Song:Heartburn/ Wafia.
Je ne ralentis pas avant d'avoir quitté le quartier.
Mes pas me portaient presque malgré moi, mécaniques, trop rapides. Chaque respiration brûlait ma gorge. Le monde autour de moi semblait étouffé, comme si j'avançais sous l'eau, encore prisonnière de cette sensation de manque d'air.
Déjà cassée.
Je serrai les dents.
Il n'avait aucun droit. Aucun.
Et pourtant, il avait frappé juste.
Quand j'arrivai enfin chez moi, la maison était plongée dans le calme. Les lumières du rez-de-chaussée étaient éteintes. Mon père devait déjà dormir. Tant mieux. Je n'aurais pas supporté son regard inquiet, ses questions maladroites, cette façon qu'il avait de vouloir réparer ce qu'il ne comprenait pas.
Je montai les escaliers sans bruit et refermai la porte de ma chambre derrière moi.
Là, seulement là, je laissai tomber le masque.
Je m'adossai contre le bois, les épaules lourdes, et fermai les yeux. Mon cœur battait encore trop vite. Je glissai lentement jusqu'au sol, ramenant mes genoux contre moi. Pas de larmes. Jamais. Juste cette pression sourde dans la poitrine. Ce poids que je connaissais trop bien.
Pourquoi lui ?
Pourquoi avait-il fallu que ce soit lui qui remarque ?
Je restai ainsi un long moment, jusqu'à ce que mon souffle retrouve un rythme acceptable. Puis je me relevai, mécaniquement. Enlever les vêtements humides. Les poser sur une chaise. Aller jusqu'à la salle de bain.
Sous la douche, l'eau chaude ruissela sur ma peau, mais je frissonnais toujours. L'image de la piscine revenait sans prévenir. Le choc du froid. La panique. Le vide dans mes poumons.
Et cette main.
Je coupai l'eau brusquement.
Assez.
Je me glissai sous les draps sans allumer la lumière, fixant le plafond dans l'obscurité. Le sommeil tarda à venir. Chaque fois que je fermais les yeux, son regard s'imposait à moi. Pas dur. Pas menaçant. Juste une putain d'obsession.
Et ça, c'était bien pire.
Le lendemain matin, je me réveillai avec cette sensation familière : celle d'avoir dormi sans vraiment me reposer.
A l'université, les couloirs bourdonnaient comme d'habitude. Rires, voix, casiers qui claquent. La vie continuait, indifférente. Je traversai la foule sans m'y attarder, concentrée sur un seul objectif : ne pas croiser son regard.
— Ayleen !
Kayla surgit à mes côtés.
— Tu vas bien ? demanda-t-elle aussitôt.
Je hochai la tête.
— Oui.
Elle me scruta longuement.
— Tu es sûre ?
— Oui.
Elle soupira, peu convaincue, mais n'insista pas. Isaac nous rejoignit quelques secondes plus tard, sac en bandoulière, sourire facile.
— Salut vous deux. Puis il embrassa le front de cette dernière dans un signe affectif et également moi ce qui me crispa, les marques d'affections trop peu pour moi mais je me détendit presque aussi.
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bruciatura rosa
RomanceJe ne sais pas si on peut appeler ça de la malchance, une chose est sûre la malchance est une circonstance atténuante que la vie donne aux ratés. Et j'étais une ratée sur tous les points existant dans ma misérable vie. Ayleen Carston, une fille don...
