Chapitre 8

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Le moniteur cardiaque était le seul bruit présent dans la salle d'hospitalisation. Un décompte qui pouvait soit sauver la vie du patient soit au contraire sceller son sort. Debrah ouvrit difficilement les yeux et plissa les paupières, éblouie par la blancheur éclatante de la chambre et fronça le nez, assaillie par l'odeur aseptisée. Elle avait la langue pâteuse et voyait toujours un peu flou, elle tourna la tête et vit la perfusion sortir de son bras, alimentée au goutte à goutte par un liquide translucide. De gros bandages blancs enserraient ses poignets où elle pouvait encore nettement voir les stries rouges éclatantes qu'elle s'était faite quelques heures plus tôt. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux et roulèrent sur ses joues, elle étouffa un sanglot. Puis elle enfonça de nouveau sa tête dans l'oreiller et pria pour sombrer au plus vite dans un sommeil sans rêves.

Son souhait fut exaucé et ce n'est que quelques heures plus tard qu'elle ouvrit les yeux et découvrit à stupeur qu'elle n'était plus seule dans la pièce. Une masse lourde pesait sur son lit et s'apprêtant à maudire celui qui avait osé s'allonger à côté d'elle, qu'elle ne fut pas sa surprise quand elle découvrit les cheveux écarlates de Castiel, son frère, délicatement étalés sur les draps. Il était assis sur une chaise à côté d'elle mais le poids de son corps l'avait fait basculer quand il s'était endormi et à présent sa tête reposait sur le lit, les yeux clos, l'air serein. Debrah, émue, caressa doucement la joue de son frère, ce qui le fit frissonner. Ce dernier entrouvrit les yeux suite à ce contact et il planta son regard perçant dans les doux yeux bleus de Debrah :

- Hey, articula difficilement la jeune femme.

- Hey, chuchota Castiel en réponse en souriant doucement. Comment tu te sens ?

- Ça peut aller, répondit-elle, la voix légèrement éraillée. T'as vu ça un peu ? J'suis même pas capable de me foutre en l'air correctement.

Elle ponctua cette déclaration d'un petit rire amère.

- J'suis vraiment bonne à rien Cast'...

- Dis pas ça Deb', c'est pas vrai et tu le sais, tenta de la rassurer son frère.

Elle marqua un temps d'arrêt avant de reprendre, le souffle court :

- Tu crois qu'il lui fait quoi actuellement ?

Castiel resta silencieux puis répondit précautionneusement :

- J'en sais trop rien, ça fait des années que je l'ai pas vu

- Ah oui c'est vrai j'avais oublié que tu t'étais tiré comme un lâche en m'abandonnant, dit Debrah d'un ton cassant.

Castiel fronça les sourcils :

- Comment ça ?

Debrah ne lui accorda pas un regard et se contenta de marmonner :

- Maman m'a dit que tu t'étais tiré parce que t'avais la pétoche... tu sais, c'était après que elle elle soit partie... vous m'avez tous abandonné.... TOUS !!

Elle avait craché ce mot au visage de Castiel, les joues rouges, les yeux brûlants de haine. Castiel se renfonça dans son fauteuil et expira avant de prendre la parole :

- Deb'... si je suis parti c'est parce que papa m'avait tabassé à mort. Il était persuadé que c'était moi qui avait aidé Alicia à partir et il a essayé de me faire cracher le morceau à coup de coups de poings dans la gueule. Non seulement il a pas obtenu les aveux qu'il voulait parce que j'avais jamais aidé Alicia mais en plus il m'a envoyé à l'hosto et faire passer ça pour un accident domestique était assez compliqué.

Profileuse [Esprits Criminels]Des histoires addictives. Découvrez maintenant