Chapitre 7: Who are you?

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Song: Rewind/ InYourDre4mz


Lorsque je franchis le seuil de la maison, une sensation familière me comprime immédiatement la poitrine, comme si l'air lui-même refusait de circuler correctement, comme si chaque mur, chaque meuble, chaque ombre avait été témoin de trop de silences brisés pour accepter encore ma présence sans me le faire payer.

Rosalia est là.

Elle se tient dans le salon, immobile, les bras croisés contre sa poitrine, son corps parfaitement droit, trop droit, comme une statue figée dans une posture de domination assumée, et son regard, dur et glacial, s'accroche au mien avec cette intensité malsaine qui me donne toujours l'impression d'être disséquée de l'intérieur.

Elle n'élève pas la voix.
Elle n'en a pas besoin.

Son silence est déjà une menace.

— Te voilà enfin, souffle-t-elle d'un ton faussement neutre, chargé de sous-entendus que je préfère ignorer.

Je m'apprête à répondre, à formuler une excuse inutile, quand le claquement brutal de la porte d'entrée fend l'air comme un coup de tonnerre, résonnant dans toute la maison avec une violence presque salvatrice.

Mon père est rentré.

La tension quitte instantanément mes épaules, brutalement, comme si l'on avait relâché un étau invisible, et je sens mes poumons se remplir d'air pour la première fois depuis que j'ai posé le pied ici.

Rosalia le sent.

Je le vois à la crispation immédiate de ses traits, à la colère muette qui traverse son regard, à cette frustration qu'elle tente de dissimuler mais qui s'accroche à elle comme une ombre persistante.

Je lui lance un dernier regard, volontairement lent, volontairement défiant, juste assez appuyé pour lui signifier que, pour ce soir, elle a perdu.

Alors qu'elle passe près de moi, son geste est rapide, précis, presque chirurgical.

Ses doigts se referment brutalement sur mon avant-bras, pinçant ma peau avec une force calculée, suffisante pour me faire mal, insuffisante pour laisser une trace visible, comme si elle maîtrisait parfaitement l'art de la violence silencieuse.

— Fais attention à toi, murmure-t-elle, sa voix basse et sifflante glissant à mon oreille comme un poison lent.

Je ne réagis pas.

Je n'émets pas un son.

Je ne lui accorde même pas le plaisir d'un froncement de sourcils.

Je monte les escaliers sans me retourner, chaque marche résonnant sous mes pas comme une fuite organisée, mon cœur battant à un rythme désordonné, partagé entre la colère, le soulagement et cette fatigue écrasante qui ne me quitte jamais vraiment.

Une fois la porte de ma chambre refermée, je pose mes sacs au sol et m'appuie contre le battant, mes épaules se relâchant enfin tandis que mes jambes tremblent légèrement, trahissant la tension que je m'efforce de contenir depuis trop longtemps.

Je ferme les yeux.

Je respire.

Lentement.

Au centre commercial, lorsque la caissière m'a annoncé le montant, j'ai senti une vague de stress remonter brutalement le long de ma colonne vertébrale, non pas à cause de la somme affichée, mais à cause de la présence d'Ashton, de son regard attentif, trop attentif, de cette peur sourde qu'il puisse se demander d'où provenait tout cet argent.

bruciatura rosaDes histoires addictives. Découvrez maintenant