Chapitre 1 :rencontre?

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Song :Right Here/ Chase atlantic

Le réveil indiquait 6 h 45.

Je ne bougeai pas tout de suite.
Je n'en voyais pas l'utilité.

Le plafond était blanc, parfaitement lisse. Je le connaissais par cœur. Je comptais parfois les minuscules fissures quand le sommeil refusait de venir. Ce matin-là, je n'en ressentis pas le besoin. J'étais déjà éveillée depuis longtemps. Mon corps dormait, pas mon esprit.

Je finis par m'asseoir sur le bord du lit. Mes pieds touchèrent le sol froid. La sensation me ramena à l'instant présent. Ici. Maintenant. Rien d'autre.

La salle de bains était silencieuse lorsque j'y entrai. Trop silencieuse. J'aimais ça. Le bruit laisse place aux pensées. Le silence, lui, les discipline.

Je fis couler l'eau, me lavai le visage lentement. Chaque geste était précis. Mes habitudes étaient immuables. Les écarts sont dangereux. Les erreurs coûtent toujours plus cher qu'on ne l'imagine.

Je levai les yeux vers le miroir.
Je soutins mon propre regard sans ciller.

Je savais exactement ce que j'allais voir :
un visage calme, presque banal.
Un visage qui ne trahissait rien.

Je brossai mes cheveux avec soin. Trop de soin, diraient certains. Moi, j'appelais ça de la prévention. Puis je pris la lentille entre mes doigts.

Mon œil droit.
La tache.

Je n'aimais pas la regarder. Pas parce qu'elle était laide  mais parce qu'elle me rappelait que certaines choses ne se corrigent pas. Elles s'acceptent ou elles se cachent. J'avais choisi la seconde option.Dans le monde dans lequel nous vivons, il existe deux types de filles :

les filles simples, et les filles complexes.

Malheureusement , ou peut-être pas , j'appartiens à la seconde catégorie.

Je n'aime pas mes jambes. Mes cuisses sont trop pleines, trop visibles, trop présentes. Alors je les cache. Je les oublie. Ou du moins, j'essaie.

Et puis il y a mon œil droit. Celui qui porte cette tache. Une tache noire, hideuse, indélébile. Une marque que je n'ai jamais su accepter. Alors je la dissimule, comme si en la cachant, elle cessait d'exister.

Mais comment oublier ce corps, ce véhicule qui accompagne chacun de mes mouvements ?

Comment vaincre son pire ennemi lorsque cet ennemi, c'est soi-même ?

Et pourtant... cette tenue.

C'est elle qui me l'a offerte.

Ma belle-mère.

Mon père, aveuglé par l'affection malsaine qu'il lui porte, est incapable de voir la cruauté dissimulée derrière ses gestes. Il appelle cela de l'amour. Moi, j'y vois une stratégie.

— Cadeau de bienvenue, avait-elle dit, un sourire faussement chaleureux accroché aux lèvres.

C'est un poison emballée dans du papier cadeaux

Je suis certaine d'avoir été la seule à remarquer cette lueur triomphante dans son regard. Elle savait exactement ce qu'elle faisait. Elle savait que je passerais une journée exécrable dans cette tenue. Et c'était précisément son objectif.

Objectif atteint.

Quand la lentille fut en place, je clignai plusieurs fois. Parfait. Rien ne se voyait.
Je détournai le regard du miroir.
Rester trop longtemps face à soi-même est une erreur.
La tenue pendait sur le dossier de la chaise.

bruciatura rosaDes histoires addictives. Découvrez maintenant