Chapitre 40: Le prix du sang

229 9 6
                                        




La maison est silencieuse, un silence lourd, presque oppressant, seulement brisé par le chant lointain des grillons et le frottement irrégulier d'un vieux ventilateur suspendu au plafond. Les murs sont peints d'un jaune passé, écaillé par endroits. Des carreaux colorés couvrent le sol, froids sous mes bottes encore tachées de poussière et de sang séché.

La maison d'Almonzo n'a rien de luxueux. Mais elle est vivante, des photos de famille encadrées de bois usé longent le mur du couloir. Une odeur persistante de café noir et d'épices flotte encore dans l'air.

Je me tiens près de la table en bois massif, les poings serrés, incapable de m'asseoir. Mon corps est là, mon esprit est encore coincé dans cet entrepôt, dans cette voix, dans ce prénom.

Ashton.

Ils sont partis. Et depuis, tout en moi est en vrac.

La porte grince derrière moi.

— Tu aurais dû rester plus longtemps la-bas, dit Almonzo en entrant. On aurait pu—

Je me retourne d'un bloc.

— Tu savais. Ma voix claque dans la pièce, tandis que je fonce sur lui enlevant rageuse ma capuche d'assassin qui dissimulait mon visage Il s'arrête net.

— Tu savais que c'était eux, répété-je, plus fort.

Il ne répond pas tout de suite. Il pose calmement son arme contre le mur, enlève sa veste d'assassin. Trop calme, trop lent.

— Réponds-moi, bordel ! Tandis que je lui envoi un coup au niveau torse, qui ne sembla lui faire aucun effet, je fini par reculer et le dévisager.

— Oui. Le mot tombe comme une gifle, je ris nerveusement, un rire sec, sans joie.

— Tu savais. Et tu m'as quand même emmenée.

— Ayleen— Je m'approche de lui, la colère débordant enfin.

— Tu savais que c'était ce gang. Tu savais que c'était eux, et tu as choisi de me le cacher.

— Je ne pouvais pas te le dire.

— Tu n'en avais pas le droit ! Ma main s'abat violemment sur la table et le bois craque sous ce geste.

— Tu sais ce que ça m'a fait de les voir ?! Tu sais ce que ça fait de croire qu'on a perdu tout le monde et de les revoir comme ça, armés, vivants... sans moi ? Ma voix tremble malgré moi. J'étais partagée entre la rage, la peur, la jalousie, la putain de joie... et l'envie de disparaître à jamais. Il baisse les yeux.

— Je voulais te protéger.

— Me protéger de quoi ? De moi-même ? Je m'éloigne, fais les cent pas dans la pièce exiguë. Depuis qu'on est sortis de là-bas, je n'arrive plus à respirer normalement. J'ai envie de retourner là-bas. De leur dire, de les prendre dans mes bras. Et en même temps... Ma gorge se serre. J'ai peur. J'ai peur qu'ils m'aient rayé de leur vie. Qu'ils comprennent qui je suis devenue. Qu'ils deviennent une cible à cause de moi. Je me tourne vers lui, les yeux brillants. Tu comprends ça, au moins ?

— Oui, murmure-t-il. C'est pour ça que je n'ai rien dit. Je m'approche encore, presque menaçante.

— Tu n'avais pas le droit de décider à ma place, le pointais-je du doigt blessée par son égoïsme

— Je savais que si je te le disais, tu refuserais la mission.

— Et alors ?!M'exclamais-je ourté

Vous avez atteint le dernier des chapitres publiés.

⏰ Dernière mise à jour : Dec 26, 2025 ⏰

Ajoute l'histoire à ta Bibliothèque et tu seras prévenu des nouveaux chapitres !

bruciatura rosaDes histoires addictives. Découvrez maintenant