Aerin, jeune Fae dépourvue de pouvoirs magiques, vit dans un monde qui en est remplit.
Sur le chemin vers la boutique où elle travaille, elle fait la rencontre d'une créature bien mystérieuse. D'où vient-elle ? Qui est-elle ?
Avec son amie Laïa, e...
Le temps défilait bien trop lentement et seule la compagnie des rats venait briser le silence pesant de cette cellule.
L'humidité qui imprégnait les lieux avait fini par imbiber le tissu de mes vêtements, et cette sensation qui me collait constamment à la peau me déclenchait de nombreux frissons, m'empêchant de sombrer dans un sommeil profond à la nuit tombée.
J'étais beaucoup moins à l'affût que lors des premiers jours tellement la fatigue était grande.
Chaque fois que je fermais les paupières, je me demandais si j'allais les rouvrir ou si les barreaux allaient être ma dernière vision.
De plus, je ne pouvais compter sur les maigres repas dont j'avais le droit. Souvent, un pain rassis et un bol d'eau m'étaient apportés lorsque je dormais.
Je m'épuisais lentement, telle une braise qui avait été consumée par un feu ardent, mais qui peinait à rester allumée.
Je pensais que le roi serait repassé pour me poser d'autres questions et même si au début je craignais son retour, désormais je priais pour que n'importe qui vienne me rendre visite. Ainsi, je pourrais le supplier de me libérer. J'étais prête à tout, même à me soumettre pour sortir de cet enfer.
Je n'étais pas une guerrière et soudain ma vie sans magie me manqua. Pourquoi fallait-il que j'aille jusque-là ?
J'observais les derniers rayons du soleil qui traversaient l'étroite fenêtre d'un regard absent. Lorsque ma cellule fut plongée dans l'obscurité, les larmes coulèrent silencieusement le long de mes joues. J'étais à bout et désormais, je priais notre déesse pour qu'elle envoie la mort me chercher.
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La mort n'avait pas daigné me rendre visite et je ne savais par quel miracle mon corps s'accrochait et tenait. Jour après jour, je pensais que c'était le dernier, mais je finissais toujours par me réveiller sur cet espace clos.
Depuis peu, je soupçonnais la fièvre d'avoir profité de mon état de faiblesse pour prendre possession de mon corps. La transpiration s'était mêlée avec joie à l'humidité rendant le tout plus pénible.
Lourdement, ma tête reposait sur le mur froid pour faire descendre la température, mais je craignais que ce soit là, la pire des idées que j'ai eue. La fraicheur de la pierre se mariait parfaitement avec la moiteur qui imbibait ma tenue et les frissons s'étaient transformés en tremblements incessants.
La faim m'avait abandonné et les assiettes qu'on m'apportait restaient continuellement pleines. Régalant les rats pendant mon sommeil.
La fièvre n'était pas partie et elle provoqua même des hallucinations les jours suivants.
Mes parents étaient venus me rendre visite et ma mère m'avait chanté une berceuse. Je savais que ce n'était pas la réalité, mais ça m'avait donné de l'espoir et mon cœur éteint de fatigue avait fini par entrevoir une faible lueur qui s'accrochait.
Mais je sentais que c'était bientôt la fin, car désormais, mes poumons me brûlaient à chaque inspiration.
J'étais tombée malade.
Des pas brisèrent le silence des lieux. Pour la première fois depuis que j'étais ici, quelqu'un venait lorsque j'étais éveillée.
La silhouette masculine qui se formait dans la lueur des torches était démoniaque et je crus reconnaître la peau vermeille de Sira.
Avec peine j'approchais au maximum pour le rejoindre, ce héros qui était venu me libérer.
- Sira, dis-je, épuisée. Tu es venu ?
Il ne répondit rien et lentement je pus distinguer les traits de son visage.
Horrifiée, je comprenais que les reflets du feu avaient trahi ma vision et que la peau du démon n'était pas rouge, mais caramel.
Je n'avais plus la force de regagner le fond de ma cellule et je sentis mes tripes se retourner quand ses yeux dorés me fixèrent à quelques centimètres de moi.
- Sira, dis-tu ?
Je ne savais que dire et je craignais d'avoir mis mon ami dans une posture délicate. Une fois de plus j'avais été stupide.
Le monarque posa sur moi un regard rempli de pitié. Je n'osais pas imaginer la tête que je devais avoir.
- Aerin, ma chère et tendre Aerin.
Il passa une main gantée au travers des barreaux et vint en contact avec ma joue. Ce simple échange était pour moi une bénédiction après ces jours entiers seule et silencieux.
Je fermais les yeux incapables de retenir le soulagement qui m'inondait.
Le monarque remua son pouce et je sentis les larmes monter face à ce geste tendre.
Je savais que lui n'éprouvait que du plaisir à voir l'être insignifiant que j'étais actuellement, mais je m'en fichais.
- Aerin, reprit-il d'une voix sincère, pourquoi refuses-tu de manger ?
Je rouvris les yeux sans trouver la force de lui répondre.
Ses ombres allèrent à la rencontre de mon assiette et l'apportèrent au seigneur.
Il empoigna le pain et l'amena à ma bouche, m'ordonnant silencieusement de me nourrir.
J'observais le morceau dont la farine avait taché le tissu noir de ses gants, mais mes lèvres restèrent closes, car je savais que si j'avalais quoique ce soit, mon supplice ne ferait que se prolonger. Or, je voulais y mettre un terme. Plus que tout, je voulais me libérer de cette vie et trouver la paix dans la mort.
Je retirais ma joue du creux de sa main et rebroussais chemin avec difficulté en direction de mon matelas.
Je m'effondrais à sa rencontre et dans un cliquetis, j'entendis le verrou de la cellule s'activer. Le grincement de la porte était un vrai supplice dans le calme morne de la pièce.
Les pas du monarque résonnaient dans mon dos et vinrent à ma hauteur. Sans un bruit, il resta immobile quelques instants, sûrement pour me dévisager.
Je n'avais pas la force de protester et je le laissais donc faire ce que bon lui semblait.
Un son sec retentit, certainement le bout de pain qu'il avait lâché.
Il me libéra de mes chaînes puis deux bras puissants passèrent sous mon corps épuisé et me soulevèrent avec facilité.
Je me retrouvais dans les bras d'Azaelias, mais ce dernier ne me regardait absolument pas. Il quitta les lieux d'un pas lent, sans une once d'émotion sur son visage.
Que faisait-il ?
La chaleur de son torse soulagea mes os glacés et telle une rédemption, je finis par sombrer dans un sommeil lourd, heureuse de pouvoir enfin me reposer sans trembler.