Chapitre 34

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Alicia faisait les cents pas dans le bureau de Hotch devant Debrah qui s'était assise dans le canapé, l'air fermé, inaccessible. La profileuse s'était enfermée avec sa sœur il y a plusieurs minutes, après que JJ et Rossi aient dû partir en urgence. On ne lui avait encore rien dit mais elle avait entendu les cris de Diana et savait que sa fille avait été isolée avec Emily, loin de toute cette soudaine agitation. Elle sentait que les choses tournaient mal. Pourtant, à cet instant précis, elle devait faire son job. Et son job était d'interroger sa sœur pour savoir si elle avait des renseignements qui pourraient les aider. Elle soupira avant de saisir la chaise qui était devant le bureau de Hotch, la retourner et s'asseoir dessus pour fixer Debrah :

- Ecoute, reprenons doucement d'accord ? Qu'est-ce qu'il s'est passé pour toi après mon entrée à l'hôpital.

Debrah prit un petit temps, jouant nerveusement avec ses ongles et ses mains avant de les frotter contre ses cuisses pour se détendre :

- Après le coup de fil qu'on t'a passé à l'hôpital, on est allé se reposer avec Castiel. Je crois qu'on a dormi pendant une bonne douzaine d'heures. C'est ton ancienne supérieure qui nous a réveillés en nous appelant.

- Strauss ?

- Ouais... elle nous disait qu'une équipe allait venir nous chercher pour prendre notre déposition...

- Sauf que ce n'est pas ce qui s'est passé pas vrai ?

- Non... on est entré dans son bureau et elle nous a expliqué que c'était maman qui était derrière toute cette histoire, que ton équipe était même pas au courant. On était les deux premiers à savoir. Et elle nous a expliqué que maman s'était échappée de la résidence où elle était et qu'ils n'avaient aucune idée d'où elle était.

- Ils vous ont dit aussi pour les aides-soignants ?

- Oui... murmura Debrah, mal à l'aise. Elle a demandé si on voulait être au courant, on a dit oui. Je crois que j'ai vomi.

- C'est on ne peut plus normal, Deb. Il s'est passé quoi ensuite ?

- On a été placés sous protection dans la journée, on nous a expliqué que quelqu'un allait veiller sur nous tous les jours et qu'on aurait un statut particulier aux yeux de l'Etat. On nous a également séparés, en nous expliquant qu'il vallait mieux qu'on ne se voie plus mais qu'on pouvait rester en contact au moyen de cartes pré-payées et de cabines téléphoniques.

- Vous l'avez fait ?

- Oui, on s'appelait toutes les deux semaines. 30 minutes de communication. Pas plus.

- Vous ne vous êtes jamais vus ?

- Non.

- Est-ce qu'on vous tenait au courant de ce que faisait maman ? Des informations qu'ils avaient ?

- J'en demandais pas. Je voulais pas savoir.

Debrah prit un temps puis poursuivit :

- Quand... quand papa t'as enlevée, que tu as failli mourir et tout ça... j'ai eu vraiment peur. J'ai eu peur parce que je me suis rendue compte qu'on avait réellement vécu entourées de monstres. Que ces mêmes monstres existent réellement, qu'ils ne sont pas que dans les histoires pour enfants. Et je me suis surtout rendue compte que tu avais choisi de les affronter, et que tu avais réussi à t'entourer d'une véritable famille pour t'y confronter, que ta clé pour survivre c'était de ne pas rester seule. Et que moi j'étais seule.

Profileuse [Esprits Criminels]Des histoires addictives. Découvrez maintenant