Dans le fond de la rivière, vint se poser, lentement, balloté par les remous de l'eau mouvementée, un opinel, gris, avec une fleur de lys gravée dans le manche. Sous la surface, c'était le silence assourdissant, et en tombant, il laissa s'envoler, un mélange de terre, de pierre et de bois pillé. Dans quelques minutes, il serait recouvert par le corps entier d'une voiture, qui se faisait, peu à peu, emporter vers le fond, son poids l'entraînant vers le fond elle aussi. Elle, déplacerait sûrement quelques rochers et ferait déborder la petite rivière, mais elle n'en aurait pas le temps.
Très rapidement, un véhicule des travaux publics arriverait et viendrait repêcher le cadavre du véhicule avant que celui-ci ne soit emporté. Même s'il l'avait été, de toutes manières, le fleuve n'était pas assez profond pour avaler un pick-up en entier, alors il aurait été retrouvé assez tôt.
Ce qui était loin d'être le cas de l'opinel, qui avait fini par se faire emporter jusqu'au fond.
-Monsieur, monsieur, vous allez bien?
Et puis toutes ces paroles, ces appels et ces voix autour de lui, lui donnaient la même impression. Celle d'être atténuées par des litres et des litres d'eau sale et puante. Il n'était même pas sûr qu'il respirait, et en fait, c'était même sûr que ce n'était pas le cas, car ce n'est qu'en sentant la présence de quelqu'un au dessus de sa tête qu'il ouvrit les yeux et qu'il les écarquilla, hébété.
Il ignorait -bien qu'il avait étudié tous les manuels de secours de la brigade- qu'un corps humain pouvait contenir autant d'eau dans ses poumons. Mais en tous cas s'il y avait bien une chose qu'il ne pouvait ignorer, c'était la douleur que vomir lui procura. Encore plus que sa tête lui tournait tellement, qu'il voyait ses mains en double et que ses épaules semblaient montées en papier.
Il s'écroula, la face directement sur le sol, mais son cerveau, en décida autrement et il utilisa ses poignets pour se redresser, avant de se mettre sur ses jambes. Il sentit qu'on l'attrapa au niveau des bras et il recula la tête, une grimace sur le visage, se sentant oppressé, mais devant ses yeux, il avait surtout l'impression d'être plongé dans un jeu vidéo de mauvaise qualité. Tout était flou, les mots n'avaient aucun sens, les phrases aucune sonorité cohérente, et toute cette attention autour de lui, le rendait mal à l'aise.
-Lâchez-moi, demanda t-il une première fois, et face à un refus catégorique, il se répéta, cette fois avec plus d'énergie et se dégagea de l'emprise.
Ce n'est qu'à ce moment que la douleur dans son épaule décida de se réveiller et il ouvrit la bouche, aucun son n'en sortant, restant immobile alors qu'elle irradia tout son bras et remonta jusque dans son épaule et son flanc droit.
-Il faut que vous restiez assis, les pompiers sont en route, entendit-il quelqu'un dire, mais son esprit mit du temps à analyser l'information, le temps qu'il réponde, la personne était déjà partie s'occuper d'autre chose.
-C'est moi les pompiers, grogna t-il en repoussant une nouvelle fois les mains qui le touchaient, les ombres qui l'entouraient et les regards qui l'épiaient, comme une bête derrière les barreaux.
-Monsieur, que s'est-il passé? Vous savez quel jour on est?
Eddie se laissa retomber sur le sol et croisa les jambes, se prenant la tête dans les mains, et se frotta le visage. Il observa ses mains rouges et tâchées de sang et claqua la langue contre son palais, désintéressé.
-C'est la 118 qui vient? Lança t-il en se penchant pour observer la route principale.
Une fois de plus, quelqu'un se mit dans son champ de vision et se pencha vers lui.
-Dîtes leur que je ne vais pas louper le boulot, je serais là demain, mais aujourd'hui, je me sens pas très très bien.
-A qui vous voulez qu'on dise ça? C'est quoi la 118?
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Remember Me? (Buddie)
FanfictionElle doit être là, quelque part... Sûrement dans un vieux carton où au fond d'un tiroir. Cette maudite photo de classe. Qui aurait cru, qu'une simple photo d'une classe de gamins, pouvait révéler tant de secrets et de manipulations? Et si des retr...
