Chapitre 2 (second jet)

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Gabriel


Elle était là, devant sa tombe, comme au mois de juin, et l'année d'avant, à cette même date, immuable et solennelle. Jade... une jeune fille dont mon père n'a pas pu préserver la vie. À seulement treize ans, elle avait tout un avenir devant elle. L'hôpital était un endroit que je connaissais trop bien, ayant moi-même été coincé à l'intérieur pendant un certain temps, bien que, contrairement à Jade, j'en sois sorti. Mon père était le célèbre médecin Alvaro Foster, tandis que je n'étais que son fils, Gabriel Foster. J'étais le survivant d'un accident de voiture similaire à celui de Jade, qui m'avait conduit à un long séjour hospitalier où j'avais frôlé la perte de mes deux jambes. Cependant, Jade n'avait pas eu cette chance...

***

Cette fille devait sans doute être sa meilleure amie... Sa beauté était éblouissante, mais c'était sa fragilité qui me captivait le plus. Elle était si belle mais semblait tellement fragile. J'aimerais tant avoir le courage d'aller lui parler, mais j'avais peur, peur qu'elle me rejette en sachant qui est mon père, et ce qu'il n'avait pas pu faire pour son amie. Celui qui avait laissé sa patiente mourir plutôt que d'essayer de la sauver. Les médecins avaient convaincu tout le monde en disant qu'ils avaient tout essayé mais c'est faux, je le savais. Ils avaient dit la même chose pour ma mère...

***

Après avoir replongé dans les souvenirs de cette année-là, je retournai chez moi, cherchant refuge dans le confort de mon foyer. Une fois confortablement installé, j'allumai mon ordinateur, la lueur familière de l'écran illuminant la pièce. Pour moi, écrire était bien plus qu'une simple activité ; c'était un exutoire, une échappatoire à mes tourments. C'était à travers les mots que je libérais les cauchemars qui hantaient mes nuits, ou que je tissais les fils de récits imaginaires qui m'éloignaient de cette réalité morne et monotone. Au clavier, je m'abandonnai à une profusion de pensées, capturant des fragments de vie, des rêves brisés et des désirs inassouvis. Parmi les lignes que je traçai, une histoire prit forme, une nouvelle où je me projetais en protagoniste. Dans ce récit fantasmagorique, une fille rayonnante partageait ma vie, nous créant des instants de bonheur infinis. Et même ma mère y trouvait sa place, son harmonie avec ma copine reflétant le rêve d'une famille unie et aimante.

Aujourd'hui, j'avais fait mon deuil à propos de ma mère. C'était un parcours sinueux, un voyage émotionnel qui se déroulait souvent dans le silence de mon esprit, où chaque souvenir était comme un éclat de lumière dans l'obscurité de l'absence. La douleur persistait, parfois brûlante comme un feu ravageur, parfois froide et lancinante comme une brise glaciale.

Il y avait des moments où j'essayais désespérément de retenir chaque détail, chaque nuance de son être, comme si cela pouvait la ramener à moi, ne serait-ce qu'un instant. Mais la réalité implacable se rappelait à moi, me rappelant que même les souvenirs les plus précieux s'estompaient avec le temps. Oublier son parfum, ses expressions, la courbe de son sourire... C'était comme perdre un morceau de soi-même, un fragment de mon identité qui était inséparable de son existence.

Mon père, quant à lui, portait le fardeau de sa propre peine en silence. Ses yeux trahissaient parfois une profonde tristesse, une douleur qui transcendait les mots. Elle était sa compagne de vie, son écho dans le monde, et maintenant son absence résonnait comme un silence assourdissant. Je voyais son reflet dans mon propre visage, dans les lignes qui se dessinaient avec chaque sourire esquissé, chaque regard échangé. C'était comme si une partie d'elle vivait à travers moi, une connexion indélébile qui nous reliait malgré l'éloignement physique.

Je m'interrogeais souvent sur le poids de cette charge émotionnelle qu'il portait, sur la solitude qui habitait ses jours et ses nuits. Trouver sa moitié, comme il l'avait fait avec ma mère, semblait être un rêve lointain et inaccessible. Pourtant, je gardais espoir, car je voyais en lui la preuve vivante que l'amour véritable existait, qu'il pouvait transcender même les frontières de la mort. Et dans mon cœur, je nourrissais le désir ardent de trouver un jour une connexion aussi profonde et significative, une âme sœur qui illuminerait ma vie de la même manière que ma mère avait illuminé celle de mon père.

En attendant ce jour où je serais heureux avec une fille formidable à mes côtés, je me remis à écrire mes rêves. J'espérais secrètement que tout ce que j'écrivais serait lu de tous un jour et que ma plume serait récompensée par les efforts que je fournissais depuis bientôt trois ans.

***

Dans l'après-midi, je reçus un message d'Aaron, mon meilleur ami, qui me proposait de se faire un basket. Je lâchai alors mon ordinateur et m'empressai de lui répondre que j'arrivais dans une dizaine de minutes.

Le sport était ma seconde raison de vivre avec l'écriture. En particulier le basket qui m'avait valu de nombreuses qualifications en régional.

Je me ruais donc vers la salle de bain et me changeais en vitesse en tenue de basket.

Je courus en direction du stade qui ne se trouvait non loin de chez moi. Aaron était déjà au tir. Je le rejoignis et je pris sa balle sans prévenir et shootais.

Marqué !

Il rattrapait la balle et nous nous mirent à shooter à tour de rôle. À un moment, des adolescents, qui devaient avoir à peu près notre âge, nous proposèrent un match. Nous acceptâmes et nous fîmes les équipes.

Le match débutait.

Aaron et moi étions ensemble avec une autre personne. À l'entre-deux, Aaron réussit à pousser la balle vers ma direction. Je fis de mon mieux et réceptionnais la balle. Je commençais alors ma course déchainée accompagnée de dribble vers le panier.

Ayant pris de l'avance, j'étais arrivé seul au panier. Je lançais le ballon, déterminé au fait qu'il rentre dans le panier.

Trois points !

Le match se poursuivait, les scores étaient serrés mais nous finîmes tout de même par gagner.

Je rentrais ensuite chez moi, remerciant Aaron pour ce match. Il me répondit qu'il allait venir avec moi pour parler sur le chemin du retour, ce que je ne refusais pas.

Il me parlait d'Éden et lui, leur couple fonctionnait après beaucoup d'années d'amitié. J'étais vraiment heureux pour eux, j'étais même envieux de leur relation. J'espérais de tout coeur que je trouverais ma moitié comme eux se sont trouvés.

Par la suite, je lui parlais de cette fille que j'avais observé de loin au cimetière. Il me traitait d'abord de psychopathe pour rire puis, plus sérieusement il me poussait à y retourner pour se parler.

Il croyait au fait que cette rencontre pourrait devenir la plus importante de ma vie. Je me forçais à le croire. Pourquoi pas après tout ?

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Holà !
N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre !
Kiss 🫶🏼

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Together ForeverOù les histoires vivent. Découvrez maintenant