh. Ellie Miller : Merci. Bordel de merde.
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Merci Ellie Miller, tu es un ange pour les personnes comme lui... les personnes comme moi.