Chapitre 28

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Un brouhaha incessant extirpa avec difficulté mon corps épuisé de son repos dénué de rêves.

L'immense pièce était baignée dans une lumière orangée, indiquant la fin de la journée. De part et d'autre se situaient de nombreuses colonnes supportant le poids du plafond et de grands tissus rouge sang ornaient les murs de pierre.

La salle était toute en longueur et de chaque côté se trouvait soit une unique porte, soit deux trônes imposants qui surplombait l'entièreté de la pièce.

Les deux sièges étaient taillés dans une roche noire similaire à de l'onyx. Le dossier ressemblait à des branches biscornues qui s'entremêlaient pour terminer en pique acérés

Au-dessus de moi, groupés sur de nombreux balcons, des immortels observaient avec curiosité dans ma direction. Tous discutaient librement, mais le boucan m'empêchait de distinguer leur conversation.

Mes mains étaient soudées par une lourde chaîne au sol marbré et leur longueur m'obligeait à rester assise.

Une peur profonde me poussa à tirer de toutes mes forces sur ces entraves et face à mon effort ridicule, j'entendis certains se moquer de ma faiblesse.

Le rouge me monta aux joues et dans une tentative vaine je cherchais auprès des nombreux visages Sira ou Lilith.

Un bruit sourd retentit du côté de la porte et calma l'ardeur des immortels. Tous, tournèrent la tête dans ce sens, dans un silence de mort.

Des talons claquèrent sur le sol dur et attirèrent mon attention. Une femme à la peau claire comme la neige avançait dans ma direction, la tête haute sans un regard pour le public ou pour moi.

Ces longs cheveux auburn tombaient en cascade dans son dos et une magnifique robe mettait son corps pulpeux en valeur. Le haut de sa tenue était un mélange d'une cuirasse et de tissu dans les tons or et bleu nuit, destiné à protéger son cœur de toutes attaques.

Une grande cape dont l'extrémité touchait le sol dansait derrière elle à chacun de ces pas. Deux épaulettes en or maintenaient le lourd tissu à sa robe et rendaient le tout plus théâtral.

Sur sa tête, une couronne dorée ornée de saphir siégeait fièrement entre deux cornes similaires à celle d'un bélier. Ses yeux d'un rouge rubis tranchaient avec les couleurs froides de sa tenue.

Je cru deviner à sa prestance qu'il s'agissait de Nwalcian, leur reine démon.

Elle passa à côté de moi, sans me porter une once d'attention et rejoignit les trônes de pierre.

Elle s'assit dans celui de droite, dans un silence des plus total. Nul n'osait parler et lorsqu'elle prit le temps de balayer la pièce du regard, elle entama d'une voix puissante.

- Mes chers sujets, que de réjouissance en ce jour de fête. Buvez, trinquez, discutez en attendant la venue de mon cher et tendre frère. Je vous promets des festivités dignes de ce nom et une surprise de taille à son arrivée.

Elle claqua dans ses mains et les conversations reprirent de bons trains.

Je ne comprenais pas ce que je faisais ici et ce que signifiait tout ce charabia. Pourquoi Azaelias m'avait-il libéré de ma prison pour me mener jusqu'à la salle du trône ?


Les minutes défilaient et chaque immortel se gavait de victuailles et de vin. Certains dont les joues avaient rosi indiquaient que l'alcool faisait effet.

J'observais la scène impuissante, tentant d'attirer l'attention de l'un d'eux, mais en réponse à l'ordre de la reine, tous fêtaient avec insouciance cette cérémonie.

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