LE MYSTÈRE DE NOTRE PROXIMITÉ
Je ressentais sur mon visage la douceur de ses caresses tandis que je regardais mon chien se rouler dans l'herbe, la langue sortit hors de sa gueule Je regardais mes mains : elles étaient si petites. Elle semblait chanter un air que je ne reconnaissais pas.
Je ressentais une chaleur sereine dans le cœur. Mais soudain je perdais le contrôle de ce que je voyais. Le ciel s'assombrissait : au dessus du château des énormes nuages arrivaient. Mon ventre se tordait de douleur : l'ambiance changeait radicalement. Je tremblais de peur et commençais à m'agiter. J'avais des sueurs froides dans la nuque. Elle continuait de me caresser la joue, avec des longues mains aux ongles courts. Elle touchait mes cheveux, coupés au carré. Je me tournais avec effroi vers elle.
- Maman ? Je m'entendais dire de très loin.
Ses cheveux bruns, presque noirs, étaient attachés dans son éternel chignon. Elle portait son collier de perle qui ne la quittait jamais.
Mais elle n'avait pas de visage.
Une peau lisse recouvrait les yeux et la bouche. La forme du nez n'existait plus. Aucun sourcil n'apparaissait. J'avais peur. Mon ventre se tordait d'autant plus.
- Maman... je couinais.
Où était son visage ? Pourquoi je n'arrivais pas à m'en souvenir ? Je tendais mes petites mains d'enfant vers elle : je voulais toucher ce visage, je voulais qu'il revienne. A quoi ressemblait elle déjà ?
- Maman ? Je demandais plus fort.
Pourquoi ne me répondait elle pas ? Elle n'avait pas de bouche : ne pouvait elle donc pas parler ? Je voulais tant qu'elle me parle. J'approchais mes mains d'elle mais je n'arrivais pas à l'atteindre. Il faisait de plus en plus sombre. J'avais peur. Mon corps était moite. Et ce lit était si petit ! Petit comme mes mains : je les regardais encore. Elles n'arrivaient pas à atteindre ma mère. Mais déjà celle ci se mettait debout et paraissait immense. Immense et lointaine. J'avais si peur. Je sentais les larmes ruisseler sur mes joues. Je me mettais à pleurer, de lourds sanglots transperçaient mes lèvres.
- Caporal ! Je hurlais. Aidez moi, j'ai peur !
Je pleurais encore en me reculant comme je le pouvais. Je me tournais sur moi meme, encore et encore, ma peau glissait et était trempée. Quelle était le visage de ma mère ? J'aurai tant aimé que le Caporal me le dise. Ou était-il ? Ne pouvait-il pas me sauver ? J'avais si peur.
- Ali...
Mon père me regardait.
- Souviens toi de cette chanson.
J'ouvrais les yeux dans un sursaut. Trempée dans le minuscule lit de ma minuscule chambre, les murs décolorés étaient éclairés par le rayon de la lune qui transperçaient la fenêtre. Le souffle court, je m'asseyais sur mon lit et me prenais la tête dans les mains. J'enlevais les couvertures avec mes pieds, elles tombèrent sur le sol dans un doux bruit.
Je fermais fort les yeux : je devais m'en souvenir. C'était impossible que je ne m'en souvienne pas. La tristesse était bien réelle et je pleurais encore.
*
Quand je me levais quelques heures plus tard, Pinpin était assis sur la table de la cuisine, somnolant sur son coude. La bouche ouverte, il ronflait légèrement, une tasse de thé froide devant lui. Je souriais en m'approchant doucement.
- Pinpin, je murmurais pour le réveiller.
Il sursauta. Les yeux hagards, il les cligna plusieurs fois.
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Notre Monde
Fanfiction" Il y a plus d'un an, une jeune fille est apparue dans son monde. Perdue, peureuse, seule, il a néanmoins réussi à l'entendre parmi des milliers d'hurlements. Ali Tainon à présent n'est plus perdue, n'a plus peur et est entourée de fidèles amis. El...
