Alors qu'il nettoyait la pièce métallique grâce à un chiffon humidifié, je profitai de son rare silence pour prendre la parole.
- Dites-moi. Vous me posez sans cesse des questions sur moi, ce à quoi j'ai toujours répondu pour le moment, mais moi, je ne sais pratiquement rien de vous.
- Que voudriez-vous savoir ? Me demanda-t-il assez surprit.
- Je ne sais pas... Vous vivez seul ?
- Oui. Pourquoi cette question ? Vous êtes intéressée ? Me demanda-t-il avec un regard en coin plein de sous-entendu.
Je rigolai avant de poursuivre sans prendre la peine de répondre.
- Alors qui est la jeune fille sur la photo dans le salon ?
- Je vous trouve bien curieuse tout d'un coup. Me répondit-il avec un petit sourire.
Je rougis en réalisant l'impertinence de ma question ce qui fit rire Zack. Il se reprit après un moment.
- Plus sérieusement, c'est ma petite sœur.
Il me semblait détecter une once de tristesse dans sa voix.
- Vous n'en avez pas l'air très heureux. Dis-je en attente d'une explication.
- Je n'ai jamais vraiment était très en accord avec ma famille. En réalité, ma sœur et la seule personne à laquelle je suis attaché. Mais, mes parents lui ont raconté des histoires à mon sujet et, maintenant, elle refuse de m'adresser la parole.
Ses grands yeux verts remplis de tristesse me firent de la peine.
- Je suis désolé... Je l'ignorer.
- Ce n'est pas grave... Ce n'est pas de votre faute après tout ! Dit-il en reprenant son air heureux, presque enfantin. Bon...A vous l'honneur !
Je saisis l'engrenage qu'il me tendait et le plaça avec le reste avant de reculer, afin de voir la construction dans son ensemble, comme pour admirer notre chef d'œuvre. Je me retournai ensuite vers Zack et pris la parole.
- Et c'est tout ?
Il éclata de rire.
- Non ! Bien sûr que non ! Il me reste encore plein de câblage et...
Je n'ai jamais compris le reste de cette phrase. Pour moi, ce n'était que des mots scientifiques lancés au hasard. Zack dûremarquer mon incompréhension puisqu'il s'arrêta en beau milieu de sa phrase.
- Vous n'avez pas compris...
- Pas un traitre mot. Lui confirmais-je.
- C'est pourtant simple !
Et il se relança dans des explications sans queue ni tête. Je le regardai avec de grands yeux ronds et il s'arrêta de nouveau.
- Avec tout ça, vous devriez savoir ce que c'est. Dit-il en pointant la construction de doigt.
- Je n'ai pas l'esprit scientifique comme vous ! Je n'ai absolument rien compris ! Si vous me disiez ce que c'est une fois pour toute.
- Si je vous le dis, ce n'est plus du jeu ! Dit-il avec un sourire.
- Arrêter de vous comporter comme un enfant !
- Je ne peux pas, je SUIS un enfant !
Lorsqu'il a remarqué que j'étais loin de rigoler, il se reprit.
- D'accord. C'est une sorte de machine à voyager dans le temps.
Je pouffai de rire.
- Mais c'est ridicule voyons ! Les voyages dans le temps sont impossibles !
- Ah oui ?! Commença Zack qui semblait légèrement vexer. Et les fantômes ou les jeunes femmes éternelles ce n'est pas impossible ça !
Un sourire apparut sur mon visage. Non seulement, il n'avait pas tort, mais en plus de ça, il venait de donner la preuve qu'il était un véritable gentleman. Il m'avait appelé « jeune femme » et avait pris soin de ne pas citer mon âge. Mes joues rosirent.
- Vous avez raison. Le rationnel est bien loin.
- Pourquoi rougissez-vous ? Je ne crois pas avoir dit ou fait quelque chose de spécial...
- Non, vous êtes simplement...
Je fis une pause, cherchant un mot pour le décrire. Je n'en trouvai qu'un seul et unique.
- Vous.
- Je suis spécial ?! Me demanda-t-il en souriant.
Je ne répondis pas, ne connaissant pas moi-même la réponse, mais il poursuivit.
- Je dois l'être si vous m'avez avouai votre secret et que, si j'en crois ce que vous m'avez dit, je suis votre seul ami...
Il fit une courte pause et reprit légèrement inquiet.
- Vous me considériez comme votre ami n'est-ce pas ?
- Bien sûr ! Le rassurai-je.
Il sembla soudain plus détendu.
- D'ailleurs, pourquoi suis-je le seul ? Me demanda-t-il intrigué.
- Oh, j'ai eu des amis, mais disons qu'ils n'étaient que de passage. Aucun d'entre eux ne savait qui j'étais réellement.
- Ils n'étaient que « de passage » ? Questionna-t-il de nouveau.
- Oui, tout comme vous. Répondais-je pensant être explicite.
- Pardon !? S'exclama Zack vexer.
Il me fallut un temps de réflexion pour comprendre que ma phrase pouvait prêter à confusion.
- Non ! Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire ! Je voulais simplement souligner le fait que vous n'alliez pas rester éternellement à mes côtés.
- Pourquoi ça ?
- Eh bien, vous allez progresser, vieillir, vous marier, avoir des enfants et vous finirez par...
Les yeux fermés, je n'eus pas la force de finir cette phrase. Très vite, je sentis que Zack s'approcher de moi. Lorsque je rouvris les yeux, il m'avait prise dans ses bras.
- Je vous promets de rester avec vous pour l'éternité... Je ne sais pas encore comment je vais faire, mais je trouverais. Je trouve toujours. Me glissa-t-il à l'oreille.
Ces quelques mots me rendirent le sourire, bien que je susse que cette promesse ne pourrait être tenue.
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Figée dans le temps
RomanceRésumé : « Je m'appelle Elise et j'ai 21 ans. » Ça, c'est ce que je fais croire à tout le monde. La vérité est bien plus différente et les gens, surtout de cette époque, ne l'accepteraient pas. En réalité, mon nom complet est Elisabeth et j'ai 423 a...
