Chapitre 1

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Je mis un point final à ma conclusion et soupirai, revivre les dernières 24h a été pénible. C'est ce moment que choisit mon portable pour sonner. Intriguée, je le saisis et regardai le numéro. Mon cœur s'emballa.

Il s'agissait d'un appel de la part de mon collège et très proche ami, Spencer Reid. Je décrochais en souriant. Qu'allait-il me raconter cette fois ?

-Spencer ?

-Je compte me mettre au piano.

Sa réponse me laissa sans voix pendant quelques secondes.

-Et puis-je savoir d'où vient cette soudaine envie ?

Silence.

-Allô, Dr Spencer Reid êtes-vous là ?

-Je pense que je veux garder un souvenir net de cette affaire. Tu... Tu crois que Sammy va s'en sortir ?

Mon visage se rembrunit. Sammy est un petit garçon, autiste, qui avait assisté à l'enlèvement de ses parents. Son handicap l'avait empêché de réagir en connaissance de cause mais sans ses dessins ainsi que la musique qu'il écoutait et reproduisait au piano, nous n'aurions jamais pu retrouver le kidnappeur ainsi que sa mère, en vie.

Il était malheureusement trop tard pour le père.

Cette affaire m'a étonnamment marquée car, en tant qu'experte en crimes, kidnappings et agressions sur enfants, c'est moi qui avais dû établir un contact avec le petit Sammy. Spencer avait tenu à m'aider dans ma tâche et sans lui, je pense que nous serions encore à Détroit.

La réponse que je lui donnais était hésitante car je n'étais pas, moi-même, convaincue de ce que j'avançais :

-Je... tu sais, je crois que Sammy ne s'est pas vraiment rendu compte de la situation. Même si certains de ses actes semblent démontrer le contraire. Le plus dur sera certainement pour sa mère, elle a perdu son mari et tué son agresseur. Je sais qu'elle n'ira pas en prison pour meurtre, c'était de la légitime défense, mais il lui faudra du temps pour se reconstruire avec Sammy.

Mais je ne m'inquiètes pas trop, c'est une femme courageuse, elle y arrivera. Ou du moins je veux le croire.

Il n'était pas rare que nous échangions nos impressions, au bureau, après une affaire. Mais toutes les enquêtes qui comprenaient des enfants me touchaient personnellement. J'avais été la première avec qui Sammy avait pris contact volontairement. Il m'avait fait confiance et je n'avais pas été capable de lui rendre son père.

Cette pensée m'obsédait depuis notre retour.

-Tu as certainement raison, repris Spencer. Mais mon esprit m'interdit d'oublier. D'oublier le regard de ce petit garçon quand sa mère a enfin pu le serrer dans ses bras.

-Tu te rends compte des problèmes que cause une mémoire eidétique, renchéris-je sarcastique.

Spencer, en plus d'un QI de 187, possédait une mémoire eidétique lui permettant d'assimiler de nombreuses informations en très peu de temps. Il pouvait notamment lire 20 000 mots en une minute. Ses facultés lui valaient souvent le surnom de « petit génie ».

-Oui, grogna-t-il.

-Spencer, je sais qu'il y a autre chose.

-Tu joue les profiler avec moi ? rigola-t-il.

-Peut-être, admis-je.

Il me prit par surprise en lançant soudainement :

-Un jour, j'aimerais pouvoir jouer du piano avec toi.

Et il raccrocha.

Et pour la deuxième fois en un quart d'heure je restais bouche-bée, stupéfaite. Puis, comme dans un rêve, je reposai le téléphone. J'étais à la fois gênée et aux anges après ce qu'il m'avait dit.

J'aurais aimé rester dans cet état de béatitude plus longtemps mais mon téléphone en décida autrement quand il se mit à vibrer.

Espérant que ce ne soit pas l'annonce d'un nouveau dossier, je regardais le numéro de l'envoyeur.

Numéro masqué.

Je haussai les sourcils. Ce fameux numéro m'avait envoyé un SMS.

« JE TE VOIS »

C'était tout. Ce message me fit l'effet d'une douche froide. Je me levai nerveusement et allai à la fenêtre la plus proche. J'écartai délicatement les rideaux blancs et regardai dans la rue.

Personne.

Mon téléphone vibra de nouveau. Encore un message masqué.

« PAS ICI »

Le sang me battait aux tempes. Je fermai frénétiquement tous les rideaux de fenêtres du salon.

Plus rien.

J'allai m'accouder sur le bar de la cuisine. J'avais le souffle cour.

Je me mis à ricaner bêtement :

-Non mais je rêve. Ma parole c'est que je deviendrai paranoïaque. C'est sûrement une blague de gamins qui envoient ces messages au hasard. Le fait que j'ai regardé à la fenêtre n'était qu'une coïncidence.

Mais dans ma bouche, ces mots sonnaient faux. Quand on est profiler, les coïncidences on n'y croit plus. Je ne faisais pas exception.

Je commençai à me détendre quand j'entendis une mélodie monter de ma chambre. Une mélodie sifflée.

Tous mes membres se mirent à trembler. Mes iris s'humidifièrent. Une goutte glacée descendit le long de ma colonne vertébrale.

J'avais le souffle coupé et mes mains étaient moites.

Je me retournai et avançai vers ma chambre. Lentement.

Le sifflement était de plus en plus fort.

Juste avant d'entrer je serrai les poings et essuyai mes yeux. Puis prenant mon courage à deux mains je passai l'encadrement de la porte.

Le sifflement s'arrêta. Et il laissa place à un hurlement de terreur.

Le calme après la tempête. Au milieu des débris de verre et du bois brisé un seul bruit vient troubler son œuvre. Une larme qui coule, ruisselle sur sa peau blanche et s'écrase sur le sol.




Profileuse [Esprits Criminels]Des histoires addictives. Découvrez maintenant