«Hyung?»
Je ne répondis que par un son bref et frustré, mes mains toujours occupées à remplir ma valise de tous les morceaux de vêtements qui me tombaient sous la main. J'avais déjà rangé toute ma literie, nettoyé mon armoire, épousseté les tablettes au-dessus de mon lit et passé l'aspirateur. J'étais à deux doigts de carrément laver le plancher, car je commençais à manquer d'activités qui me distrayaient de mes pensées.
C'était mon état d'esprit depuis ma dernière conversation avec Yoongi, il avait de cela... Quelques jours? Quelques semaines? Je ne me souvenais plus. J'essayais d'assimiler le moins d'informations possible après notre... rupture? Mon cœur se serra dès que l'idée effleura mon cerveau. Je pinçai mes lèvres. Il était hors de question de me torturer sur ce genre de pensées. D'ici quelques heures, je serais déjà loin, traversant les nuages à une vitesse fulgurante, laissant derrière moi cette catastrophe. Je me doutais qu'ignorer mes sentiments ainsi n'était pas la meilleure solution, mais c'était le seul espoir auquel je me raccrochais. Les États-Unis m'offraient la chance d'une vie: celle de disparaître.
«Hyung»
Cette fois, je me retournai, les mains crispées sur le rebord de ma valise.
«Qu'est-ce que tu veux, Yugyeom», dis-je sèchement.
J'avais aussi décidé de discuter le moins possible avec mes amis. Je savais qu'ils allaient avoir l'envie de me tirer les vers du nez, de me forcer à examiner mes sentiments pour mettre de l'ordre dans ma vie. Je ne comprenais pas comment ils étaient aussi aveugles. Le gâchis monumental que j'avais créé ne pouvait pas être nettoyé.
La dernière fois que j'avais été aussi aveugle et naïf qu'eux, Yoongi m'avait brutalement repoussé hors de sa vie.
Mes ongles s'enfoncèrent cette fois dans la paume de ma main. Je ne devais plus penser à lui.
Yugyeom s'avança et s'appuya sur ma commode, un air épuisé sur son visage. Il me fixa d'un regard impassible. J'esquivai son regard en pliant un énorme chandail rouge.
«Toi, qu'est-ce que tu veux», dit-il en croisant les bras.
Je fronçai les sourcils en relevant ma tête.
«De quoi tu parles?»
«Tu sais très bien de quoi je parle», répondit-il, refusant de me laisser tranquille. «Tu vas vraiment abandonner Yoongi comme ça?»
Je reculai d'un pas. Il était rare qu'un de mes membres, le plus jeune par-dessus tout, me parle ainsi. Je sentis la colère gonfler en moi.
«Ne prononce pas son nom», répliquai-je en le foudroyant du regard.
Malheureusement, mon intervention n'eut pas l'effet escompté, puisqu'il roula simplement les yeux.
«Ce n'est pas parce que tu as stupidement décidé de bloquer Yoongi hors de ta vie que je n'ai pas le droit d'en parler. C'est vraiment comme ça que tu vas t'en aller? Je pensais qu'on était un groupe, hyung, GOT7 pour toujours, non?»
«Yugyeom, ferme-la», dis-je à voix basse, sentant l'orage grandir dans mon torse.
«Vous avez une seule dispute, et c'est assez pour tout détruire. Je ne dis pas que l'un est meilleur que l'autre, mais votre conversation de sourds doit s'arrêter»
«Mais ferme ta gueule!», criai-je en fermant les yeux.
Il ne savait pas de quoi il parlait. Il ne comprenait pas comment le retour à la réalité m'avait fait mal. Je pensais que l'amour entre moi et Yoongi était assez fort pour résister à n'importe quelle tempête. J'étais persuadé d'avoir enfin compris les manières et les pensées de ce dernier, mais lorsque je lui avais présenté mon cœur rempli d'espoir, tout avait changé. Des fantômes troublants se promenaient dans son regard et son visage est devenu blême comme un marin à qui on annonçait le naufrage imminent. Il n'avait pas réussi à se défaire de ses peurs. Je n'avais pas réussi à l'extirper des vagues tumultueuses. Quoiqu'il en soit, les dés étaient lancés. Nous avions échoué.
Je n'avais pas d'autres choix que de regarder vers l'avant. L'amour ne me protégerait plus, donc j'avais mes propres murs à ériger. Pour me sauver du monde ou de moi-même, je ne le savais pas encore.
Yugyeom enveloppa lentement mes mains dans les siennes. Je n'avais pas remarqué que mes doigts tremblaient autant. Son regard adouci rencontra le mien.
«J'ai parlé à Jungkook. Yoongi... ne va pas bien. Il ne mange plus, il ne dort plus... Et je sais que cela t'affecte tout autant, même si tu t'obstines à faire comme si de rien n'était»
Je pris une grande inspiration.
«Il ne m'a jamais contacté», murmurai-je.
«Peut-être parce qu'il attend que tu lui parles, exactement comme tu le fais», répondit Yugyeom.
Je comprenais ce qu'il disait, mais je ne voulais pas le faire. J'avais tout simplement déballé mon âme devant Yoongi, étalant mes peurs et mes projets d'avenir, avant qu'il les écrase brutalement. Je savais, dans un recoin de mon cerveau, qu'il ne le faisait pas intentionnellement, seulement, le résultat était le même. Il préférait se blottir dans les bras de ses cauchemars plutôt que dans les miens. Jamais il n'a été question de compromis. Il avait fait son choix en me repoussant la première fois.
J'en avais assez de deviner ce qui allait se passer ou ce qui se passait dans la tête de Yoongi. Je ne pouvais pas le questionner incessamment pour savoir s'il disait la vérité.
Cette fois, il avait été clair; il ne voulait pas embarquer dans mon projet.
Voici la seule vérité qui m'importait: mon comportement n'était pas responsable et je m'en foutais. Fuir la souffrance était ma seule option.
«Laisse-moi seul, s'il-te-plaît», dis-je.
Yugyeom m'offrit un dernier regard rempli de pitié avant de sortir de ma chambre.
Je fixai le vide pendant quelques instants, réfléchissant à l'énorme bordel que j'avais engendré. Pour l'instant, le plus important était de choisir quel paires de pantalons emmener avec moi.
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La fin est proche, les amis :)
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Septième Roue
Fiksi PenggemarYoongi est entouré de couples. Mark aussi. Yoongi sombre misérablement dans une vie solitaire. Mark aussi. Quand deux âmes perdues se rencontrent à l'insu de tous, et qu'un amour naît contre toutes attentes, qu'est ce que le destin aura en stock? ~...
