Je ne distinguais que les jambes de Lilith. Elle prenait soin de bien placer la capuche, de telle sorte à ce qu'elle camoufle mon visage de Fae. Elle avait maintenu l'illusion des cornes et la tenue destinée aux démons possédait des entailles pour les faire passer. Ainsi, je me promènerais inaperçue parmi les créatures de la nuit. Feren s'était glissé dans l'une des poches de la cape. Tandis que Ragheal s'était posé sur le canapé. Lilith refusait qu'il nous accompagne.
- Nous sommes parés, m'annonça-t-elle.
- Surtout, ne t'éloigne pas de nous et pas d'imprudence ! m'indiqua Sira dans un ton légèrement sec.
Je ne pus m'empêcher de lever les yeux au ciel. Heureusement, il ne pouvait remarquer mon geste d'agacement. Mieux valait ne pas le mettre en colère au risque qu'il décide de nous faire faux bon pour calmer son humeur.
Sur ces paroles, Lilith ouvrit la porte et l'odeur de la terre et du vent emplit mes sens. Ma poitrine se gonfla à l'idée de me retrouver au milieu de tous ces immortels. Nous dépassons l'entrée pour nous diriger vers le centre-ville. Au début, le sentier était peu fréquenté, mais à l'approche de la ville, le monde se faisait plus dense. Certaines personnes me bousculaient, tandis que d'autres papotaient sans bouger d'un centimètre.
J'entendis de part et d'autre, des bribes de conversation. Un premier groupe discutait de leur soirée de la vieille qui semblait être bien arrosée. Leur euphorie me fit sourire. À ma droite, deux femmes parlaient des potins concernant leur seigneur et la possibilité d'une histoire d'amour cachée.
Je ne pouvais distinguer que les pieds des immortelles qui m'entouraient. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, je pouvais en apprendre sur eux, rien qu'en observant leur chaussure.
Certains avaient des souliers usés et arrachés, signe de pauvreté. D'autres avaient de belles bottes de cuir dont les sangles d'attaches me faisaient penser à celles des aventuriers. Enfin, bon nombre de femmes portaient des pantoufles de soie, exposant ainsi leur richesse et leur féminité.
Je me délectais de toutes les informations que je pouvais accumuler.
- Nous allons traverser le marché, ne t'égare pas, car il est facile de s'y perdre. Me chuchota Sira.
Je hochais la tête pour lui faire signe que j'avais pris en compte sa remarque. L'instant d'après, je sentis sa main se poser sur mon coude, pour me guider à travers la foule. J'aurais dû parier qu'il ne me faisait pas confiance. Je le laissais donc me conduire tout en observant les étalages qui s'offraient à moi. L'air était empli de fragrances plus diverses les unes que les autres. Certains marchands hurlaient pour attirer le client, promettant ainsi une meilleure qualité et un prix défiant toute concurrence.
- Sorcière et sorcier ! Venez renflouer vos placards ! Venin de spectre, ailes de chauve-souris, poudre de mer, toutes ses merveilles sont idéales pour vos potions et vos rites ! Vous ne trouverez pas mieux ailleurs, je peux vous le garantir !
Du venin de spectre ? À l'évocation de cet ingrédient, je ne pus retenir le frisson qui me parcourait l'échine. Comment avait-il fait pour récupérer la substance.
Je tentais de lever la tête par simple curiosité, je me demandais à quoi cela pouvait bien ressembler. Lorsque j'eus la fiole dans mon champ de vision, une main appuya sur le sommet de mon crâne pour m'empêcher de monter plus haut et me rappeler à l'ordre.
- Qu'avons-nous dit ? Pas d'im-pru-den-ce !
Sira m'exaspérait et je ne pouvais lui faire de réflexion au risque d'attirer l'attention. Pour me venger, je lui donnais un léger coup de coude dans le torse. Il grogna, non pas par douleur, mais par avertissement.
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Entre deux mondes
FantasyAerin, jeune Fae dépourvue de pouvoirs magiques, vit dans un monde qui en est remplit. Sur le chemin vers la boutique où elle travaille, elle fait la rencontre d'une créature bien mystérieuse. D'où vient-elle ? Qui est-elle ? Avec son amie Laïa, e...
