Chapitre 29 : Étranges sorties

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Pourquoi ?
Je m'attendais à ce qu'elle crie au téléphone, sûrement pleurer, juste ne rien dire, ou me couper la parole. Me disant qu'elle ne voulais plus me parler.
Mais cette réaction... Je m'attendais à tout sauf à ce qu'elle raccroche subitement, sans dire le moindre mot.
Ce silence, le fait de ne pas savoir ce qu'elle pouvait ressentir me perturbai.
Une fois de plus je ne savais pas quoi faire...
Le plus adapté était sûrement de demander conseils, alors je décidai d'en parler aux garçons.
Je laissai un court message, d'abord mon instinct se penchait vers Théo en premier, réfléchis à un message, avant d'envoyer celui-ci, qui me parraissait convenable, j'en discuterai dans les détails lorsque je le verrais :

"Je voulais juste te dire que je venais de l'appeler pour tout lui dire, mais elle vient de me raccrocher au nez !
Je sais pas trop pourquoi je te demande à toi, t'as sûrement d'autres choses à penser, mais je voulais juste savoir ce que t'en pensais !
Bonne soirée !"

Comme convenu, la nuit ne tardai pas à s'installer dans cette ville, les jours allaient avoir tendance à se rallonger dans les mois qui suivent, symbolisés par l'été et les chaudes et interminables journées, contrairement à ce mois d'hiver où les températures avoisinaient le gel, plus basses, ou d'un jour à l'autre, on pouvait appercevoir un grand soleil. Mon regard se posai sur la fenêtre, je n'avais pas bouger de mon lit depuis l'appel, et les heures s'étaient déjà écoulées.
Je me levai instantanément, avec pour but de me rafraîchir les idées, si je restais encore quelques heures de plus ici, je finirai par toujours ressasser ce même appel.
Alors, je me levai afin d'aller me balader, et mes jambes me menèrent inconsciemment vers l'immeuble où elle habitait.
J'étais là, perdu dans mes pensées, devant cet immeuble gigantesque me surplombant, me sentant minuscule devant cet immense échafaudage.

Alors que mes pensées se désorientaient vers je ne sais quelle rêverie, un bruit strident retentit non loin de là, qui avait l'air de se rapprocher de plus en plus.
Après quelques secondes à essayer de me débarrasser de mes pensées pour venir identifier la cause de ce bruit, je reconnus l'alarme d'un camion de pompier, et avant même de comprendre pourquoi il arrivait si près, le camion se stationna rapidement à quelques mètres de moi, des hommes en uniforme sortirent aussi rapidement que possible du véhicule, fonçant sans hésitation à l'intérieur du bâtiment. Je ne voyais aucune fumée s'échappait des fenêtres, ce n'était donc pas la cause d'un grave incendie, pouvant se disperser dans tout l'immeuble.
Mais alors que pouvait-il bien se passer dans ce bâtiment, aurait-il un problème avec elle ?
N'ayant pas entendu sa voix à l'appel pouvait-il confirmer qu'elle ait eu un problème. Toutes mes questions se brusquaient une à une dans ma tête, mais elles furent amplifiés par l'appel d'un pompier déclarant dans son talkie-walkie :

- Il y a eu un malaise dans l'immeuble, la victime se trouvait seule dans son appartement ! On ne sait pas la cause de ce qui a pû le provoquer. Un des voisins a juste entendu la personne s'effondrer derrière la porte, après avoir frappé plusieurs fois sans avoir eu de réponses. Donc personne ne sait si il s'agit d'un simple malaise ou d'une tentative de suicide ou autre raison probable !

Le pompier n'avait pas cité le numéro de l'appartement, de quoi amplifiait un peu plus mon inquiétude.
Je ne savais pas quoi faire.
Fallait-il vraiment que je m'en fasses ?
Que je me mettes dans tous mes états alors qu'aucun nom ne figurait dans l'appel ?
L'immeuble était très habité, cela pouvait être n'importe qui ! Mais il y avait quand même dans toutes ses statistiques, une chance que ça tombait sur elle !
Et si elle avait tellement mal pris cette dispute, qui n'avait simplement aucun fondement, à cause de cet engrenage dans lequel avait lancé Camille ?
Elle ne s'en était peut être pas remise, se forçant à penser que personne ne la croyait, alors que la vérité avait éclaté, tout le monde la connaissait, sauf elle, qui se persuader sûrement qu'on la croyait encore coupable !
S'en était-elle qu'attarder sur ça, et avait décider de mettre fin à tous ses problèmes de la pire des manières ?
Je ne m'en remettrais jamais si elle avait opter pour cette solution.
Elle qui me faisait confiance, me répétant que j'étais l'une des seules personnes qui la comprenait et en qui elle portait réellement d'importance.
Cette fois-ci, au lieu de l'aider à résoudre ses problèmes, je n'avais sûrement fait que les empirer !
Alors il fallait que j'agisse ! Comment faire ?
Je pourrais tout tenter pour réellement avoir la certitude qu'elle soit en vie !

𝙴𝚟𝚎𝚛𝚢𝚝𝚑𝚒𝚗𝚐 𝚒𝚝'𝚜 /𝙸𝚖/𝙿𝚘𝚜𝚜𝚒𝚋𝚕𝚎 { 𝐽𝑜𝑦𝑐𝑎 }Où les histoires vivent. Découvrez maintenant