Chapitre 4: Hématomes

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Song: Paralyzed/ NF

Flashback

Chaque fois que je le fais, que je m'endors, les images reviennent. Plus nettes. Plus violentes. Comme si mon esprit refusait d'oublier ce que mon corps, lui, s'efforce d'ignorer.

FAIS-LE.

Cette voix ne crie jamais. Elle n'en a pas besoin. Elle s'impose, calme, sûre d'elle. Autoritaire d'une manière presque... paternelle.

— Arrête... murmurai-je.

Mais il est trop tard. Cela s'impose à moi, brutalement. La pièce est froide. Trop blanche. Trop propre.

L'odeur métallique me prend à la gorge avant même que je comprenne où je suis. Mes mains sont posées à plat sur une table en acier. Je sens le froid du métal à travers ma peau.

Respire, Ayleen. Sa voix est posée. Neutre.

En face de moi, il me regarde comme on observe une arme encore incomplète.

— Tu sais pourquoi tu es ici. Je hoche la tête. Je le sais, mon corps lui tremblait de peur.

Tu as du potentiel, poursuit-il. Une intelligence rare. Une capacité d'adaptation hors norme. Mais ça ne suffit pas. Il contourne la table. Ses pas résonnent dans la pièce.

Le poste que tu convoites n'est pas donné. Il se mérite. Et surtout... il se paie. Il s'arrête derrière moi.

Tu es prête à tout sacrifier ?

Mon cœur bat trop vite, à tel point qu'il manque de sortir de ma poitrine. Je pense à ma mère. À ses dettes. À son regard fatigué. À cette appartement miteux qui n'a jamais été un refuge.

— Oui, dis-je. Ma voix ne tremble pas.

— Bien.

Il claque des doigts, puis la porte s'ouvre. Ils entrent dans la pièce qui fait parti de mon enfer; trois personnes. Deux hommes. Une femme. Leur posture est militaire. Leurs regards, vides.

— Montre-moi de quoi tu es capable.

La femme s'avance la première,sans prévenir, elle m'attaque. Mon corps réagit avant mon esprit. Je me dégage, pivote, bloque son bras. Elle sourit.

— Pas mal.

Le coup suivant est plus violent. Calculé. Elle teste mes limites, mais je riposte.

Plus fort.

Trop fort.

Elle chute lourdement contre le sol, le craquement de son genou est une réponse à mes assauts.

— STOP.

Je me fige immédiatement. Le silence est assourdissant.

— Tu vois ? dit-il calmement. Tu as ça en toi.

Il s'approche, se penche vers moi.

— Mais tu hésites encore. Tu retiens tes coups. Tu réfléchis trop. A ses mots, il se redresse.

— Fais-le.

— Faire quoi ? demandé-je. Il me regarde droit dans les yeux, il est devenu mon pire cauchemar.

— Oublier ce que tu crois être. Oublier la morale. Oublier la peur.

Il désigne l'homme resté immobile au fond de la pièce.

— Lui. Mon estomac se noue.

— Ce n'est pas un test physique, Ayleen. C'est un choix. Instinctivement, je comprends.

bruciatura rosaDes histoires addictives. Découvrez maintenant