coup de foudre chez les Ducherry: chapitre 18

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      Dans sa somptueuse robe blanche qui épousait les formes de son joli corps mince, avec ses longs cheveux qui encadraient son visage ovale au teint laiteux, Catherine sentait la nervosité la gagner. Ce rendez-vous avec David l’emplissait de joie tout en la stressant. Cette robe qu’elle portait la moulait comme une seconde peau et la mettait mal à l’aise.

Que penserait David en la voyant ? la trouverait-il jolie ? rien qu’à l’idée de croiser son regard elle sentit son corps cogner furieusement contre sa poitrine. Soudain, on frappa à la porte. Brûlante d’impatience, elle ouvrit la porte et offrit son plus beau sourire à celui qui se tenait sur le seuil.

      David n’en crut pas ses yeux. La créature aux accoutrements étranges qui l’avait suivi le premier jour jusqu’à son appartement s’était métamorphosée en une sculpturale beauté rousse.

-          Vous êtes magnifique Catherine la complimenta-t-il.

Cette dernière battit des cils et rougit.

« décidément c’est une habitude ! »songea David en souriant. Il l’aida à enfiler son manteau et, ensemble, ils prirent l’ascenseur avant de quitter l’hôtel à bord d’une limousine que David avait louée pour la soirée.

      Sur la pointe des pieds, les ballerines tournoyaient avec grâce et légèreté. Il en était de même pour leurs compagnons qui les soulevaient dans les airs avec une facilité due aux répétitions et à l’habitude. De son siège, Catherine, dans l’obscurité de la salle, se laissait envahir par la magie du ballet. De son côté, David semblait totalement absorbé par le jeu des danseurs qui se mouvaient avec rapidité et souplesse. Catherine détourna ses yeux de la scène pour observer son compagnon du coin de l’œil. Même dans la pénombre elle devinait ses beaux yeux dans laquelle vibrait une étincelle taquine, son nez droit, ses lèvres minces et roses, ses traits harmonieux qui conféraient à son visage la douceur et la détermination.

Il se sentit sans doute observé car il tourna la tête dans sa direction et croisa son regard. Gênée, elle battit des cils et se détourna.

XXXX

   A la fin du spectacle, David raccompagna Catherine à son appartement.

-   vous entrez boire un café ? proposa-t-elle en ouvrant la porte.

-    Un café à cette heure avancée m’empêcherais de dormir, mais une tasse de chocolat ne me ferait pas de mal.

Catherine lui sourit et referma la porte derrière eux.

Quelques minutes plus tard, débarrassée de son maquillage et de sa robe, Catherine versait le chocolat chaud dans une tasse aux motifs géométriques qu’elle tendit à David qui la remercia d’un signe de tête. Prenant place sur la chaise près de lui, Catherine but une gorgée du liquide fumant et soupira.

-          qu’y a-t-il ?

-          je pensais juste à quel point c’est bon d’avoir un chez soi. Je me sens si bien dans cet appartement !

-          vos parents doivent savoir où vous êtes. Vous devez les contacter Catherine.

-          Ne vous en faites pas, je compte le faire demain..

Ils gardèrent le silence durant un long moment, se contentant de siroter leur breuvage. David s’efforçait d’ignorer le renflement de son bas-ventre qui se voyait aisément à travers son pantalon.

Il avait suffi qu’il pose les yeux sur elle pour que son corps se mette à lancer des signaux d’alerte. Avec sa chevelure rousse qui flottait sur son dos et le peignoir de soie mauve qui lu arrivait mi-cuisse, Catherine était l’incertain même de la beauté.

David la regarda vider sa tasse et passer sa langue sur sa lèvre sur laquelle perlait une goutte de chocolat. Instinctivement son corps se raidit et une vive rougeur lui colora les joues. Embarrassé, il se demanda comment se tirer de ce guêpier.

« seigneur ! qu’est-ce qui m’arrive ? d’habitude je sais me contrôler mais là j’y arrive pas ! j’y arrive pas ! »

Il ne se rendit pas compte que Catherine l’observait. Elle regardait fixement son pantalon d’un air à la fois curieux et scandalisé.

-          Cela vous arrive souvent ? demanda-t-elle.

-          Non avoua David en reposant sa tasse, les sourcils froncés.

-          Je peux peut-être…vous aider ?

-          Ce n’est pas une bonne idée refusa David en se levant. Mieux vaut que je m’en aille.

Elle posa une main sur son bras et souffla : restez.

Catherine n’arrivait pas à croire que ce mot ait franchi ses lèvres. Pourtant ,elle ne put s’empêcher de le répéter.

-          Restez David…s’il vous plait.

-          C’est impossible.

Alors qu’il traversait précipitamment le salon…

-          David !

Ce dernier stoppa net et se retourna lentement, prêt à la repousser de nouveau mais ce qu’il vit lui coupa les souffle.

Nue, à l’exception de sa culotte blanche , Catherine se tenait devant lui avec dans les yeux, une demande muette. Elle se rapprocha en rougissant, se hissa sur la pointe des pieds, noua les mains autour de sa nuque et posa les lèvres sur les siennes.

« si tu réponds à son baiser tu es mort David. Tu ne pourras plus faire marche arrière. Résiste ! »

Sourd aux protestations de sa conscience, David ferma les yeux, glissa les doigts dans ces cheveux soyeux et l’embrassa avec fougue.

Catherine savait que ce qu’elle faisait lui causerait des remords plus tard, mais elle s’en fichait. C’était la première fois qu’elle était attirée par un homme au point de vouloir lui appartenir toute entière. David était à elle, à elle.

Ils s’embrassèrent passionnément, mais soudain, David la repoussa. La respiration saccadée et le corps en feu , Catherine se rapprocha en gémissant, se frottant contre lui comme un chaton en manque de caresses mais c’est avec fermeté que David la repoussa de nouveau, la maintenant par le épaules.

-          Quoi ? qu’y a-t-il ? questionna-t-elle en reprenant son souffle.

-          Je ne peux pas faire ca murmura-t-il

-          Quoi ? pourquoi ? j’ai dis ou fais quelque chose qui vous a déplu ? dites-le moi David.

Ce dernier se baissa pour ramasser son peignoir et le lui tendre. Catherine le regarda sans comprendre.

-          Rhabillez-vous ordonna-t-il sèchement.

-          Mais on…

-          Catherine, rhabillez-vous ! reprit-il plus fort.

Tremblante, Catherine lui tourna le dos en enfilant difficilement son peignoir. Lorsqu’elle eut noué la ceinture et qu’elle se tourna pour lui parler, David avait disparu. La porte ouverte témoignait qu’il s’était enfui quand elle avait  le dos tourné.

Catherine sentit les larmes lui monter aux yeux.

-          Il est parti…il est parti balbutia-t-elle en se laissant tomber sur le sol.

Morte de honte en songeant à la manière dont elle venait de se comporter, et frustrée dans son corps brûlant, elle se mit à sangloter.

  Les mains dans les poches de son pantalon,  David réfléchissait à ce qui venait de se produire. Il avait renvoyé la limousine et marchait tranquillement dans la rue. Son désir était retombé, mais son esprit ressassait encore ce qui venait de se passer. Il fallait qu’il parle avec Catherine à tête reposée. Mais vu la manière dont il l’avait repoussée, il doutait fort qu’elle veuille à nouveau le revoir.

coup de foudre chez les DucherryOù les histoires vivent. Découvrez maintenant