Sira avait enfilé sa tenue officielle de garde royal. Il était tout de noir vêtu avec certaines pièces plus épaisses pour protéger ses points vitaux. À sa ceinture se trouvait une épée dont le fourreau était rouge sang. Il arborait un air sérieux et n'avait pas dit un seul mot depuis notre départ.
Lilith quant à elle, avait opté pour des habits plus légers et plus discrets qui lui permettaient de se mouvoir facilement. Elle s'était armée de dagues situées à sa taille et à sa cuisse.
Tous deux ouvraient le passage et m'offraient la possibilité de me mettre en retrait pour ne pas attirer l'attention.
Lorsque Sira avait recouvert ma peau de son illusion, une sensation de picotements avait embrassé l'intégralité de mon épiderme et ne m'avait pas quitté depuis lors. J'observais mes mains d'un rouge rubis. Le sort était bluffant et suivait chacun de mes gestes, mais je restreignais mes mouvements, car, peut-être, cela rendrait la tâche plus simple à Sira. À vrai dire, je n'en savais rien, mais je voyais des gouttes de sueur perler sur ses tempes. Seul signe qu'il effectuait un effort continu.
- Nous y sommes presque. Nous annonça Sira d'un ton sérieux.
En face de nous se dressait le château de leurs souverains. De loin, je l'avais trouvé menaçant, mais je me rendais compte que ces mots ne traduisaient pas la réalité de ce lieu. Il était terrifiant, gigantesque et hostile. La brique d'un noir si sombre, aspirait le peu de lumière qui s'y reflétait. La porte d'entrée était démesurée et donnait l'impression de peser une tonne. Quant aux gargouilles de pierre, elles étaient monstrueuses et semblaient nous hurler de faire demi-tour.
Heureusement, Sira nous guida sur un passage adjacent, nous interrompant dans l'admiration de ce spectacle sinistre.
De nombreux domestiques s'affairaient à leur tâche respective. Aucun ne remarquait notre présence, c'est donc d'une démarche naturelle que nous nous dirigions à travers de multiples couloirs.
L'ultime porte qui regroupait le savoir qui me manquait se situait enfin en face de moi. À notre approche, elle s'ouvrit comme par magie pour nous accueillir.
L'immensité et la beauté du lieu me frappèrent instantanément. Des milliers de livres étaient disposés jusqu'à la limite du haut plafond. Il y avait de nombreuses rangées de chaque côté, mais ce qui m'émerveilla le plus, ce fut la peinture qui recouvrait le mur du fond.
Deux êtres divins se faisaient face. Amaeter, notre déesse nymphe vêtue d'or et de rouge se trouvait en bas à gauche. Un cri silencieux déformait son visage et de ses mains, naissaient des plantes, telles des ronces qui se dirigeaient avec force vers l'autre entité.
En haut à droite, Tamerian, le démon guerrier. Tel un esprit puissant, il brandissait son épée en direction de notre déesse. Prêt à la tuer de sa lame d'acier. Il était déterminé tandis qu' elle semblait être à bout de force.
Ce tableau, majestueux et poignant, m'hypnotisait.
Tout immortel, quel qu'il soit, se doit de connaître cette partie de notre histoire et bien entendu, je ne dérogeais pas à la règle. Néanmoins, voir les vestiges d'une peinture contant cette époque rend le tout plus réaliste. Je remerciais les dieux de ne pas être nés durant ce fléau, car même au travers de ces traits de pinceau, je ressentais toute la puissance et la souffrance qui se dégageaient d'eux.
Que s'était-il passé pour qu'ils arrivent à s'affronter de la sorte ? Faisant écho à mes pensées, Lilith s'immobilisa et posa les yeux sur ce chef-d'œuvre.
- Qu'est-ce qui a pu les pousser à se battre ? demanda-t-elle.
Je n'en avais aucune idée et je ne sus quoi lui répondre.
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Entre deux mondes
Kỳ ảoAerin, jeune Fae dépourvue de pouvoirs magiques, vit dans un monde qui en est remplit. Sur le chemin vers la boutique où elle travaille, elle fait la rencontre d'une créature bien mystérieuse. D'où vient-elle ? Qui est-elle ? Avec son amie Laïa, e...
